mardi 10 avril 2007
Chers compatriotes,
on assiste depuis un moment à des débats liés à la question ethnique en guinée en rapport avec le gouvernement, le régionalisme, la question tribale dans un pays où réside plusieurs communautés, je constate la plupart des intervenants se disant patriotes défendent leurs ethnies comme c'est le cas de Mr Amara Kaba pour ne citer que celui là.
Le problème ethnique de la guinée ne date pas d'aujourd'hui il faut se dire la vérité, perpétré par les différents gouvernements depuis 1958, amplifié par le régime de Lasanna Conté, il est opportun face à cette situation de se poser la question: quel État pour la guinée?
Toute société globale se dote d'un pouvoir par définition politique, la naissance de l'état moderne correspond à une certaine institutionnalisation du pouvoir politique qui se perçoit de deux manières.
En premier lieu faire la dissociation entre l'institution qu'est la puissance publique et la personne physique des gouvernants, comme l'a si bien dit Burdeau célèbre constitutionnaliste français : "L'état est le seul titulaire abstrait et permanent du pouvoir dont les gouvernants ne sont que des agents passagers", pour dire que les hommes passent et l'Etat reste.
En second lieu, cette institutionnalisation se matérialise aussi par une généralisation des statuts juridiques qui constituent l'Etat de droit. La guinée à l'instar des autres pays africains, cherche sa voie de développement, à se doter d'un État moderne digne de ce nom.
Les deux critères mentionnés dans mon analyse sur l'état moderne selon mon constat échappe à la guinée.
La guinée au lendemain de son indépendance s'est doté d'un régime dit primitif mis en place par le dictateur Sékou Touré, primitif parce que c'est un pouvoir peu institutionnalisé ou le pouvoir politique est personnifié, Sékou Touré exerçait le pouvoir comme une prérogative personnelle. Le régime sanguinaire, autoritaire, a donné naissance à 23 ans de règne de Lasanna Conté plongeant la guinée dans un marasme économique qui ne dit pas son nom.
Sékou Touré avec son régime totalitaire où régnait le culte de la personnalité poussé à son paroxysme, se comportant comme un leader juste avec une prétention à réaliser l'unité nationale et sociale. La division ethnique, régionale, le manque de l'unité nationale trouve sa source dans ce régime dictatorial avec ses nombreuses politiques de divisions en l'occurrence sur politique d'éducation nationale, c'est une égoïste comme politique, quand je pense que dans un pays comme la guinée où l'on instaure une politique de division en demandant à chaque région d'étudier sa langue maternelle, où existe une sélection ethnique pour la délivrance des bourses d'études,... c'est lamentable.
Pendant cette période les malinkés étaient les privilégies, au niveau de l'administration publique, dans tous les secteurs socio-économiques du pays. Sékou Touré a jeté de nombreux guinéens sur la route de l'exil, a massacré de nombreux cadres du pays; je citerais comme exemple l'illustre Diallo Telly.
Pour sceller l'unité nationale, réconcilier les guinéens entre eux les guinéens doivent faire face à leur histoire, reconnaître les erreurs du passé, je partage l'avis de Mr D. Touré quant il parle d'une commission vérité réconciliation.
Faire face à son passé grandira la nation guinéenne comme toutes les grandes nations du monde. Il faut savoir que le régime de Lasanna Conté est une conséquence de la mauvaise politique du premier président guinéen, la guinée continue sa descente aux enfer à cause de la mauvaise gouvernance, le règne de la corruption, l'impunité,... Elle se caractérise par le manque total de l'autorité de l'Etat !
Y'a t'il vraiment un État en guinée ?
La réponse à cette question viendra peut être du gouvernement de Mr Kouyaté bien que c'est un gouvernement déséquilibré. Je n’ai pas besoin de vous peindre l'image de l'Etat guinéen sur le plan international, notre pays a besoin de se doter d'un État de droit où toutes les sensibilités sont respectées, dans le cadre de l'équilibre régionale et aussi mettre en place une justice sociale juste.
Le chantier guinéen est long et très vaste, la route de Mr Lasanna Kouyaté est jalonné d'épines, il n'a pas droit à l'erreur, il est normal de l'accorder le bénéfice du doute, on le jugera dans ses actes après cent jours de règne.
Le gouvernement de Mr Kouyaté doit savoir que l'Etat est de nos jours le cadre essentiel de l'exercice du pouvoir, seul habilité à user de la violence pour faire respecter la loi. L'Etat concrétise la nécessite d'organiser les relations sociales entre les citoyens et de garantir l'unité nationale dans le pays et aussi en dehors du pays.
Bah Ibrahima
Etudiant à Lausanne (Suisse)
Pour www.nlsguinee.com