dimanche 22 avril 2007
Objet :
Sur invitation du Conseil National du Patronat Guinéen, le bureau de l’Association Jeunesse Citoyenne a eu une rencontre avec le Secrétaire général de la dite institution. Cette invitation faisait suite au courrier que Jeunesse Citoyenne a adressé au CNPG au même titre qu’aux autres signataires du protocole d’accord de mars 2006, sur le relèvement de l’âge de départ à la retraite.
Compte rendu :
L’an deux mille sept, le dix sept avril, à treize heures trente minutes, le Conseil National du Patronat de Guinée (CNP- Guinée) a reçu dans sa salle de réunion, les membres du comité directeur de l’association « Jeunesse Citoyenne ».
Le Conseil National du Patronat était représenté par son Secrétaire Général, Monsieur Abdoulaye Dima Dabo assisté du chargé de communication du CNP- Guinée.
Du coté de Jeunesse Citoyenne, étaient présents :
• Laouratou Bah…………………….Présidente,
• Rico Moussa Kourouma………. Secrétaire Exécutif a .i,
• Ousmane Barry …………………..Commission Gouvernance,
• Billo Diallo ………………………….Commission Etude & Publications,
• Boubacar Diallo……………………Conseiller
• Manckona Koivogui……………..Conseiller,
• Mohamed Camara ……………..Commission Edu.–Formation et Jeunesse
La rencontre s’est déroulée comme suit :
A. Intervention de «Jeunesse Citoyenne »
C’est à partir de 13hrs 30mns que la Présidente a présenté son équipe à l’hôte, suivi d’un échange de cartes de visite. Elle a ensuite donné la parole à Billo Diallo qui a expliqué que cette visite s’inscrivait dans la dynamique de promotion de l’Association d’une part, et d’autre part, profiter de ce cadre pour discuter davantage avec le CNP-Guinée autour de l’initiative de pétition contre le relèvement de l’âge de départ à la retraite. C’est pourquoi, Billo Diallo a largement informé le Secrétaire Général du CNP –Guinée et sa suite, sur les motivations et la démarche employée par la JC dans la collecte de plus de 13 500 signatures sur toute l’étendue du territoire guinéen.
B. Intervention du Secrétaire Général du CNP - Guinée
Monsieur Abdoulaye D. Dabo a félicité tout d’abord les délégués de l’association Jeunesse Citoyenne pour leur dynamisme à travers l’apport participatif au débat sur l’emploi des jeunes. Ensuite, il a longuement mis l’accent sur le déficit d’informations en direction de la population en général, et de la couche juvénile en particulier. Il a par la suite, évoqué les raisons pour lesquelles son institution s’est impliquée dans la proposition du point sur le relèvement de l’âge de départ à la retraite en Guinée.
Selon lui, cette démarche consiste essentiellement à harmoniser avec les autres pays de la région (Sénégal, Mali, …) l’âge de départ à la retraite. A ses dire, le Cap Vert va d’ailleurs plus loin en proposant pour le départ à la retraite l’intervalle 60-70 ans selon la hiérarchie .
Pour approfondir cette proposition de point sur l’âge de départ à la retraite dans l’accord de mars juin 2006, le Patronat a exhorté le BIT de réaliser une étude dans ce sens auprès de la Caisse Nationale de Sécurité sociale de Guinée. L’étude en question a effectivement été réalisée par un expert du Bureau International du Travail (BIT). Dans ce document, il est ressorti que les travailleurs de la fonction publique guinéenne sont « abandonnés » à eux mêmes. En effet depuis 1976 les employés de la fonction publique reçoivent l’intégralité de leur salaire mais très malheureusement ils ne bénéficient pas de l’assurance sociale auprès de la CNSS. Et l’Etat sollicite souvent l’aide des bailleurs pour payer la pension des retraités.
