lundi 09 avril 2007
Chers compatriotes,
beaucoup réagissent ici pour dire qu'il n'y a aucune différence entre Barry,
Condé, Guilavogui ou autre en Guinée et qu'il ne faut donc pas en tenir compte
dans le gouvernement.
Mon premier constat est que ces gens sont tous de la tribu de Kouyaté.
Le deuxième, c'est que ce langage politique est bien souvent celui de ceux qui sont satisfaits.
Monsieur Kaba ou monsieur Touré,
quand on se limite à l'idéal qui reste encore imaginaire dans notre pays, on
vous donnerait raison. Vous pouvez être de bonne foi ici; surtout si vous
n'êtes pas politicien. Mais, soyons d'accord que penser à un équilibre
régional dans un gouvernement que l'on veut "de consensus", est un devoir
patriotique et un facteur de paix.
Si les choses étaient telles que vous dites, on aurait pas parlé d'un gouvernement
de consensus en Guinée.
Le mot "consensus" exprime clairement l'existence de différents courants dont il
faut tenir compte. Et dans le cadre de notre pays, ces différents courants
ne sont autres que les ethnies, comme les partis l'illustrent parfaitement.
Alors, c'est un faux pas de la part d'un chef de gouvernement investi pour
rompre avec le système clanique, de choisir une constellation qui permet,
même aux gens de mauvaise foi, d'observer un favoritisme tribal et, plus
grave encore, au profit de sa propre tribu !
Kouyaté devait y penser, reconnaissez-le !
Pourquoi donc Kouyaté mais pas Eugène Camara ?
A la montée de Kouyaté, toute la Guinée avait exprimé sa joie, et particulièrement les
quartiers dits peuhls de Conakry. Le processus qui l'a porté à la primature
lui interdisait de faire fi de l'équilibre régional dans son gouvernement.
Vraiment, l'honnêteté intellectuelle nous oblige à reconnaitre cela !
Et si l'on exige un tel équilibre, c'est pour rendre le climat confiant et poser
des garanties que le processus de transition serait équitable et juste.
Que croyez-vous vraiment si un régime à dominance peuhle organise des élections
et que le RPG les conteste? Cette contestation ne prendrait-elle pas la
coloration malinké vu que le parti est vu "malinké" ?
Ce gouvernement dans sa forme actuelle pourrait organiser des élections qui seraient
éventuellement contestée par l'UPR ou UFD. Ce qui prendrait également la
coloration peuhle.
Kouyaté devait avoir la grandeur d'esprit de penser à ces
facteurs. Le fait de frustrer toute une région guinéenne aujourd'hui par la
formation de son gouvernement fait déjà son échec.
Je ne comprends pas pourquoi pas un Forestier, Peuhl, Soussou, Diakhanké ou
autre intercalé dans les 5 postes de pouvoir qui se suivent et qui seront
déterminants en cas d'élections (Cour suprême, Premier Ministre, Défense,
Intérieur, Affaires étrangères) dans un pays où les partis reposent sur les
ethnies ?
La confiance ne remet pas en cause les garanties! Ici la garantie,
c'est l'équilibre régional qui est à l'opposé du tribalisme. Si ce
gouvernement a été imposé à Kouyaté, c'est qu'on a voulu le piéger et le
discréditer. Il devait plutôt démissionner que de l'accepter. Mais il clame
haut et fort avoir été libre dans ses choix.
Vous savez, Kouyaté a très mal fait. Car, le message que le peuple perçoit ici est
que "si vous vous battez pour quelqu'un, il viendrait penser avant tout à ses parents".
Dans le reportage de la RTG, certains soussous n'ont pas manqué de remarquer que
"l'on a plutôt remplacé les soussous par des malinkés"! Kouyaté a été investi pour ne
plus donner ce genre de sentiment aux Guinéens. Hélas, c'est raté, et tout devient plus grave qu'avant!
L'idée que vous dégagez passerait dans le système que je propose depuis 2005
en Guinée: le bipartisme où chaque parti serait purement national. Là, on aurait plus
besoin de tenir compte des régions en composant un gouvernement ou en alignant des hauts cadres.
SADIO BARRY
Pour www.nlsguinee.com