mardi 20 mars 2007
Les États-Unis, entre autres, condamnent les violations de la liberté de la presse
Washington - Les États-Unis et d'autres membres de la communauté
internationale condamnent les actions menées contre des journalistes au
Bangladesh, dans la bande de Gaza et en Égypte, ainsi que le nombre
croissant d'actes violents perpétrés contre des femmes journalistes dans le
monde entier.
Lors d'une conférence de presse tenue le 12 mars, le porte-parole adjoint
du département d'État, M. Tom Casey, a déclaré : « Quand vous songez au
nombre de journalistes qui ont souffert, soit parce qu'ils ont été enlevés,
ont subit des violences physiques ou ont été tués dans des conflits, il est
clair que c'est une profession difficile dans laquelle les gens se mettent
souvent en danger. »
Il a ajouté que les États-Unis continuaient de s'inquiéter de la liberté de
la presse dans le monde. « Nous essayons d'intervenir dans plusieurs pays
pour soutenir la liberté de la presse. » Le département d'État, a-t-il
ajouté, se concentre également sur la liberté d'expression sur Internet,
notamment les cas de persécution de blogueurs en Chine et en Égypte.
Résolution de la Chambre sur un journaliste bangladais
Le 13 mars, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté, par un
vote de 409 voix contre une, une résolution exhortant le gouvernement du
Bangladesh à retirer les accusations de sédition portées contre un
journaliste bangladais. Dans sa résolution, la Chambre précise que les
charges retenues contre le journaliste Salah Uddin Shoaib Choudhury sont
passibles de la peine de mort.
Le parrain de la résolution, le député Mark Kirk de l'Illinois, a déclaré
que M. Choudhury était harcelé par le gouvernement bangladais parce qu'il
avait prôné la tolérance religieuse. Lors d'une allocution prononcée à la
Chambre le 13 janvier dernier, M. Kirk avait affirmé que M. Choudhury avait
été victime de plusieurs attaques, notamment un attentat contre les bureaux
de son journal le 6 juillet 2006. La résolution parrainée par M. Kirk
exhorte le gouvernement bangladais à « cesser de harceler » M. Choudhury, à
« prendre des mesures » pour le protéger, et à « demander des comptes à
ceux qui ont perpétré des attaques contre lui ».
En 2005, M. Choudhury avait remporté le prix du courage dans le journalisme
que décerne PEN USA, une organisation non gouvernementale qui ouvre à la
défense de la liberté d'expression et lutte contre la censure dans le monde
entier.
M. Kirk a affirmé que l'intervention du département d'État avait contribué
à la libération sous caution de M. Choudhury en avril 2005, après une
incarcération de 17 mois.
Evoquant un autre cas, le porte-parole du département d'État, Sean
McCormack, a déclaré, le 15 mars, que les États-Unis étaient « déçus » par
la décision d'une cour d'appel égyptienne de confirmer la peine de quatre
ans de prison prononcée contre un blogueur qui avait exprimé ses vues sur
le gouvernement égyptien.
La condamnation d'Abdel Karim Soliman, en février dernier, a été « un recul
pour les droits de l'homme en Égypte. La liberté d'expression est
indispensable à toute société démocratique et prospère (...) et cela vaut
pour tout le monde. »
Reporters sans frontières
Le 12 mars, Reporters sans frontières, une organisation dont le siège est à
Paris (France), a réclamé la libération immédiate du journaliste
britannique Alan Johnston, correspondant de la BBC, qui a été enlevé par
des hommes armés à Gaza. C'est le deuxième journaliste enlevé à Gaza depuis
le début de l'année 2007.
Reporters sans frontières précise que 14 journalistes étrangers ont été
enlevés à Gaza depuis 2005. La plupart d'entre eux ont été libérés
rapidement et n'ont pas été maltraités.
Le 6 mars, Reporters sans frontières a également publié un communiqué sur
l'augmentation de la violence contre les femmes journalistes dans le monde.
« De plus en plus de femmes journalistes sont victimes de meurtres,
d'arrestations, de menaces et d'intimidations. Cela s'explique par le
nombre croissant de femmes exerçant cette profession et faisant du
journalisme d'enquête dont les conclusions embarrassent souvent certaines
personnalités. »
Reporters sans frontières affirme par ailleurs que neuf (soit 11 %) des 82
journalistes tués à cause de leur travail dans le monde en 2006 étaient des
femmes. En 2004, seulement 2,5 % des 53 journalistes tués étaient des
femmes. De plus, plusieurs femmes sont actuellement en prison parce
qu'elles sont journalistes.
Par Eric Green
Rédacteur de l'USINFO
Pour www.nlsguinee.com