Le secteur privé est le seul gros contributeur à la CNSS et offre plus de garanti en terme d’assurance sociale. Pour le Secrétaire Général du CNP de Guinée, cette volonté est loin d’atteindre l’objectif escompté, du fait que le secteur privé avec plus de 10 000 employés est le 2ème grand pourvoyeur de l’emploi en Guinée. Avec ces chiffres, il y a d’énormes travaux à faire pour harmoniser la politique de l’emploi en matière de recrutement de jeunes talents : Le secteur privé recrute plus que le secteur public.
Au regard de ces incohérences, il n’y aurait selon lui, aucune corrélation entre les nombres d’emplois disponibles et le besoin en recrutement. Ce qui fait que le nombre de mise à la retraite n’implique pas forcément l’emploi des jeunes. Autrement dit, ce n’est pas le départ à la retraite qui crée l’emploi en Guinée. L’Etat doit réduire les taxes et autres charges fiscales pour que le secteur privé crée plus d’opportunités d’emploi.
Par ailleurs, il a déploré le fait que la politique nationale ne prend pas en compte les paramètres de mise en place des mesures d’accompagnement des projets de jeunes surtout à travers les micros crédits, la lourdeur et le manque de transparence au sein de l’administration publique. Ainsi, il a proposé :
• de créer une plate forme constituée par des représentants de l’Etat, le Patronat qui sera chargé de coordonner et approfondir l’étude sur le plein emploi des jeunes. Pour cela il a sollicité l’implication de l’association Jeunesse Citoyenne ;
• de revoir tout le système administratif pour qu’il y ait plus de transparence dans le recrutement ;
• que l’Etat paye à la CNSS la somme de 16 milliards de francs guinéens au titre des arriérés de pension ;
• de créer une banque d’appui ou de financement des projets de jeunes sous forme de micro crédits.
A cet effet, le patronat a sollicité faire un travail de fond pour approfondir les conclusions de l’étude de l’expert du BIT en vue de créer davantage de nouveaux emplois en faveur des jeunes et salue vivement la démarche de Jeunesse Citoyenne auprès de l’assemblée nationale.
Boubacar Diallo a demandé au Secrétaire Général son avis sur la question de savoir comment l’administration compte rajeunir son effectif tout en employant des moyens modernes de travail ?
Il répond que la Guinée ne présente pas le même contexte, ni les mêmes conditions sociales que les travailleurs du Sénégal, de la Cote d’Ivoire ou du Mali. Donc n’offre pas les mêmes conditions d’embauche que les pays sus cités. Il réitère que ce n’est pas le départ à la retraite qui résout ce problème. Mais plutôt une bonne politique sociale harmonisée entre le secteur public et privé appuyée par la transparence dans la gestion des affaires. Pour y parvenir, il faut nécessairement un dialogue autour de ces questions.
Après cette intervention, la parole est revenue à la Présidente de l’Association Jeunesse Citoyenne d’affirmer que son organisation prend en compte les réflexions posées par Elhadj Aboubacar D. Dabo (Secrétaire Général du CNP de Guinée). Reconnaissant que le moment ne se prêtait pas à des discussions, elle a insisté cependant sur la nécessité d’engager des débats sur cette question de relèvement de l’âge de départ à la retraite qui est finalement loin de se justifier par une simple volonté de mimétisme par rapport à des politiques appliquées par des pays voisins visiblement plus en avance que la Guinée à biens des égards.
Néanmoins, elle a dit que Jeunesse Citoyenne s’engageait à fournir au Patronat le résultat de ses activités. Selon elle, son association est disposée à travailler avec le Patronat dans tous les domaines d’impulsion de la bonne gestion des affaires nationales, et en particulier, dans le cadre de la promotion de l’emploi et le développement des jeunes. Elle a terminé en sollicitant le soutien du Conseil national du Patronat de Guinée en vue de favoriser l’emploi des jeunes.
La rencontre s’est terminée à quatorze heures vingt cinq minutes.
Conakry, le 17 avril 2007
Le Secrétariat Exécutif
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Moise kourouma, depuis Conakry
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