jeudi 12 avril 2007
Le gouvernement guinéen a annoncé mercredi soir une révision de toutes les conventions minières signées avec les sociétés qui opèrent sur son territoire pour "défendre les intérêts du pays".
La Guinée va "réviser toutes les conventions minières s'il le faut à l'amiable ou à défaut saisir des cabinets d'avocats pour défendre les intérêts du pays", a déclaré le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Justin Morel Junior, sur la radio télévision guinéenne.
M. Morel Junior a fait cette déclaration mercredi soir à l'issue du premier conseil des ministres du nouveau gouvernement guinéen formé le 28 mars par le nouveau Premier ministre Lansana Kouyaté, nommé le 26 février après une grève générale de 45 jours qui avait paralysé le pays.
Aucune précision supplémentaire n'a été apportée sur cette décision du gouvernement de M. Kouyaté dont la mission est de redresser la situation de ce pays d'Afrique de l'ouest de 9,4 millions d'habitants confronté à une profonde crise économique et sociale.
La Guinée dispose d'importantes richesses minières, notamment en bauxite, avec une estimation globale de 45 milliards de tonnes métriques, soit près de 2/3 des réserves mondiales.
Outre la bauxite, le sous-sol guinéen contient notamment de l'or, du diamant, du fer et du nickel.
Selon les observateurs, le gouvernement guinéen estime que les contrats qui ont été signés et révisés plusieurs fois avec les sociétés étrangères qui exploitent les richesses minières nationales ont été bradés.
Cette première réunion du gouvernement de Lansana Kouyaté s'est tenue sans le président Lansana Conté.
En 2004, les recettes de l'Etat guinéen tirées de l'exploitation minière ont été officiellement estimées à 171 milliards de francs guinéens (21,6 millions d'euros), contre 363 milliards de francs guinéens (45,9 millions d'euros) en 2005 et 112,5 millions de dollars (83,7 millions euros) en 2006.
Cette hausse des recettes s'explique par la création depuis 2004 de nouvelles compagnies minières, comme la multinationale Alcan-Alocoa.
De grandes sociétés mondiales de bauxite et diamant opèrent en Guinée, telles que les ukrainienne ACG (Alumina Company of Guinea), CBK (compagnie des bauxites de Kindia) et Rusal, l'américano-canadienne CBG (Compagnie des bauxites de Guinée) et Alcan-Alocoa.
SOURCE : AFP