vendredi 04 mai 2007
Pendant que le Guinéen renoue avec l’espoir voilà encore un soulèvement qui risque fort de traumatiser le pays en entier. Deux mois déjà que les Guinéens ont exigé – en masse!- un changement face à une crise qui avait atteint son paroxysme. La nouvelle Realpolitik de Kouyaté (qui est d’éviter la chasse aux sorciers) est certes louable, mais les promesses se font attendre.
On n’est pas sans savoir que le Guinéen n’est toujours pas libre, encore moins en sécurité. A l’intérieur du pays des hommes et des femmes sont toujours victimes d’arrestations arbitraires et de mauvais traitement.
Le droit à la propriété n’est toujours pas respecté. Ils sont combien les Guinéens aujourd’hui qui perdent leurs biens (immobiliers) parce que victimes d’escroquerie de la part de simples chefs secteur ou de quartier (qui n’ont d’ailleurs aucune notion de leur fonction), de sous-préfets ou pseudo cadres de l’administration.
En réalité le gouvernement a changé nous dit-on. Le changement au niveau local c’est pour quand ?
Qu’est ce qui nous rassure que des citoyens de notre pays ne payent pas encore de leur sang les caprices des bourreaux nostalgiques et friands de nos anciens régimes sanguinaires ?
Pour revenir à la revendication de nos Hommes en uniforme, on a le droit de poser un certain nombre de questions. Cette revendication est-elle opportune ? La Guinée peut-elle et doit-elle payer des arriérés de salaire ?
Toutes ces questions peuvent être répondues par l’affirmative si on veut rétablir l’Etat de droit en Guinée. Pour cela il faudra d’abord situer et déterminer les responsabilités de chacun dans cette affaire.
En tant que partie prenante des Institutions de notre pays, l’armée a non seulement des devoirs et des droits mais aussi une éthique. En aucun cas les membres des milices de ces dernières années (soient-ils des Guinéens ou des étrangers) ne doivent prétendre relever de notre armée.
Les commanditaires des odieux meurtres de ces dernières années doivent être identifiés et remis à la justice.
Pour ce qui est de ces hommes qui ont assuré et assurent encore la sécurité de notre pays leur revendication est aussi légitime que celle tout autre citoyen guinéen.
On me dira sans doute que la priorité de notre Economie n’est pas de payer cette somme colossale. Mais l’Etat guinéen ne doit pas un seul sous aux militaires. Il a plutôt le devoir (et l’obligation) de rendre justice à l’armée, car l’Etat est garant des libertés de tout un chacun au sein de notre pays. Cet argent a toujours été payé sans jamais arriver aux destinataires.
Cette pratique concernait-elle seulement le département de la Défense ou bien était-elle une formule commune à tous les autres départements de différents gouvernements de notre pays ?
C’est à la justice de nous situer. En aucun cas le contribuable guinéen ne doit payer cet argent une nouvelle fois. C’est à l’Etat de tout mettre en œuvre pour poursuivre les coupables de ces malversations et rendre à Paul et à Pierre chacun son dû.
SOW Thierno Sadou
Pour www.nlsguinee.com