mercredi 09 mai 2007
Existe t-il vraiment au sein de l’armée guinéenne des militaires patriotes dignes de nom ?
Mieux vaut tard que jamais. La Guinée traverse une période critique et dangereuse qui interpelle des actions de sauvetage pour le pays. Le pays offre aujourd’hui, l’image de l’ex-Zaïre, actuelle République Démocratique de Congo, aux dernières heures de la dictature du Maréchal Mobutu Sese Seko. Le pays est un pays en voie de déconfiture et si rien n’est fait, la Guinée va tout droit vers la désintégration, pour être vendue en pièces détachées par des seigneurs de la violence.
Quel autre symptôme faut-il, pour que les quelques soldats patriotes s’il en existe, se lèvent et viennent au chevet du pays pour un sauvetage héroïque ?
Faut-il une catastrophe humanitaire pour que l’armée joue le rôle de médecin après la mort du patient comme elle l’a toujours joué ?
L’armée Guinéenne a toujours agit à contre courant de la volonté du peuple et de l’histoire. Artisan de la misère, de la pauvreté et des tous les maux qui gangrènent le pays, l’armée Guinéenne doit être part de la solution qu’elle le veille ou non. Son irresponsabilité et sa démission demeurent la cause principale de la situation apocalyptique de Guinée après 49 années d’indépendance.
Aujourd’hui, les pères et mères de familles pleurent, parce qu'ils (elles) ne trouvaient pas à manger pour leurs enfants. Des personnes jadis réputées dignes, perdent leur dignité parce qu'ils ne supportent plus la misère et cet état de ne pas avoir et de ne pas pouvoir. Les femmes se tournent vers la prostitution car c'était le seul moyen pour elles de trouver le minimum, pour paraître socialement normales.
Les jeunes (la jeunesse) ne pensent plus un seul moment au lendemain, car leur situation présente est si triste et sombre, qu'ils souhaitaient juste en finir avec cette existence. Les jeunes n’ont plus de rêves excepte l’aventure car, le gouvernement leurs a privé cet droit de rêver. S’il existe un autre rêve au niveau des jeunes, c’est le rêve d’être de « grand bandits », car c'était désormais la voie la plus « honorable » à leurs yeux.
Aujourd’hui, à cause actions dévastatrices volontairement imposées pour clochardiser la jeunesse, cette jeunesse est devenue fortement déprimée, dépravée, désorientée, déboussolée et déracinée de sa culture morale et spirituelle. Cette jeunesse est la première victime de la misère qui frappe le pays. Et cette pauvreté a, à son tour, détruit les talents, brisé les génies, étouffé les ambitions, anéanti des vies très précieuses.
À cause de la misère et la culture de l’immoralité, la société guinéenne a légitimé et banalisé le vol et viol, institutionnalisé la bêtise. En 23 années de régime sanguinaire et despotique, soutenu par une armée qui a perdu tout sens d’orientation, l’avenir des enfants du pays est devenu le dernier souci du régime. C’est comme si les enfants, les jeunes n’existent pas et s’ils ne méritaient pas d'hériter d'un monde meilleur.
Devant ce désespoir, les jeunes se lance très précocement dans l’alcoolisme, le tabagisme et la drogue à la recherche d’un plaisir illusoire consolateur qui les pousserait à oublier de façon temporaire leur dure réalité de la misère dans laquelle elle patoche sans la lumière au bout du tunnel.
La réalité en Guinée dépasse tout commentaire. Les bébés grandissent dans la poussière et la boue, dans des environnements insalubres car il n’existe aucune alternative. La mortalité infantile et maternelle demeure la plus élevée du continent.
La valeur de la sainteté de la vie humaine a atteint le niveau le plus bas de l’histoire du pays. Des parents préfèrent parfois tuer leurs progénitures au lieu de les élever dans un environnement hostile et dépressif qui n’offre aucune perspective d’avenir. Du jamais vu en Guinée avant l’arrivée de Lansana Conté au pouvoir en 1984.
Des parents de façon consciente ou inconsciente commettent l’irréparable au sein de leurs foyers, enseignant la haine et la froideur à leur descendance, poussant leurs enfants dans un hermétisme psychologique et spirituel obscurcissant et destructeur. Les élèves et étudiants se livrent à la prostitution pour survivre, et faire ombrage aux prostitués professionnels.
