vendredi 23 mars 2007
Nous voilà enfin à l’aurore d’une nouvelle ère avec la décision du nouveau PM interdisant toute dépense sans son autorisation. Le PM Mr. Kouyaté vient à travers cette décision donner espoir au peuple de Guinée, en décimant autant qu’il peut la corruption.
Le peuple guinéen a particulièrement retenu dans cette décision du premier ministre Kouyaté, une détermination de lutter contre les tares de notre société et surtout la lutte contre la corruption dans la phase des réponses aux préoccupations du peuple au sujet du programme de son futur gouvernement.
Ce futur gouvernement qui tarde toujours à voir le jour nous amène à réitérer notre position à savoir :
LE PROBLÈME C’EST CONTÉ, LA SOLUTION SON DÉPART.
Et si Mr. Kouyaté dans ses consultations éternelles se plaise à jouer le jeu du pouvoir, en lui donnant le temps de la récupération, la rue le renvoyera là où il ne souhaiterait pas être.
Nous en avons assez de cette attente, et si Mr. Kouyaté est incapable de mettre sur pieds un gouvernement de consensus qu’il démissionne, dans ce cas le peuple saura s‘occuper de Conté et de sa clique…
Dans cette décision du nouveau PM, nous voyons une expression forte « tolérance zéro ». Celle-ci se veut un engagement à lutter contre l’anti-valeur suprême de la société guinéenne: nous avons cité la corruption.
Aujourd’hui en s’attaquant à la corruption source de notre assujettissement face à ce pouvoir dictatorial de Conté, le PM donne l’impression qu’il est résolu à aller jusqu’à la source de nos malheurs et se montre seul maître à bord. Mais nous en doutons beaucoup…
Nous saluons cette détermination quand même du PM tout en espérant qu’il ira jusqu’au bout de son combat contre ce fléau qui gangrène notre société. Mais le chemin qui y mène est plein d’embûches, il lui faudra de la persévérance, de la lucidité et surtout de la fermeté.
Malheureusement, le PM hérite d’un environnement politique, économique et social terriblement infecté par cette gangrène. En déclarant la guerre à la corruption et à ses pratiquants, il ouvre en fait un front de bataille contre la bourgeoisie politique guinéenne née à la faveur de la période de la prise du pouvoir par les militaires avec sa logique des Composantes et Entités investies du pouvoir de se partager le gâteau national pendant 23 ans.
Aura t-il les reins suffisamment solides pour empêcher de nouveau de nuire Conté et son clan et tous les rapaces qui se sont offerts plus de 23 années d’orgies à la tête des mannes financières du pays ?
Car, en observant le mutisme et la nouvelle restructuration architecturale politique nationale, nous craignons que ce ne soient les mêmes responsables ou presque qui auront toujours un droit de regard dans les affaires de notre pays, en changeant de fonctions ou de postes, comme des pions sur un échiquier.
Mr. Kouyaté a en effet affaire à de grands spécialistes de la confusion, de la magouille bref de la haute mafia, ce qui l‘empêche de nous sortir le gouvernement tant attendu mais, maintenant nous espérons le voir grâce à l‘arrivée de Babangida un autre dictateur reconverti avec son bâton de pèlerin.
De deux choses l’une ou Kouyaté nous ment, ou Conté continue à se foutre de nous.
Le peuple doit rester vigilant en combattant tous ces trafiquants et malfaiteurs impunis couverts par diverses immunités.
Le nouveau PM. Mr. Kouyaté serait bien inspiré s’il exigeait, dès le départ, des déclarations écrites et préalables des biens et avoirs de tous ceux qui sont appelés à assumer des charges publiques sous son mandat.
Les guinéens sont choqués de voir des individus arrivés à Conakry trottant à pieds et portant des habits délavés et sans domicile fixe il y a quelques années rouler aujourd’hui dans des 4X4 flambant neufs, prélasser dans des palaces insultantes pour la misère populaire, afficher des comptes en banques en termes de millions en devises étrangères.
Le régime de l’enrichissement sans cause devrait être brisé, en obligeant les nouveaux candidats à la gestion de la chose publique à fixer dès à présent l’opinion publique sur leurs richesses en argent, en propriétés foncières, immobilières et automobiles, devrait chercher à savoir qui possède quoi maintenant, de manière à permettre au public de suivre la traçabilité de son enrichissement.
Sans nul doute, Le premier ministre risque d’être la bête noire de tous ceux qui, sans en avoir qualité, pouvaient donner des ordres touchant aux matières relevant de la compétence d’un ministre voire du gouvernement puisqu’il est question de bonne gouvernance, le premier ministre devrait envoyer un signal fort envers les détourneurs des fonds et biens publics en les faisant sanctionner à la fois administrativement (révocations) et judiciairement.
Rien ne serait aussi significatif qu’un démarrage en trombe avec une bonne poignée de criminels économiques expédiés au PM3 ou dans les loges du tortionnaire Conté aux 32 escaliers au camp Alpha Yaya.
Le premier d’entre les ministres ne se ferait vraiment respecter que s’il faisait trembler ou châtier en même temps les pilleurs du patrimoine de la République et leurs parrains et marraines.
A l’inverse, la lutte contre l’impunité irait enrichir l’encyclopédie nationale des slogans sans lendemains, et l'enthousiasme se transformera en désespoir.
Par Mohamed "Joe" Sidibé, USA
Pour www.nlsguinee.com