mercredi 14 mars 2007
La situation désastreuse qui a prévalu en Guinée nécessitait effectivement une solution collective immédiate. Objectivement parlant, tous les Guinéens sont fiers de l'engagement patriotique et de la détermination des syndicalistes à pousser le combat jusqu'ici. Ils ont réussi à réunir toutes les couches sociales de notre pays autour d'une cause nationale et le combat a été objectivement mené.
Les souffrances des populations Guinéennes avaient atteint un niveau critique. Un soulèvement populaire était prévisible avant la fin de l'an 2006. Heureusement, les syndicats guinéens ont eu la bonne initiative de choisir le 10 janvier 2007 afin de permetre à tout le monde de passer les fêtes de fin d'année et de tabaski dans une situation de misère et de pauvreté excessive; mais préférable à un affrontement comme celui que nous avons vécu à partir du 10 janvier dernier. Je salue aussi bien l'initiative de grève que le choix porté sur la date.
C'était le bon moment pour le président de la République de précipiter les bonnes initiatives en saisissant dialogue et concertation comme bâton de commandement. Malheureusement, cela n’a pas été le cas.
On pourrait bien éviter cette situation si le président de la République avait accepté de choisir un nouveau premier ministre de consensus national après la première grande mobilisation pendant laquelle il y a eu plusieurs morts. Des tuéries qui ont suscité de grandes contestations à travers le monde entier!
Dans tout cela, malgré la série des tuéries, la population s’est réunie et a décidé d’agir avec beaucoup de détermination pour éclairer l’opinion nationale et internationale sur la situation et déclarer ainsi le départ du Président conté s'il n'a pas voulu porter son choix sur une personne à la couleur des problèmes présents. Je n'ai jamais imaginé de ma vie que le guinéen serait capable d'affronter à mains vides les forces de l'ordre nationales armées et embrasser la mort.
Si cela s'est produit dans notre pays aujourd'hui, il faut reconnaître qu'il existe de sérieux problèmes au fond et que le gouvernement devrait se réunir d'urgence avec le président à la tête pour se soumettre à la volonté du peuple guinéen au lieu de déclarer l’état de siège. Cela était réalisable!
Toute chance d'arrangement moral et social n'avait pas encore disparu. Il faut éviter le chaos en Guinée. Nous étions dans un contexte proche de consensus national et qu’il était de la plus grande importance de le préserver. Le président de la République devrait revenir très tôt à la logique de concertation, de respect des engagements pris et de respect de l’opinion publique au sens large du terme.
Dans l'histoire de la démocratie des nations, la volonté du pouvoir ne peut pas être unique, il faut qu’elle soit en harmonie avec celle du peuple pour pouvoir produire son plein effet; et cette relation n'est pas reversible!
Voilà combien de fois la volonté ardente du peuple est importante et considérable... là je me repère au film de l’acteur américain, Denzel Washington dont le titre est “man of fire” qui signifie: l’homme de feu. Je me suis toujours exercé à comprendre la complexité de ce groupe de mot, lorsqu’il est renversé! C’est à dire: le titre “fire of man” qui signifie: feu de l’homme. Pour réaliser les ambitions de ma réflexion sur cette question, j’ai fait des analyses approfondies et des comparaisons diverses qui ont abouti au résultat suivant: “man of fire” est doté d’un pouvoir inouï, difficilement accessible, qui échappe à notre connaissance humaine et parfois à notre esprit scientique. Donc il est plus rigide et plus fort que “fire of man”.
C’est comme cela que je conçois la relation entre pouvoir et peuple !
Une seule main ne peut jamais applaudir. Il fallait tenir compte de la demande et des révendications du peuple, présentées par les syndicalistes pour éviter ce qui est arrivé à notre pays aujourd’hui. Nous déplorons toutes et tous la mort de nos frères et soeurs qui sont tombés sous les balles. Ils sont morts pour l’amour de notre patrie. Paix à leur âme. Amen!
Les images des corps vues sur plusieurs autres sites internet qui donnent analyses et informations sur notre pays, sont irregardables et provoquent un effet de rejet, un choc. Il faut donc que le président de la République tire les conséquences de ses échecs. La déception est immense.
Nous sommes en phase de l'échec du fameux référendum qui consista à modifier la Constitution pour la récevabilité indéterminée de la candidature du président aux élections organisées. Il faut le dire, on ne peut pas se cacher derrière les doigts. Ce sont les conséquences qui se dévoilent !!!
