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    Guinée : Et maintenant ?

     samedi 31 mars 2007   

    Nos morts sont bel et bien morts, nos blessés, à l’hôpital, nos prisonniers en prison, nos veuves et nos orphelins, en pleurs. Nos assassins courent toujours, Lansana Conté reste au pouvoir et les fossoyeurs de notre économie, en totale liberté…

    Rien ne sera plus comme avant ? Voire !

    En janvier dernier, notre peuple, a manifesté un formidable élan de patriotisme et de démocratie; nos forces civiles et nos syndicalistes, une formidable capacité de mobilisation. Tout cela est admirable, proprement réconfortant mais les résultats sont maigres, maigres, maigres.

    Tout avait pourtant fort bien commencé. L’héroïsme de nos enfants allait donc nous sortir de 50 ans de fatalisme et de lâcheté, l’opiniâtreté de Rabiatou Diallo et de Ibrahima Fofana allait donc nous redonner le goût du rêve !

    Les premiers doutes sont arrivés après la triste journée du 22 janvier : notre lundi noir, notre Sabra et Chatila, notre Ouradour- sur-Glane, à nous ! Alors que le bon sens commandait d’arrêter dès le lendemain toute négociation, avant la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante, nos représentants ont continué les pourparlers comme si de rien n’était. Le régime en a profité pour enliser les négociations, les mener à son rythme et dans le sens de ses intérêts. Ce qui lui a brillamment réussi puisque qu’il a sauvé l’essentiel (c’est- à- dure sa tête) et qu’il a aujourd’hui (après avoir eu sérieusement chaud) toutes les possibilités d’une reprise en main rapide entière et définitive si ce n’est déjà fait.

    Ces Conté, Somparé, Boubacar Yacine, Solano, Gomez, Kamano sont des salopards finis mais reconnaissons- le, ce sont de sacrés politiciens qui ont admirablement réussi à sortir de ce terrible guêpier, aidés, il est vrai par les éternels fléaux qui rongent le corps déjà sérieusement décomposé de l’Afrique : les réseaux internationaux (officieux ou officiels), les maffias de toutes sortes et ce satanique syndicat de chefs d’Etat africain (mesquins, les uns, les autres mais toujours prêts à se regrouper pour briser les élans populaires).

    Certes, nous avons obtenu notre revendication principale : la nomination d’un chef de gouvernement. Les inquiétudes demeurent cependant ne serait-ce que sur les trois points suivants : le flou institutionnel de ce dernier, la formation de son équipe et son profil personnel :

    a) Le flou institutionnel

    Le temps qu’il a mis à nous présenter son équipe le prouve abondamment, notre premier ministre dépend comme ses prédécesseurs des décrets capricieux de Lansana Conté. On sait qu’il choisit lui- même ses ministres (en principe tout au moins) et qu’il nomme les hauts fonctionnaires civils. En revanche, on ne sait rien sur la durée de son mandat et si Conté a le droit ou non de le destituer. En plus, il n’a même pas eu droit à la petite faveur accordée à Konan Banny en RCI : le droit d’appliquer ses décisions si, en 15 jours, elles n’étaient pas avalisées par la présidence.

    b) La composition du gouvernement

    Inutile de se voiler la face, c’est un gouvernement ethniquement très marqué. Comme aux heures les plus noires du règne cannibale de Sékou Touré, le ministre peul le plus important arrive en sixième position. S’il s’agit là d’un message, il est vraiment fort de café et ma foi, plutôt bien avisé pour la circonstance.

    Oyé pour le patriotisme ! Anitché, Monsieur Kouyaté pour votre sens fort étendu di consensus national et de l’équilibre ethnique ! Rien de mieux, en effet, que de s’appuyer sur une ou deux ethnies pour faire avancer tout un pays : les faramineux résultas que nous avons obtenus depuis 1958 sont là pour en témoigner !

    C’est mesquin, me direz- vous, de parler de tribu surtout en ce moment ! Mais mesquin dans quel sens : mesquin de le dénoncer ou mesquin de le pratiquer sans vergogne ?

