mercredi 25 avril 2007
De Sékou Touré à Lansana Conté, quarante-neuf ans après notre indépendance, la Guinée n’a cessé de plonger dans la misère. Notre économie s’effondre, l’agriculture est ruinée, le régime de Lansana Conté est isolé sur la scène internationale. La démocratie a du mal à être respectée par le chef de l’état Guinéen.
Mon beau pays souffre. La Guinée déprime. Et le pays de mes ancêtres se meurt. La Guinée est le premier de l’Afrique subsaharienne à s’être libéré de la colonisation Française, le pays marche au ralenti comme si notre histoire piétine.
Conakry, notre capitale jadis appelée « la belle » offre de nos jours un spectacle désolant, de misère, et surtout de régression à ces maigres touristes qui viennent visiter la Guinée. Dés la tombée de la nuit Conakry est plongée dans l’obscurité totale du fait d’un manque cruel d’électricité depuis des années, Conakry donne l’image d’un gros village assoupi.
L’eau reste une denrée rare, les robinets asséchés ressemble au pays, quand on se promène à Conakry on croise de nombreuses femmes sur leur têtes des bidons d’eaux qu’elles vont chercher à des centaines de kilomètres, sur des chariots des vendeurs ambulants, et aussi des voitures acheminent de Kaloum vers la banlieue des bidons d’eaux, c’est triste pour le château d’eau de l’Afrique de l’ouest.
Le constat est amer, quarante neuf ans d’indépendance n’ont servi à rien à la Guinée, aujourd’hui le gouvernement est incapable de fournir les deux choses les plus indispensables à la vie à sa population, à savoir l’eau potable et l’électricité.
Malgré les nombreuses sommes injectées dans le domaine de l’électricité plus de 500 millions de dollars dans les projets de garafiri, les diffèrents Tombo I à V. La Guinée continue de s’éclairer à la lampe et à la bougie au 21 siècle. La cause est du à la vétusté de son réseau, la fraude, la corruption et surtout la renationalisation de l’EDG après le départ des Français et Canadien.
Le 21 siècle, siècle des nouvelles technologies, Internet, téléphone, en un mot la communication, notre pays est absent dans ce domaine alors que ces deux outils restent indispensables pour créer des entreprises, inciter les investisseurs à investir chez nous mais ce domaine reste dans une situation lamentable, défectueuse.
Les Guinéens vivent très mal, l’insécurité dans tous les quartiers, la peur s’installe, les citoyens n’osent plus sortir la nuit, la gestion de l’économique est catastrophique, les deniers publics sont détournés, les recettes minières sont très mal gérées, la vie du guinéen continue de se détériorer. De la Basse cote, en Moyenne guinée, en Haute guinée, et la guinée Forestière c’est le même spectacle.
La misère est partout, dans les quartiers de la capitale non loin du palais présidentiel, dans la zone administrative, la misère est visible sur la vétusté des bâtiments, des taudis, bâties dans le désordre faute de lotissement et de plan d’urbanisme.
Le manque d’hygiène, le manque de canaux pour traîner les eaux de la pluie provoquent de nombreuses maladies, comme le cholera. Nos hôpitaux manquent de tout, il arrive que des malades décèdent sur leur table d’opération pour cause de coupure de courant cet exemple démontre l’état lamentable de nos hôpitaux, les médecins font le commerce des médicaments pour pouvoir joindre les deux bouts, les fonctionnaires guinéens sont les mal payés de la sous région.
Les universités ne sont pas en meilleur état, délabrées, manque d’enseignants compétents ou d’élèves motivés, l’école reste le domaine le plus négligé en Guinée, les diplômes guinéens sont peu ou pas reconnu à l’étranger.
Les jeunes ne trouvent pas d’emploi, ils noient les misères dans l’alcool, ou ils passent toute la journée à boire du thé dans les quartiers sans aucun espoir, ils cherchent tous à fuir le pays, à venir en Europe pour trouver du travail. A l’image des jeunes gens qui meurent dans les pirogues en direction de l’Europe.
Le pays ne cesse de s’enfoncer, sans croissance et avec une grosse dette à l’extérieure, la guinée reste un pays très pauvre. Aujourd’hui voila le défi que doit relever le nouveau gouvernement de Lansana Kouyaté, les guinéens portent leur espoir et attendent un changement radical dans la gestion des deniers publics.
Bah Ibrahima
Etudiant à Lausanne (Suisse)
Pour www.nlsguinee.com