samedi 05 mai 2007
CONAKRY - Le Premier ministre guinéen, Lansana Kouyaté, qui a entamé vendredi des discussions avec des militaires réclamant des arriérés de soldes, en tirant en l'air pour la 2e nuit consécutive, a déclaré être à leur "écoute" pour une "solution immédiate" de leurs revendications.
"Je suis venu, au nom du chef de l'Etat (Lansana Conté), vous écouter pour savoir quelles sont vos revendications", a dit M. Kouyaté vendredi soir sur la télévision guinéenne, lors d'une rencontre le même jour avec des militaires dans un camp de Conakry.
"Il n'y a pas de problème sans solution parce que les solutions ne peuvent pas exister sans problème. C'est dans (un) esprit de dialogue, de franchise (...) que je m'adresse à vous qui avez souffert et perdu des proches dans les moments difficiles", a poursuivi le Premier ministre guinéen.
En tirant en l'air près de leurs casernes et parfois en ville pendant deux nuits, les militaires souhaitaient attirer l'attention sur leurs revendications, dont une augmentation de leurs soldes et le paiement de plus de 300 millions de francs guinéens (75.000 euros) d'arriérés.
Deux personnes ont été tuées au cours de ces incidents, ayant également fait 73 blessés, qui se sont produits dans des camps de plusieurs villes de Guinée dont Conakry, Nzérékoré (sud-est), Kindia (130 km à l'est de Conakry) et Kankan (600 km à l'est de Conakry).
"Pendant dix ans, nous avons été brimés. Nous ne voulons rien de la politique. Nous ne sommes que les garants de la sécurité de notre population", a indiqué le porte-parole des soldats, le lieutenant Abdoul Gadirou Diallo.
"Nous répondrons partout où on nous appellera mais aidez-nous à ce que nos arriérés soient payés. Nous sommes mal habillés, mal nourris. Alors, aidez-nous à avancer en grade et en traitement", a-t-il poursuivi.
"Je retourne voir le chef de l'Etat pour trouver une solution immédiate à vos revendications", a ensuite répondu le Premier ministre guinéen.
M. Kouyaté, un diplomate, a été nommé à la tête du gouvernement le 26 février sous la pression des syndicats et des médiateurs internationaux afin de mettre fin à une grève générale accompagnée par une vague de contestation durement réprimée qui a fait 137 morts, selon un bilan officiel.
SOURCE : (©AFP / 04 mai 2007 23h38)