dimanche 18 mars 2007
Les premières mesures annoncées (l’austérité budgétaire et la réduction des portefeuilles ministériels) par le premier ministre Lansana Kouyaté sont salutaires, mais elles ne sont que deux mesures parmi des centaines qui s’imposent.
La Guinée, après avoir été un pays en constant état de crise pendant ces dernières années, a besoin de plusieurs reformes dans sa gestion politique, économique et sociale. Ces réformes doivent partir de la modification de la constitution (modification dans l’intérêt supérieur de la nation et non le tripatouillage habituel) aux réformes économiques et sociales nécessaires à tout développement équitable et durable.
Dès lors, des mesures phares doivent êtres prises par Lansana Kouyaté et son futur gouvernement pour engager des reformes profondes permettant aux guinéens quelques soient leur rang social de bénéficier des richesses du pays. Cependant notre pays étant l’un des plus pauvres de la planète, il faut utiliser des canaux de transmission adaptés et surtout accessibles à tous pour une réduction progressive et significative de la pauvreté.
A cet effet, le développement du micro crédit par le biais de la micro finance serait entre autres un moyen sure et adapté à une population majoritairement pauvre, pour permettre aux plus pauvres de bénéficier et participer au développement socio – économique du pays.
Certes, des efforts ont été déployés dans ce domaine, mais le résultat est encore trop insuffisant à cause de la non participation effective de l’Etat dans ce processus comme dans tous les autres d’ailleurs. Dès lors, l’Etat doit développer des politiques sectorielles avec les organismes de micro finance pour un meilleur accompagnement de ces derniers et pour permettre aux citoyens des coins les plus enclavés du pays de bénéficier de microcrédits afin de mettre en œuvre ou développer leurs activités qui sont notamment, l’élevage, l’agriculture, la pêche, les petits commerces…
L’Etat doit aider à la formation d’associations professionnelles, à définir un cadre réglementaire et jurisprudentiel pour les acteurs de ce secteur, d’autant plus le développement du micro crédit aura beaucoup d’avantages pour le pays notamment la possibilité de l’élargissement de l’assiette fiscale par la récupération d’une partie de l’informel, permettre aux populations les plus pauvres de réduire leurs pauvretés par des activités productrices de revenus, développer les très petites entreprises, permettre aux femme qui ont souvent de bonnes initiatives de réaliser leurs projets.
L’Afrique étant quasiment exclue de l’économie mondiale à cause de l’absence des industries, des infrastructures, de la non diversification des exportations, de la mauvaise gestion, il faut impérativement trouver des moyens adaptés à nos économies très fragiles.
C’est pourquoi l’Afrique en général et la Guinée en particulier sont dans une obligation de reformes profondes si nous voulons résister aux mutations économiques internationales. Sachant que nos ressources proviennent essentiellement des exportations en matières premières et des recettes fiscales, il faut encourager entre autres les investissements dans les secteurs miniers, la création d’entreprises et l’ouverture aux économies émergentes pour créer des emplois, accroître nos échanges commerciaux et par là augmenter les recettes.
Ensuite, il faut œuvrer pour l’indépendance de la Banque Centrale pour mieux gérer l’inflation et promouvoir les investissements. Permettre au gouverneur de la BCRG, d’avoir un mandat (5, 6 ou 7 ans), pendant lequel on ne peut pas le destituer parce qu’il a refusé de financer les déficits de l’Etat, les voyages du chef de l’Etat, ou encore parce qu’il appartient à un parti politique de l’opposition.
Sans cette indépendance, l’Etat sera toujours tenté de financer ses détournements fiscaux par la BCRG et, en cas d’opposition de cette institution un décret signé depuis Wawa l’enlèvera de son poste aussitôt.
Cependant nous ne pouvons réaliser de telles reformes économiques et financières que si des reformes politiques profondes (réduction des pouvoirs du chef de l’Etat) sont effectuées au préalable. En tous les cas, les richesses de la Guinée appartiennent souverainement et légitimement au peuple guinéen et, si ce dernier estime que l’utilisation actuelle de ses richesses n’est pas optimale, donc pas favorable à son bien être ; les gouvernants doivent obligatoirement examiner les plaintes du peuple afin d’apporter des mesures correctrices avec la plus grande célérité.
Dans le cas contraire, toute réaction du peuple devient légitime, juste et justifiée parce que ce ne serait que la réponse à une provocation des usurpateurs qui ont entraîné notre chère Guinée dans la misère totale pour des intérêts égoïstes au dépend d’un peuple de plus en plus appauvris.
Les guinéens veulent d’une Guinée construite avec tous ses enfants et pour tous ses enfants et refusent la misère et l’exploitation de la misère.
Vivement la bonne gestion, les reformes fécondes !
Mamadou Chérif LY
Contact : lycherif80@hotmail.com
Membre de l'Equipe d’Analyse et de Réflexion « Neoleadership »
Pour www.nlsguinee.com