mercredi 09 mai 2007
Prévues pour juin 2007 soit un peu moins de deux mois, les élections législatives ont été finalement reportées pour décembre de la même année. La décision a été prise à l’issue de la toute première rencontre entre le premier ministre guinéen Lansana Kouyaté et les leaders des principaux partis politiques de l’opposition.
De façon unanime et consensuelle, tous les acteurs politiques ont souligné du fait qu’il est impossible d’organiser en l’espace de moins de deux mois des élections crédibles et transparentes. Les raisons invoquées sont relatives à la crise sociale qui a perturbées le calendrier du processus électoral, notamment le recensement des électeurs et le financement des opérations de vote.
D’entrée de jeu, le premier ministre Lansana Kouyaté a tout d’abord salué le climat qui prévaut au cour de la rencontre avant d’assurer tout le monde de son engagement d’organiser des élections libres, transparentes et crédibles.
Le premier ministre a profité de la même occasion pour informer de façon officielle les leaders la détermination de l’Union Européenne à apporter un appui financier de 7 millions d’euros pour les opérations entières.
Lansana Kouyaté dira ensuite : « Notre vie politique ne peut être animée que par les partis. Quelque soit ce qui s’est passé, je sais qu’hier, aujourd’hui et demain vous êtes au cœur de cette animation… »
Parlant du choix de la date des élections législatives de décembre 2007 le premier ministre a laissé entendre qu’il ne souhaite pas imposer un délai.
Pour lui il fait plutôt une proposition qu’il soumet à tous y compris les leaders des partis politiques de l’opposition :
« Pour ce qui concerne la date, là déçu, moi je n’ai pas vraiment de position particulière. Je veux simplement que le délai qu’on fixe soit maintenu, qu’on la tienne. Parce qu’il y va de la crédibilité du processus même. Reporter deux fois, ça c’est une exception parce que les élections sont censées se tenir à la date précise. Mais si on reporte une fois, soyons sûre que tout sera fait pour que cette date soit respectée. Bon voilà nous en sommes là. Si vous êtes d’accord sur la statistique que j’ai présentée on maintient décembre. » (applaudissement assourdissant et cries de joie dans la salle NDLR).
De leur coté les leaders des partis politiques après avoir accepté cette date, ont tout de même posé certains préalables pour la bonne réussite des élections de décembre 2007. Il s’agit par exemple, d’une bonne organisation des opérations de recensement des électeurs, une bonne distribution des cartes électorales et la mise en place d’un organe de gestion du scrutin. Bref il s’agit d’avoir un fichier électoral fiable et la confection des cartes d’électeurs numérisées.
En fin une commission de réflexion des accords antérieurs sur les élections passées a été mise en place par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité.
A la sortie de la rencontre avec les membres du nouveaux gouvernement avec à la tête le premier ministre guinéen, Lansana Kouyaté, quelques leaders d’opposition ont exprimé leurs sentiments par rapport à la reprise du dialogue politique tant attendu entre gouvernement et opposition.
M. Sidya Touré président de l’Union des Forces Républicaines UFR :
« Je crois que cet échange était nécessaire. Et ça eu utilité de permettre aux partis politiques d’exprimer leurs préoccupations ; au premier ministre de nous expliquer aussi les difficultés. Nous nous sommes entendus sur le fait qu’on va mettre en place un chronogramme et j’espère que pour le mois de décembre le plus tard, nous devrions arriver à tenir les élections législatives acceptables par tous. C’est cela la trame essentielle de cette discussion. Ce que nous retenons de tout cela c’est que c’est une bonne avancée et nous espérons que l’Assemblée Nationale sera à la hauteur des propositions qui lui seront faites. »
M Jean Marie Doré, secrétaire général de l’Union pour le Progrès de Guinée UPG :
« Bien, c’est une bonne occasion pour les partis politiques d’exprimer leurs préoccupations par rapport à la marche actuelle et à l’avenir de notre pays. Le sentiment de mon parti c’est que ces textes qui expriment la volonté des partis et de l’administration doivent êtres adoptés par l’Assemblée Nationale afin que dans l’esprit nouveau du pays on puisse les appliquer et organiser des élections acceptables par tout le monde. »
M. Sékou Konaté Secrétaire Général du PUP :
« C’est très positif la rencontre, du fait que le premier ministre ait appelé les partis politiques, qu’on puisse échanger des points de vus sur les sujets d’actualités le processus électoral… »
Face à face Kouyaté et l'opposition guinéenne, il y a de quoi grincer les dents, quand on sait que les veuilles habitudes sont difficiles à délaisser. C'est du moins l'avis d'une partie de la population qui observe et suit de près le déroulement de ses scénarios politiques.
« Reprise du dialogue, OK, mais tout porte à croire que c'est la fin qu'il faut considérer avant tout. » ironisait un cadre déflaté et sans emploi depuis plus de15 ans.
Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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Tél. (+224)- 64- 30- 74- 06