lundi 26 mars 2007
Il y a bientôt un mois que le peuple guinéen par le truchement des forces vives de la Nation a réussi à imposé au chef de l’État un Premier ministre dit de consensus, en l’occurrence Mr. Lansana Kouyaté. Le peuple guinéen attend toujours son nouveau gouvernement. Si au début il y avait une certaine compréhension étant donné que la mise sur pied d’un nouveau gouvernement qui remplisse toutes les conditions du protocole de janvier 07 pouvait prendre du temps, le désespoir, voire la colère commence à s’installer.
Bien sûr, même dans les pays rompus à la démocratie, la formation des gouvernements peut durer des semaines sinon des mois. Mais la Guinée se trouve dans une situation particulière qui nécessite une action urgente. Les Guinéens commencent à se demander si les sceptiques qui doutaient dès le début de la capacité du Général Conté à accepter un partage du pouvoir n’avaient pas raison. La lenteur avec laquelle le Premier ministre entreprend son œuvre est exaspérante, surtout eu égard aux problèmes urgents du pays : manque d’eau et d’électricité, manque de vivres, hyperinflation, infrastructures scolaires et universitaires délabrées etc.
Le peuple se demande avec raison quels marchandages, quelles tractations et autres intrigues se trament derrière lui, habillement cachés derrière les formules lénifiantes du fin diplomate Lansana Kouyaté alors que la patrie est au bord du gouffre, si elle n’est pas déjà dedans.
Le « Général-président » se livrerait t-il encore à ce jeu où il est passé maître, c'est-à-dire gagner du temps, reculer pour mieux sauter ?
Plus le temps passe, plus l’hypothèse d’un blocage au niveau du chef de l’État et de ses clans se renforce et plus le courroux des Guinéens contre leurs dirigeants augmente. Dans la capitale guinéenne les rumeurs courent et persistent que Lansana Conté chercherait à installer certains de ses fidèles à la tête de quelques départements ministériels.
Tant qu’il s’agit des ministères dits de « souveraineté » (intérieur, Affaires étrangères, défense) et surtout si les personnalités en question ne sont pas impliquées dans des malversations ou n’ont pas trempé dans le sang, il n’y a rien à objecter car ce serait conforme à la Loi Fondamentale et à l’esprit des accords de janvier-février.
Toute autre solution serait une violation de ces mêmes accords et par conséquent inacceptable. Il importe surtout d’éloigner le clan présidentiel du Trésor public car aucune politique de réforme économique et sociale n’est viable sans un assainissement des finances.
Un des problèmes fondamentaux de la classe politique guinéenne est l’opacité totale dans les consultations ou les prises de décision. Le mystère érigé en principe est la cause principale des rumeurs. Une politique d’information honnête de la population de la part des principaux protagonistes aurait suffi pour dissiper les inquiétudes ou réduire la pression populaire.
Si d’ici le 3 avril (23ème anniversaire de la prise du pouvoir par le Général Conté et donc date symbolique) le gouvernement de consensus tant attendu par les Guinéens n’est toujours pas prêt, les risques d’une nouvelle explosion sociale sont énormes car le peuple est à bout de patience avec ce régime.
Omar BAH, Vienne, Autriche
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