mardi 17 avril 2007
Je prends le peuple de Guinée à témoin.
Après avoir opté, pour un temps, le silence et la
concentration pour bien comprendre et analyser à ma
manière la situation de notre pays, voici que
malheureusement le débat guinéen risque de tourner
dans ces deux semaines aux attaques
crypto-personnelles comparables à un véritable sommet
de haine.
D'une part des hommes prêts à vouer aux
gémonies Monénembo pour son article
Et maintenant où, à ses yeux, il dénonce le manque d'un véritable
dosage quant à la représentativité des entités
ethniques et régionales de notre pays. Il signale à sa
façon le fait de voir le sixième rang de l'ordre
protocolaire du gouvernement Kouyaté par un Peulh.
Il nous signale dans le même article son constat et
son amertume de voir depuis l'aube des indépendances à
nos jours la marginalisation des peulhs dans les
sphères de commandements du pays. La diabolisation de
cette ethnie par Sékou Touré et par son pouvoir de
même que leur exil forcé...
Sans remettre en cause sa pensée (ne pouvant donner sur
place tous les éléments pour réfuter sa thèse). C'est
sa liberté de penser comme il veut et comme il peut. Il
nous appartient aussi de réagir comme on le pense et
comme on le peut.
Maintenant le plus déplorable c'est le fait de voir
nos frères intellectuels s'offrir en spectacles. Un
premier groupe qu'on pourra appeler des Pro - Monénembo
et un second groupe qu'on pourra qualifier de
Correcteurs. Pas de cadeaux. Des articles qui, vraiment,
sont rédigés pour se ridiculiser. Et si nous ne
cherchons pas à civiliser le débat national, il va
perdre toute sa noblesse. Nous devons revoir sans
complexe notre façon de débattre sur la place
publique.
Je précise que pour le moment je ne m'oppose, au
fond, à l'idée de personne. Et je prendrai mon temps
pour répondre à Thierno Monénembo en personne et
publiquement, pour lui dire, en toute objectivité, ce
que je pense de son article "Et maintenant".
En attendant je demande aux uns et aux autres de
prêcher la consolidation de l'unité nationale, le
pardon et l'acceptation réciproque, le dépassement
responsable. Personne ne peut occulter les réalités
historiques, sociologiques, culturelles, politiques et
économiques d'un pays. Mais il n'est pas aussi
responsable de notre part de nous perdre dans des
débats qui cherchent à remuer le couteau dans la
plaie.
Les grands peuples comme les grandes nations sont
ceux qui ont réussi à s'accepter suite aux longues
cohabitations. La Guinée à intérêt à s'inscrire dans
cette logique. En attendant, c'est à nous, intellectuels
de bâtir une nouvelle mentalité guinéenne dans
laquelle la seule fierté sera de se voir simplement
citoyen guinéen. Ce jour là, il n'y aura ni Kissi, ni
Mikiforè, ni Nalou, ni Maninka, ni toma ,ni Peulh, ni
Soussou, ni Koniagui, ni Kouronko, ni Lélé etc. Mais tant
que nous ne renonçons pas, tous et ensemble, à nos
fiertés ethniques au profit de la citoyenneté
guinéenne, nous n'aurons jamais la Guinée dont nous
rêvons. Jamais !!!!!
Ansoumane CAMARA, Dakar
Contact : ansoumanecamara2000@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com