dimanche 11 mars 2007
Derrière toutes les qualités présumées du premier ministre Lansana Kouyaté, apparaît un doute, certes, issus de rumeurs quelques fois objectives. Mais derrière ce doute aussi se trouve une question très importante pour les guinéens et tous les observateurs de la politique guinéenne.
Pourquoi Lansana Kouyaté supposé être « une mariée, trop belle », n’arrive pas encore à former son gouvernement ?
Les réponses divergent d’un observateur à un autre, la réalité camouflée et place aux commentaires, les miens vont dans le sens d’un blocage, entre la présidence et la primature, et ce blocage peut se situer à deux niveaux.
Premier niveau :
Conté tiens encore à conserver les ministères stratégiques pour laisser une coquille vide à son premier ministre, afin de continuer à dilapider nos ressources et se maintenir à vie. Cette éventualité est la plus probable d’ailleurs, en connaissant Conté et toute la rage qu’il a de laminer la Guinée et les guinéens surtout après être humilié. C’est pourquoi ce retard peut s’expliquer par la recherche d’un compromis gagnant-gagnant pour les deux hommes dans le dos des guinéens.
Cependant le problème subsisterait dans le fait que Kouyaté, souhaiterait que les hommes que Conté va placer soit des hommes « tout neuf », c'est-à-dire qui n’ont pas été exposé au public encore moins être soupçonné d’une malversation financière quelconque, mais Conté étant obnubilé par certaines personnes qu’il tient à tout prix ressusciter se cramponne sur sa position comme il sait le faire. Le premier qui cherche lui aussi à éviter à tout prix une révolution matinale contre lui, attends et fait attendre le peuple en attendant de trouver une issue favorable.
D’où une remarque à mon avis, pertinente qui aurait pu être soulevée par les syndicats pendant leurs négociations, parce que face à un dictateur, un lion diminué il ne faut pas laisser de porte de sortie, il fallait proposer que les quatre nominés soient tous des ministres, soit un premier ministre et les trois autres s’occupent des ministères d’Etat ou ministères stratégiques du pays, cela aurait pu éviter ce second plan à Conté.
Avec ces quatre messieurs (Béavogui, Diallo, Komara et Kouyaté) élus du peuple dans un gouvernement, la Guinée aurait eu un vrai gouvernement de consensus, qui pourrait construire et mener le pays vers des élections libres et indépendantes. Mais la situation telle qu’elle se trouve actuellement laisse encore la place aux deux Lansana pour faire de mauvaises prestations.
Il serait très judicieux que les syndicats apportent une telle proposition au premier ministre, pour lui faire comprendre que lui il a bénéficié certes, de l’appui de la CEDEAO et de Gbagbo mais que la Guinée a besoin des compétences des trois autres aussi.
Si réellement nous voulons d’un gouvernement qui peut nous conduire vers une sortie de crise et une démocratie, il ne faut pas laisser de levier à Conté, il faut lui brouiller toutes les pistes, lui trouver des occupations en attendant que les politiciens eux aussi se préparent pour les élections législatives de juin qu’ils doivent nécessairement remporter. Et le doute que nous avons sur la personnalité peu catholique de Monsieur Kouyaté pourrait s’estomper, à cet effet.
Parce que désormais entourer de trois autres personnes élues du peuple ou imposées par le peuple, il sera plus vigilent et même contraint à travailler, à bien travailler. C’est d’ailleurs ce qui me conduit au second niveau du blocage.
Second niveau :
Les doutes sur la personnalité de Monsieur Kouyaté, sont réels, c’est un opportuniste de première classe qui cherche à se tailler une place au soleil et veut partager le gâteau amaigri par conté et les siens, fait semblant d’être en consultation avec inconstitutionnel et politiques pour former son gouvernement alors qu’il a déjà distribué les places les plus importantes à des fidèles pour faciliter le partage du gâteau.