Le président serait parti tranquillement avec tous les honneurs du monde et ce qui se passe aujourd’hui ne serait pas arrivé. Je suis content que tout cela se comprenne aujourd’hui pour éviter d’autres erreurs de mêmes natures dans le future.
Il faudrait aussi reconnaître que, casser des maisons déjà construites par des dignitaires du régime n'était pas si nécessaire. Ce sont des biens matériels qui font partie de notre patrimoine national. L'appareil d'État est fort et puissant s'il est fondé sur des bases légitimes et démocratiques que nous souhaitons vivement après le départ du président Conté!
Suite à un changement de régime, le nouveau gouvernement qui sera élu avec la convenance du peuple pourrait faire recours aux instruments de l'État pour réquisitionner les biens mal acquis si ceci s'avérerait nécessaire. Cela est une solution possible parmi tant d'autres.
Sur cette question, je souhaiterais que tout le monde accepte cette nécessité d'épargner les constructions dans les manifestations populaires.
Le peuple demeure le plus fort! il a demandé la nomination d’un premier Ministre de consensus au pouvoir élargi, sinon le départ du Président Conté. Et nous venons d’obtenir la nomination du nouveau PM dans les épreuves héroïques qu’a montrées le peuple de Guinée aux yeux du monde entier.
Après la nomination d’un premier ministre de consensus, tous les guinéens ont les yeux tournés vers lui dans sa nouvelle mission. Il convient de lui souhaiter bonne chance et féliciter toutes les parties qui ont participé à ce mouvement.
Je pense d’abord aux syndicalistes. Ils ont été les pionniers de la réussite de la grève. Ils ont encadré la grève et transmis le message de tous les guinéens. Ils ont joué un important rôle. Il faut leur rendre cet hommage. Les familles ont perdu leurs enfants dans ce combat. Ils sont les héros du changement.
Le rôle des médias notamment des sites Internet est à saluer . Leurs analyses sont allées dans la même direction. Les Guinéens de l’intérieur et de l’extérieur ont été sur la même longueur d’ondes. Arrivée à cette phase, il est temps pour nous tous d’éviter l’exclusion et nous réunir autour de l’essentiel.
Les jeunes gens ont sacrifié leur vie, tout leur être pour donner un sens légitime à ce combat. C’est donc au prix d’un grand sacrifice inattendu de notre époque que le premier Ministre est nommé. Le peuple de Guinée attend de ce grand diplomate, un grand changement dans plusieurs domaines dont les plus attendus à court et à moyen termes ont été cités par les syndicats et la société civile. Pour effectuer la sélection de son équipe gouvernementale, il est guidé par plusieurs impératifs objectifs destinés à favoriser le bon fonctionnement de la gestion de nos ressources financières et humaines.
En tout cas, en cernant le parcours et les multiples facettes de sa personnalité, on se donne confiance que l’homme pourra, avec l’aide de toutes les parties qu’il indexe, réussir sa mission qui est effectivement difficile, mais pas impossible.
Les jours suivant sa nomination, j’ai été content d’entendre le nouveau Premier Ministre dire que la Guinée a vraiment besoin de changement. Et pour mettre en application cette proposition qui s’aligne désormais sur les premières pages historiques de son agenda politique, il vient de faire une sortie musclée en signant la note d’instructions sur les dépenses de l’État.
Avec ce symbol de responsabilité et de rigueur, Monsieur Kouyaté devrait apporter des contributions significatives concernant la production des entréprises étatiques et la lutte contre la corruption pour reveiller et faire décoller notre économie qui s’immobilise dans un sommeil profond.
Même s’il est très tôt de dire que cette désicion du PM est une mesure qui nous offre la garantie de la lutte contre la corruption et l’impunité ; mais c’est un bon indice, un acte à saluer, à encourager, à féliciter...
Que Dieu soit avec le PM et son équipe, dans la gestion des affaires publiques de notre Pays. Nous lui souhaitons plein succès dans sa nouvelle mission. Cela est un grand tableau auquel le peuple de Guinée affiche toute son ambition.
Bravo les syndicalistes, vive le peuple de Guinée.
Mamoudou Kouyaté, depuis New York
Email: kouyatasse@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com