mercredi 09 mai 2007
Surprise, surprise ! Est-ce vrai que l’opposition guinéenne a capitulé face au premier ministre Lansana Kouyaté sur la question de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) au profit de la fameuse CENA (Commission électorale nationale autonome) de Moussa Solano avec l’importante prérogative accordée au ministère de L’intérieur qui aura, en fait, en charge de l’organisation des élections.
Quand on sait qu’en Guinée le dit ministère excelle dans la fraude électorale, il n’y a qu’un seul pas pour donner, encore, le blanc seing à Lansana Conté et ses hommes qui sont toujours opérationnels dans le système. Il ne faut pas se tromper, la bête immonde est toujours bien vivante et toujours aussi nuisible.
Depuis des lustres, l’opposition guinéenne à l’instar des autres pays africains réclame, à cor et cri, la mise en place d’une CENI afin d’obtenir des élections libres, justes et équitables dans une Guinée où la fraude électorale est devenue un sport national du pouvoir en place depuis la première élection de 1993. Allez-y comprendre cette capitulation de l’opposition guinéenne sur une question essentielle en matière d’indépendance électorale.
Que s’est-il donc passé pour que nos pauvres leaders de partis politiques acceptent une telle chose ? Que signifie cette capitulation honteuse ? Qu’en pensent les démocrates et patriotes guinéens et africains de par le monde ? Est-il donc vrai que notre opposition est minable et la plus bête d’Afrique ?
Pourtant, elle a consenti beaucoup de sacrifices au cours de ces 20 dernières années de lutte contre un régime de dictature militaire. Est-elle prête à vouer aux gémonies et en perte et profit toutes ces années d’actes arbitraires faits d’arrestations, de blessures graves, d’assassinats crapuleux de citoyens ?
Il est difficile de croire une telle reculade à un moment où tout le peuple de Guinée a montré à la avec du monde sa capacité de lutte et de résistance à la dictature de Lansana Conté et son équipe de prédateurs.
De grâce, qu’on ne vienne pas nous dire que la situation actuelle est très complexe et que c’est le terrain qui commande. A notre humble avis, aucune raison ne peut justifier cette capitulation immonde au moment le plus opportun de ces 20 dernières années. Cette acceptation est inconcevable et inadmissible par les citoyens patriotes ainsi que par les partenaires au développement comme l’Union européenne qui a toujours milité pour une véritable CENI.
Comme dit l’autre : « le pays est-il maudit » avec de tels dirigeants qui acceptent la perpétuation des souffrances populaires ?
Nous voulons comprendre cette démarche impopulaire et anti-nationale des partis de l’opposition alors qu’ils ont toujours milité en faveur de la CENI. A notre avis, c’est un acte de trahison de la lutte patriotique du peuple de Guinée. C’est à croire qu’ils veulent la pérennité du régime conté contre lequel des centaines de citoyens, aux mains nues, sont tombés sous les balles meurtrières de la racaille armée de Conté.
Qu’ils sachent bien que nous n’accepterons pas cette capitulation et que nous interpellons tous nos compatriotes de par le monde et nos amis démocrates africains à dénoncer cette forfaiture des partis politiques et demander au Premier ministre de se conformer aux revendications légitimes du peuple travailleur guinéen en favorisant la mise en place concrète d’une CENI dans la forme et le fond.
Enfin, j’ose espérer que les patriotes guinéens rassemblés au sein de la Société civile, des syndicats et autres partis politiques conséquents vont engager le combat pour amener le Premier ministre à mettre en place dans les meilleurs délais possibles, la CENI que tout le peuple souhaite vivement afin d’obtenir des élections libres, transparentes et équitable dans la nouvelle Guinée qui s’annonce.
Vive la CENI et exigeons sa mise en place rapide !
Mohamed Bangoura « Tatéma »
Depuis Conakry
Pour www.nlsguinee.com