Guinée : Garafiri ou le rêve brisé d’un Général
02 septembre 2005
Jadis, à la place de New York, il y avait certainement une forêt très dense. Ses habitants, (comme partout aux Etats-Unis) avaient d’abord conçu la belle Cité dans leurs têtes avant de faire pousser ces imposants gratte-ciel que nous voyons aujourd’hui au bord du Hudson River.
Certes, nous n’avons jamais demandé au gouvernement du Général Président Lansana Conté de nous construire une centrale nucléaire pour des fins pacifiques à Garafiri. Une telle requête aurait été d’autant plus irrationnel qu’inacceptable en tout point de vue. Mais un tout petit barrage nous permettant juste d’avoir un peu de courant. Trop de courant, c’est peut être pour le lancement des fusés alors que notre « Air Guinée » n’erre même plus.
Honnêtement, nous ne cherchons nullement à nuire au « programme de développement » de notre « Sènè Samo ». Programme qui nous mène tout droit sur la voie du sous-développement avec des cadres corrompus et spécialisés du baratin. Et surtout, très allergiques à toutes formes de démocratie et de respect des droits de l’homme. Vingt et un ans suffisent pour nous le confirmer. Le Général à tout fait. Tout pour nous sortir de l’ornière. Mais il ne peut pas. C’est pas sa faute. En partie, c’est la nôtre. Puisque nous voulons qu’il soit avec nous « kudai » car, le guinéen n’est pas habitué au bonheur.
Il semblerait que lorsque le leader du Rpg (Rassemblement du Peuple de Guinée), Alpha Condé, avait « chuchoté » haut et fort qu’on ne pouvait pas construire un barrage viable sur Garafiri en quémandant l’aumône même aux pauvres, beaucoup ne l’ont pas cru à l’époque. Mais le Général Conté rêvait déjà à ce grand barrage qui crachait de l’électricité « kudai ». Parallèlement à ce rêve, d’autres faisaient leur calcul.
Aujourd’hui, la réalité en est tout autre. Nous savons maintenant que ce projet mal exécuté est aussi irrationnel que la suggestion récemment du Professeur sur le transfert de la Capital à Kindia ou quelque part à l’intérieur du pays. Irrationnel dis-je compte tenu du fait qu’il y a des problèmes plus sérieux à résoudre.
Il est plus facile d’expliquer et de comprendre pourquoi nous n’avons ni astronautes ni physiciens nucléaires. Mais il est difficile de comprendre cette pénurie d’eau et ces coupures intempestives d’électricité au pays dit « Château d’eau de l’Afrique Occidentale » alors que nos braves voisins des pays sahéliens tels que le Sénégal, le Mali ou le Burkina Faso sont bel et bien en avance sur nous dans la résolution de ce genre problème.
La corruption et la mauvaise gouvernance aidant, la crise de l’eau et l’électricité est non seulement une affliction de la Nation qui s’ajoute à beaucoup d’autres, mais aussi Garafiri, le rêve brisé d’un Général nommé Lansana Conté.
M. Amadou S. Diallo
amadusd@yahoo.com
Publication très prochaine à Londres puis Paris :
« Tête d’éléphant, queue d’âne », un satire politique de deux Républiques
|