jeudi 22 mars 2007
"L'âge de la retraite" constitue de nos jours l'un des
sujets les plus débattus tant chez les jeunes en quête
de leur premier emploi que chez les personnes âgées de
l'administration soucieuses de leur sort.
Les premiers (jeunes) attendent toujours de pouvoir
enfin jouir du fruit de toutes ces années passées
sur les bancs et de pouvoir améliorer ainsi leurs
conditions de vie. Ce qui est tout a fait naturel.
Les seconds (vieux ou vieilles) ont également leur
souci, celui de pouvoir vivre et faire vivre leur
famille après cette retraite. Ils sont animés de cette
peur de plus en plus croissante de pouvoir quitter
leur boulot et se retrouver sans revenu ni soutien des
services sociaux de l'Etat.
Combien parmi nous avons eu la possibilité d'observer
des employés avant et après la retraite ?
Combien parmi nous avons croisé
ces travailleurs retraités dans les bureaux à la
recherche de quoi faire bouillir la marmite ?
Ils se transforment en véritables mendiants faute de
structures efficaces leur permettant de bénéficier
d'un minimum vital (nourritures, logements, soins
médicaux,...) après toutes ces années au service de
leur patrie. Nous savons également que leur revenu
mensuel est insuffisant pour que durant ces années de
travail ils puissent économiser suffisamment pour
pouvoir supporter leur retraite. Il est évident que
ces travailleurs âgés aimeraient bien profiter de leur
retraite pour se reposer, mais hélas, comme le dit-on
il est impossible qu'un sac vide tienne débout.
Alors que faire ?
Nous pouvons assimiler l'administration à un véritable
système thermodynamique dont l'équilibre dépend sans
nulle doute de l'échange qu'il aura avec l'extérieur.
Cet échange n'est autre que l'entrée (embauche) et la
sortie (retraite). C'est à ces deux niveaux que nous
devons avoir une véritable régulation pour maintenir
l'équilibre indispensable au développement
socio-économique du pays. Beaucoup d'entrées et peu de
sorties ou peu d'entrées et beaucoup de sorties ne
seront que des facteurs déstabilisateurs du système.
Sans être désagréable aux yeux de certains, je pense
que repousser l'âge de la retraite entrainerait à
moyen ou long terme une véritable asphyxie de
l'administration car à un moment donné nous allons
nous retrouver avec un nombre pléthorique de
fonctionnaires aux innombrables conséquences: charges
élevées, freinage des embauches, inefficacité de
l'administration, vieillissement du personnel,
difficulté de maintenir un développement technologique
en harmonie avec la mondialisation, ... bref la liste
est longue.
A vu d'œil ce problème parait complexe, mais la
solution n'en est pas pour autant. En effet, il suffit
juste de mettre en place un système rassurant pour les
retraités. Il suffit de mettre en place une bonne
rémunération des retraités afin de rendre ce poste
attractif.
Certes, beaucoup de choses sont en place
mais ne fonctionnent pas correctement et un besoin
d'amélioration et de modernisation est imminent. Nous
sommes tous témoins des souffrances endurées par les
retraités pour entrer en possession de leurs dus qui,
dans la majorité des cas, ne leur tiennent que
quelques jours.
Pour finir, je voudrais que ceux qui défendent le
prolongement de l'âge de la retraite comprennent que
cet article n'a rien contre eux, c'est juste un
jugement de valeur. Au contraire, il leur est
profitable à eux même que l'âge de la retraite ne soit
pas revue à la hausse car les jeunes qui sont
aujourd'hui au chômage ou qui le seront demain ne sont
autres que leurs enfants, nièces, neveux, filles,
frères, ... et il est temps qu'ils comprennent et
surtout qu'ils acceptent le fait qu'un meilleur
fonctionnement de l'administration entrainerait sans
doute une meilleure retraite.
Abdoulaye BALDE
Depuis New York
Pour www.nlsguinee.com