dimanche 08 avril 2007
Les différentes interventions et observations des élites guinéennes
sur la composition du « gouvernement Kouyaté » démontent encore le
caractère tribal et régionaliste de nos élites.
Une fois encore leur xénophobie et tribalisme ne se limite pas à de simples « mots » ou « idées », mais ils constituent une pratique sociale envahissante et
influente susceptible de mettre en péril l’unité nationale d’une nation fragile.
Il y a de nombreuses raisons d’insister sur le régionaliste des intellectuels, plutôt que sur celui des « classes populaires ».
Premièrement, les intellectuels guinéens à l’instar de Thierno Monenembo et ses défenseurs prétendent constamment, sur Internet, qu’ils n’ont « évidemment » rien à voir avec le régionaliste.
Au contraire le discours ET Maintenant de l’homme de lettre fausse le sens de la démocratie et l’unité de la nation. Il ne faut pas juger notre célèbre écrivain par la célébrité de ses œuvres littéraires, mais plutôt par la réalité des choses que son discours incarne.
Les défenseurs de Mr Monenembo doivent accepter « le jugement de Mr Amara kaba » de la même manière qu’ils acceptent les gloires de son mérite. Je ne prétends pas être un défenseur de Mr Amara kaba, car je suis conscient que je ne suis à la hauteur de contrer tous ces écrits des personnes qui veulent balancer la Guinée dans le concert des pays qui connaissent la tension ethnique.
L’évidence montre une certaine magnitude de régionaliste dans l’écrit de Monenembo et ses défenseurs qui ont loupé le bateau de l’unité nationale.
Je suis mille fois ému plus que tous les autres Guinéens, de l’attitude de mes chers compatriotes qui réclament la réservation des fonctions ministérielles à une ethnie. Le problème de la République n’est pas une affaire Peuhl ; et Ceci est valable pour toutes autres ethnies qui composent la population de la Guinée.
En vertu de quoi vous réclamez la réservation d’un ministère spécifique à un Peulh ?
Moi qui mets en ligne cet article, vous n’avez rien de peulh plus que moi en ce sens que je suis un Guinéen issu d’un brassage ethnique d’un Malinké et une pure peuhle de Dalaba.
Deuxièmement, les préjudices et les comportements tribalistes de la Guinée ne sont pas innés mais acquis, et leur apprentissage se fait principalement par le biais du discours des élites dominantes. Ce discours, tel qu’il existe dans le débat politique, les articles d’information et d’opinion dans les journaux et revues, à la radio et à la télévision, dans les livres de classe et les publications académiques, est largement contrôlé par les intellectuels dominants.
Si ce discours était systématiquement et majoritairement anti- ou non-régionaliste, il y a fort à parier que le régionaliste, en Guinée, ne serait pas prévalent comme il l’est aujourd’hui. Les élites sont à beaucoup d’égards les gardiennes de l’ordre moral de la société ; ce sont elles qui donnent les bons ou les mauvais exemples de pratiques sociales.
Le régionaliste des intellectuels est en premier lieu discursif. Les hommes politiques, les journalistes, les universitaires, les juges, les cadres d’entreprises agissent principalement par le langage : ils parlent et ils écrivent. Et c’est par le biais de leurs discours, tout aussi variés que dominants, qu’ils expriment et reproduisent leurs opinions, leurs idéologies, leurs programmes et leurs décisions politiques.
Une déclaration d’une personnalité politique, un article d’opinion d’un grand reporter, un ouvrage écrit par un intellectuel célèbre, à l’image de Mr Monenembo, peuvent avoir plus d’impact négatif que des milliers de conversations tendancieuses dans la rue, le bus ou au café.
Finalement, il est temps que les élites guinéennes aient une doctrine officielle non régionaliste à la pratique quotidienne plus que fréquente de la discrimination liée à des idéologies régionalistes et ethnicistes.
Quand-elles sont exprimées et reproduites dans les discours des élites qui dominent la société, de la politique aux médias, et de l’enseignement à la recherche, ces diverses manifestations du régionaliste des élites affectent sérieusement le bien-être et les droits civiques des Guinéens et des Guinéennes.
Les Guinéennes et Guinéens doivent initier une voie majeure pour contrer le régionaliste des élites : que des intellectuels et des groupes, issus des minorités ethniques aussi bien que de la majorité, émettent des discours dissidents, anti-régionalistes, consistants et critiques. Le futur d’une Guinée pluriculturelle et pacifique dépend de l’existence de discours d’élites alternatives, et de la façon dont
ils parviendront à influencer les institutions.
C’est le lieu de demander à mes chers compatriotes, qui veulent mettre en péril les acquis de la Guinée, de laisser au moins le temps au vaillant peuple de la Guinée de pleurer ses morts et prendre soins à ses milliers de blessés du dernier événement.
C’est un scandale que certains compatriotes refusent les critiques au sujet des personnages peuhls. Ceci se confirme quand je constate, avec un cœur plein d’amertume, que les attaques violentes relatives à l’écrit de Mr Amara Kaba sont l’œuvre de :
- Mr Lamarana Petty Diallo (Mr Kaba, Seriez- vous patriote par rapport à qui ?)
- Mr Baldé Hamidou (Outrages A Monembophiles)
- Mr L .D de Genève (Pouvoir et tribus au pays du sanguinaire Sékou Touré)
- Mr Sadio Barry (mise en garde à Lansana Kouyaté).
Par Kaba Mamady Badra
Student of Geneva universityr
Pour www.nlsguinee.com