mercredi 18 avril 2007
A propos des critiques de T. Monenenbo
J'ai lu une partie de la dernière intervention du nommé Amara Kaba. Si on peut discuter si politiquement le temps était bon pour les remarques de l'écrivain, je crois qu'il faut reconnaitre que moralement il a fait une remarque qui reste vraie et qui est le problème guinéen depuis l'ancien régime : le traitement inégal des Guinéens dans l'administration selon leur appartenance ethnique.
Le guinéen moyen peut ne pas être ethnique mais le politique l'est bel et bien. Il n'y a pas d'équilibre régional ou ethnique dans ce gouvernement qui devait être d'union nationale. Kouyaté devait choisir un gouvernement de consensus ou d'union nationale. Et c'est ce que tout le monde attendait.
Alors, refusant d'associer les partis, en quoi serait ce gouvernement "un gouvernement d'union nationale", si ce n'est en rapport avec les régions ou ethnies ?
Mais, on y rencontre plus de 5 soussous, plus de 5 peuhls, plus de 5 malinké et presque pas de toma, pas de kissien, pas de guerzé ! La Guinée forestière qui est statistiquement de même taux que les soussous, reste presque sans considération pour le gouvernement de Kouyaté.
Et franchement, dire que l'on "n’a pas de problème ethnique" dans un pays où l'on a porté la main sur un PM, Lansana Béavogui, pour avoir osé s'asseoir à la place de feu Sékou Touré, comme la constitution le voulait, ne peut relever que de l'ignorance ou de la mauvaise foi. C'est par mépris pour le forestier que Lansana Béavogui a été empêché de succéder à Sékou Touré, même pour une période transitoire (période de deuil).
Aboubacar Sakho et Amara Kaba ne sont pas censés ignorer cette histoire qui a conduit l'armée à prendre le pouvoir en Guinée.
Quand on se présente comme journaliste, il faut avoir un minimum d'objectivité dans ses analyses. Je pense aussi que c'est le silence devant ces manœuvres tribales qui a conduit à 26 + 23 ans de dictature, aux massacres massifs de peuhls et de malinkés par les 2 régimes qui en ont découlés.
Il faut rompre maintenant avec ce silence et dire les choses telles qu'elles sont pratiquées! C'est seulement comme cela que l'on empêcherait un nouveau régime tribal et dictatorial en Guinée.
SADIO BARRY
Pour www.nlsguinee.com