mercredi 11 avril 2007
Nous ne devons pas refuser de débattre de nos problèmes, de nos difficultés et des solutions que nous devons appliquer pour sortir notre pays de la division et des haines qui ont été la pratique depuis l’accession de notre pays à la souveraineté nationale, après soixante ans de domination et de destructions des valeurs qui ont toujours fondé notre richesse culturelle, la bonne cohabitation de nos communautés de cultures.
Le fait de stigmatiser une partie de notre société, entraine de fait une exclusion et un repli sur soi. Dans la conscience collective, le Peul est ceci, le Malinké est cela, le Soussou ceci, le forestier cela, le Nalou, le Baga et les autres ont telles ou telles caractéristiques etc.
Un jour, j’ai lu un écrit dans le forum de « Kokolala », qui stipulait que moi Alfa Ousmane Diangolo BARI, je cite : « L’homme qui a écrit les Racines du mal guinéen, est en effet un ethnocentriste, un raciste, il doit rentrer chez lui en Somalie… »
Comment pouvez-vous imaginer ce que j’ai ressenti, quand en 1976, alors que j’étais étudiant à la faculté des Sciences techniques en chimie industrielle, l’homme qui dirigeait notre pays à l’époque, inventa le complot peul et prit ce prétexte pour nous refuser les bourses d’études qui étaient octroyées aux 10 premiers de l’option .
C’est vrai que chaque famille fût touchée par les arrestations et les purges du régime, mais il est aussi vrai que le régime avait pratiqué, un racisme ouvert contre les peuls.
Seraient-ils frustrants pour certains d’en parler ? Parler du complot « malinké, Diarra Traoré » ne s’inscrit-il pas dans la même logique ?
Un cri de douleur d’une communauté, partie intégrante de la nation ne devrait pas lever un effet de bouclier et autant de passions si cela, n’était que le fruit de l’imagination !
C’est pourquoi, sans passions, sans haines, nous devons extirper ce problème grave de racisme que les uns nourrissent par rapports aux autres. Notre force réside dans notre capacité à user de toutes les valeurs sociales et culturelles que nous possédons à travers nos différentes communautés nationales. Notre richesse se trouve en Forêt, au Foutah, en Haute Guinée et en Guinée maritime.
Vouloir élever une partie de cette composante nationale au dessus des autres, aggraverait la fracture sociale et creuserait d’avantage le fossé qui nous divise actuellement. Ignorer ce problème qui nous oppose consciemment ou inconsciemment peut nous conduire à un blocage, qui ne faciliterait pas la construction de la nation que nous voulons tous unie, forte, fraternelle et prospère.
Créer des partis politiques dont, l’ossature et la base sont ethniques n’est pas chose à faciliter la pratique démocratique et la culture de la compétence, du dialogue et du consensus. Cela aussi, il faut le reconnaître, toutes les formations politiques ont leurs fiefs dans leurs régions naturelles. Les partis ne sont pas nationaux, avec des programmes d’intégration de la nouvelle génération et des femmes, qui sont le moteur de notre société et le ferment de notre avenir.
Nous sommes donc, de par nos pratiques, acteurs de la destruction de nos fils et de notre propre pays. La guinée n’est pas une nation, c’est un ensemble hétéroclite, un pays dont les ancrages sont communautaires, dont les valeurs sont bafouées, les libertés de création confisquées !
Comment peut-on construire quelque chose de solide, si le soubassement ne peut supporter les murs ?
Guinéens et guinéennes, l’heure est venue d’aborder nos problèmes sans tabous, en posant les vraies questions, celles qui nous permettront de trouver les bonnes réponses !
Nos communautés de cultures et de langues, sont plutôt des atouts majeurs et non un frein à la reconstruction de notre identité nationale, de nos valeurs sociales, de notre histoire commune et de notre destin commun.
A bon entendeur
Alfa Ousmane Diangolo BARI
Directeur de publication de Guinea-Forum
Contact mail : alfa_ousmane@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com