Au milieu de cette tragédie, on assiste à l’enrichissement illicite de la classe au pouvoir et des clans ayant les connexions avec le régime, au mépris de la liberté, de la dignité humaine et de toute logique humanitaire.
L’essence humanitaire ou humaniste de la société guinéenne est partie en éclat de fumée. Les « riches » appauvrissent les « pauvres ». Le mépris du prochain, la médisance et la méfiance de l’autre, sont devenus les premières qualités dans les relations de coexistence de la société Guinéenne. Certains Guinéens pensent fermement et agissent comme si leur grandeur dépendait du degré du mépris du prochain.
La grande majorité des Guinéens s’appauvrie au fur et à mesure que la fortune de la minorité (les gens du cercle et de la famille de Lansana Conte et les clans mafieux) s’accroît.
Le régime tyrannique de Lansana Conte et ses clans militaro-mafieux ont bâti leur existence dans l'extravagance, dans cette fantaisie de vouloir s'accaparer de tout, jusqu'à même ce dont ils n’ont pas besoin. Ils manquent de lucidité et l’intelligence pour faire la différence entre le besoin et l'envie, le besoin et le désir.
En 23 années de régime sanguinaire sous la houlette de Lansana Conte, tout manque en Guinée : L’indispensable, le nécessaire, l’utile et l’accessoire.
La Guinée sera détruite et transformée en ruine si le peuple de Guinée ne se bat pas pour imposer son désir de changement et avancer vers leur bonheur. Dans ce combat historique, le peuple de Guinée avait l’espoir que les militaires patriotes seraient de son coté et non être au service d’un homme, d’une famille ou de quelques clans, qui ne seront jamais satisfaits dans leur quête d’un bonheur personnel et égoïste.
Mêmes avec ses moyens dérisoires, les soldats patriotes devraient se battre pour défendre le peuple contre ses prédateurs et esclavagistes qui ont saigné et continue de faire saigner le pays.
L’armée étant une institution républicaine, elle devrait être le garant et le défenseur du peuple. Elle devrait être à la pointe du combat pour la justice, pour la paix, pour la liberté, la vraie liberté, pour l'indépendance des citoyens individuellement pris ou collectivement. L’existence de la vie illusoire si l'espoir n'est plus permis, si la foi n'a pas de place dans la société.
Comme dans la vie de tout être humain, dans l’existence d’une nation ou d’un peuple, il existe des moments qui, par leur importance, détermineront pour longtemps, si non à jamais, l’avenir de la Guinée. Ces périodes, la Guinée est entrain de les vivre. C’est le moment ou plus que jamais, les militaires patriotes Guinéens doivent faire l’ultime choix.
Faut-il continuer à être une armée au service d’une personne, d’une famille ou de quelques clans ou plutôt prendre du recul pour réaliser que la vraie armée est celle qui est au service de son peuple ?
L’armée guinéenne ou pour mieux dire, les soldats patriotiques sont en face d’une bataille exceptionnelle, un challenge énorme qui demande de transcender à partir des douleurs qui leurs sont physiquement et mentalement infligées, pour sauver la Guinée de cette tragédie qui pointe à l’horizon si celle-ci n’est pas déjà en place. L’armée doit comprendre une fois pour toute que son bonheur est irrévocablement lié au bonheur du peuple.
L’armée (les soldats patriotes) fait face à un défi formidable mais pourtant réalisable si elle veut s'en sortir honorablement dans cet imbroglio qui l’oppose au Général Lansana Conte et à la vieille garde de l’armée fantoche.
Dans ce climat politique très précaire en Guinée, l’intention ne suffit plus, il faut des actions concrètes au coté du peuple qui depuis longtemps a exprimé tant dans les coulisses tout comme en public son rejet total de ce régime qui est l’incarnation de la malédiction du pays.
Ce n’est pas le moment de douter de vous. Les soldats patriotes doivent agir, devenir fou mais la « bonne folie », celle du soldat qui croit en sa cause et en sa victoire.
L’homme est toujours perfectible mais à condition de reconnaître ses erreurs, ses défauts, confronter la réalité et admettre la vérité, la vérité du peuple. Pour réconcilier avec le peuple, l’armée guinéenne doit cesser d’être une armée de pacotille pour devenir une armée des braves, des honnêtes et des défenseurs des intérêts supérieurs du peuple.
Si vos revendications sont légitimes, celles du peuple de Guinée sont encore plus légitimes. La misère qui a rongé et continue de grignoter l’armée est et sera irréversiblement liée à celle du peuple de Guinée.
