lundi 26 mars 2007
Le pays que j’ai vu, est un pays ruiné, sinistré, un peuple abusé par ses dirigeants et à bout de souffle, malgré ce sursaut de patriotisme et cette envie folle de changement, de progrès, de prospérité !
J’ai vu une terre fissurée, des forêts détruites, des rivières asséchées, un ciel triste, une lune fuyante, un soleil téméraire et brûlant, un peuple décidé.
J’ai vu une agriculture mourante, une urbanisation anarchique, des montagnes moins fières, une atmosphère d’enterrement, un artisanat moins entreprenant, une culture confuse, des valeurs sociales et culturelles brisées et délaissées, une culture politique violente et barbare, des hommes survivant dans une désespérance profonde !
Du kilomètre 36, le poumon percé et mauvaise vitrine, nous enfonçant vers l’intérieur du pays, j’ai l’impression de m’éloigner de l’enfer de ce qu’on appelle pompeusement notre capitale, Conakry la ville poussiéreuse, la ville rouge, celle du bruit incessant, la ville de l’insécurité, cette ville qui fomente toutes les intrigues et tous les mauvais coups qui ont fait sombrer notre pays dans ce abîme profond de misère et de désespoir.
Arrive brutalement le mont Gangan droit et géant, nous incitant à penser à la belle histoire et aux glorieuses pages inscrites dans le passé par nos vaillants ancêtres.
Ce beau paysage, nous fait croire un instant que nous ne sommes pas dans le même pays. Des chutes de la voile des mariés, aux chaînes de montagnes, des fruits et légumes, une lueur d’espoir nous anime un instant !
En nous enfonçant dans les contres forts du Foutah Djallon, j’eu la nette impression avec ce climat doux et rafraîchissant, que nous arrivions au paradis, tellement la chaleur de Conakry, l’air pollué, les immondes déchets vous font transpirer et suffoquer !
La destruction des édifices publics donne l’impression de traverser un pays après une guerre farouche et sauvage.
De kindia en passant par Mamou, de Mamou en passant par Dalaba, de Dalaba en passant par Pita, de Pita en passant par Labé, ce n’est que ruine, ruine et après ruine, encore ruine !
Le constat est amère, la pilule dure à avaler, mais c’est en faisant le bon diagnostic que nous trouverons les vraies réponses…
Avec un changement profond et radical, nous serons capables de remonter tous ces défis.
Notre peuple est prêt et mur pour ça. Un grand défi nous attend et une lourde responsabilité pour nos futurs dirigeants.
Personne n’a le droit de nous faire passer à côté de cette unique opportunité !
A bon entendeur…
Alfa Ousmane Diangolo BARI
Directeur de publication de Guinea-Forum
Contact mail : alfa_ousmane@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com