Dans ce cas, il joue la montre et tiens les promesses les plus fallacieuses de fidélité à son président. Conté le rancunier étant un démons de la démocratie sait parfaitement à qui il a affaire, il s’était renseigné sur son futur PM notamment auprès de Gbagbo et autres, donc il sait que c’est le profil de quelqu’un qu’il pourra influencer facilement et lui vider tout le contenu du consensus pour se venger contre le peuple.
Pour un premier temps il va mettre le premier ministre à l’aise, lui donner l’accès facile à tout, avant de commencer à le contrecarrer, à lui proposer des remaniements ministériels et lui retirer tous les pouvoirs avant de le jeter dans sa poubelle. Ainsi syndicats et peuple seront devant des faits accomplis.
Et il faudra encore recommencer tout le travail qui a été effectué entre le 10 janvier et 27 février pour demander le départ de Conté. C’est pourquoi l’absence des politiques aux négociations qui étaient plus politiques que sociales peut nous conduire à une autre crise à court terme, parce que le schéma actuel des choses, les consultations infinies du premier ministre surtout auprès des acolytes de Conté laisse augurer un blocage entre les deux Lansana.
Dès lors, la vigilance des syndicats et société civile en association avec les politiques doit être de rigueur, car à beau laisser traîner ces errements politiques ou protocolaires du PM, on se retrouvera dans une situation bien pire. Si le peuple a réussi à obtenir cette mini solution, ce qu’il peut bien obtenir une meilleure solution, donc il ne faut pas se précipiter à prendre une solution intermédiaire, et surtout ne pas confondre les objectifs.
L’objectif principal c’est la bonne gouvernance, tout le reste passe par là, donc il faut continuer le combat jusqu’à l’obtention de ce que nous voulons. Le combat c’est entre autres les écrits, les pressions médiatiques, la rue…
Un peuple qui ne lutte pas avec conviction pour sa liberté, ne peut pas mériter cette liberté et nos gouvernants savent cela et profitent de cette situation et du fatalisme pour nous endormir pendant qu’eux, ils nous ruinent, ruinent nos enfants, nos petits enfants au profit des siens.
Cette première unanimité qui a animée le peuple de Guinée pour un changement profond ne devrait pas s’arrêter, encore moins se solder par la nomination d’un premier ministre, qui n’aura aucun effet à long terme.
Et encore quel premier ministre ? Ami et fidèle de dictateurs, ne dit on pas que ce sont « les oiseaux de même espèce qui volent ensemble ». Pour que le PM actuel puisse faire bouger les choses, il faut impérativement l’associer aux trois aux autres nominés pour au moins avoir un « effet ciseau » dans le gouvernement, sinon nous partons tout droit vers le mur encore. Plus on attend, plus Conté et Kouyaté gagnent en stratégie et donc en confiance. Les pressions doivent être incessantes et objectives pour que les choses changent.
Plus que jamais le peuple mature et martyrisé de Guinée ne doit attendre en spectateur, il devient acteur de son changement parce que c’est un changement voulu et bénéfique et parce que sans ce changement, la Guinée meurt de ses prédateurs, fossoyeurs, moribonds de dirigeants qui trustent tous les postes ministériels.
De vrais démoncratiques ou démons de la démocratie. Que Kouyaté ravisse la vedette à Conté ou pas, le plus important c’est le bonheur du peuple et, la situation actuelle des choses prouve que le chemin vers le redressement tant espéré semble être plus tourmenté que prévu.
D’où viendrait ce tourment ?
La dictature est une folie de grandeur qui ne se soigne que par une série d’actions et non par le dialogue, c’est pourquoi les pacificateurs ont souvent échoué devant les dictateurs, j’espère que le peuple de Guinée a intégré une fois pour toute le remède à son mal.
Vive la GUINEE qui retrouve ses filles et fils qui l’aiment et qui feront d’elle une éternelle championne !
Mamadou Chérif LY
Contact : lycherif80@hotmail.com
Membre de l'Equipe d’Analyse et de Réflexion « Neoleadership »
Pour www.nlsguinee.com