Si vous devez être des fous, ne soyez pas fous contre le peuple qui ne vous doit rien. C’est Lansana Conté et ses mercenaires de la haute hiérarchie militaire qui vous doivent. Il serait irresponsable de prendre encore de l’argent des coffres de l’état pour vous payer encore ce qui vous a déjà été payé en premier lieu, mais volé et détourné par des hommes que vous connaissez. Si vous êtes des hommes responsables et dignes, en prenez vous aux personnes qui vous ont pris vos pécules.
Si le Nouveau Premier Ministre qui a déjà commencé à distribuer gratuitement l’argent de l’état de gauche à droite comme si c’était son propre argent, se laisse contaminer par cette notion que « l’État lui-même », alors il aura creuser son propre tombeau. Il y a des priorités parmi les priorités. Gouverner, c’est savoir prévoir.
Aux militaires dignement patriotes, soyez du coté du peuple et participez dans la recherche du changement. Arborez –vous de la « bonne folie », celle d’un soldat qui croit avec la ferme conviction à sa victoire jusqu'à son dernier souffle, dans la lutte pour sa liberté, son indépendance et son honneur.
Soldats patriotes, devenez donc fou, mais par la « bonne folie » en vous mettant à l'esprit que vous êtes venus sur terre, la Guinée, pour être heureux, pour aimer, pour échanger, pour partager, pour recevoir, pour donner et pour défendre le peuple dans ses intérêts légitimes.
Devenez donc fou, mais une « bonne folie » pour protéger autant que possible la dignité humaine, l'Amour, la Vie des Guinéens et Guinéennes.
Quelque soit la tournure des événements et quoi qu'il en soit, croyez en :
- Une Guinée meilleure, la vôtre, la mère patrie dans laquelle il vous suffirait d’un peu d’amour et d’humour pour rire et vivre,
- Celle dans laquelle la sainteté de la vie, précieuse, serait préservée,
- Une Guinée dans laquelle l'on a raison d'être honnête et loyal,
- Une Guinée dans laquelle on combat véritablement la pauvreté dans toute son étendue et sa complexité,
- Une Guinée dans laquelle le courage et le mérite sont des vertus,
- Une Guinée dans laquelle l'on ne fait pas des héros des zéros.
Soldats patriotes, vous pouvez créer une telle Guinée. Alors faites le, c’est un devoir patriotique.
Le cancer guinéen, c’est Lansana Conté. Et ce cancer ne fait envoyer des métastases qui n’épargneront aucune couche sociale y comprise l’armée. L’on ne pourra jamais espérer guérir le cancer quand on ne s’attaque qu’aux métastases (les conséquences) et non le cancer lui-même.
La démission des généraux Kerfalla Camara, Chef d’Etat Major général de l’armée, Arafan Camara, actuel ministre de la Défense nationale, le général Kandet Oumar Touré, directeur de cabinet du ministère de la Défense nationale, le Colonel Bambo Fofana, l’intendant militaire des Forces armées et autres barons militaires du pouvoir ne solutionnent rien car le comportement malhonnête de ces généraux sont les conséquences, le résultat de la contamination du de la malhonnête et de l’incompétence de Lansana Conte.
Il ne sert aussi à rien de greffer un organe sain sur une tumeur cancéreuse. Très vite, la contagion sera globale et extensive. Le Nouveau Premier Ministre ne fera pas exception. Il est un Premier Ministre greffée sur une tête pourrie (Lansana Conte) et la pourriture gagnera très vite, si elle ne l’est pas déjà, le nouveau gouvernement.
On n’a pas besoin d’être « politologue agrégé » ou un « Prédicateur », un « Charlatan » pour juger le Nouveau Premier Ministre. Quand la tête qui est « pourrie » et qui est dysfonction donc, le reste du corps n’est qu’une décoration qui va bientôt s’écrouler.
On ne peut bâtir une nation prospère sur le mensonge, la Guinée ne pourra pas faire exception. Là où sept (7) Premiers Ministres ont échoué, le huitième (8eme) ne fera pas exception tant que la cause de l’échec est toujours présente.
Comprendront ceux qui peuvent comprendre !
PS : lisez et faire lire ce document aux militaires et autres agents de sécurité.
Mamadou Diallo, MD
Membre Fondateur de l’ANDD et Guinea-Forum
Contact E-Mail : webmaster@guinea-forum.org (ou) nampougou@yahoo.com
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