    Jusqu’à quand la Guinée continuera- t- elle à perpétuer les dangereuses dérives régionalistes et tribales, héritées de Sékou Touré ? Quand, mon dieu, la voiture Guinée apprendra- t- elle à rouler sur ses quatre roues ?

    Pourtant en Janvier dernier, ce ne sont ni des Peuls, ni des Soussous, ni des Malinkés, ni des Guerzés, ni des Tomas, ni des Kissis, ni des Bagas qui sont sortis dans les rues ; ce sont des Guinéens qui, d’un seul élan, ont exprimé leur ras- le- bol de se voir traiter comme des esclaves sur la terre de leurs ancêtres. Cela, Monsieur Kouyaté aurait dû en tenir compte. Car c’était l’occasion rêvée de rassembler enfin les Guinéens- tous les Guinéens, au- delà des origines et des sensibilités politiques- dans une véritable perspective de renouveau et de réconciliation. Apparemment, c’est raté, cette fois encore !

    Eh non, ce n’est pas difficile de rassembler les Guinéens !
    Au contraire, c’est aussi facile que de boire de l’eau quand on a soif. Car, et nous le dirons jamais assez, les Peuls, les malinkés, les Guerzés, les Tomas, les Kissis, les Nalous etc ont le même sang, la même histoire, les mêmes ancêtres.

    Une simple parole généreuse et intelligente venue d’en- haut suffirait largement à nous guérir des « je déclare la guerre aux Peuls » et autres honteux « Wo fatara » qui n’ont que trop commis de ravages dans nos foyers et dans nos cœurs. Hélas, mille millions de hélas… !

    Décidément, la faune politique guinéenne ne sera donc jamais inspirée !

    Notre premier ministre a- t- il conscience que le véritable drame national ne se trouve ni dans le paludisme ni dans la sous- alimentation ni dans le manque d’électricité ni dans l’inflation mais dans les mœurs insoutenables de notre très primitive civilisation politique. C’est l’archaïsme avec lequel depuis 1958, nos dirigeants pensent et vivent leur société qui est à la base de tous les malheurs de notre peuple.

    Encore une fois, la Guinée a tous les problèmes du monde sauf des problèmes économiques !

    c) Le profil personnel de notre chef de gouvernement

    Je ne connais, ni de près ni de loin, Lansana Kouyaté. Je ne peux en parler donc que sur la base des informations que donne la presse.

    Alors, questions ? Un homme qui a été diplomate de Sékou Touré, puis de Lansana Conté, puis Secrétaire exécutif de la CEDEAO, puis haut fonctionnaire de la Francophonie a- t- il suffisamment les mains libres pour rompre avec un passé aussi lourd que celui de la Guinée, et assurer aux Guinéens le changement tant attendu ? Un premier ministre qui est venu prendre ses fonctions dans l’avion de Gbagbo est- il suffisamment vertueux et nouveau pour personnifier les magnifiques idéaux exprimés dans nos rues en Janvier dernier ? Un chef de gouvernement plus gentil avec le tyran qu’avec les forces populaires qui l’ont nommé a- t- il la volonté réelle de changer les choses en profondeur ?

    Le doute est permis. En Afrique, à une exception sud- africaine près, les hommes politiques n’ont jamais su incarner la confiance que les peuples ont placée en eux, surtout, surtout, surtout en Guinée ! Nous savons par expérience, que ce n’est pas de ce côté- là qu’il faut placer notre espoir mais encore une fois du côté de tous ces braves Guinéens qui nous ont montré en Janvier dernier que quand un peuple arrive à sortir de sa torpeur, rien mais alors au monde ne peut lui résister.

    Où en sont aujourd’hui la vigilance syndicale et l’état d’alerte de la société civile ? C’est la seule question qui vaille la peine d’être posée.

    En attendant de voir les intentions réelles de notre nouveau gouvernement, nous devons tous nous dire que si jamais nos martyrs étaient morts pour rien alors ce ne seraient pas Lansana Conté et ses hordes de condoboyes qui les auraient tués mais le peuple de Guinée tout entier, sans aucune exception !

    Tierno Monénembo, Ecrivain guinéen
    SOURCE: www.guinea-forum.org
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