jeudi 08 mars 2007
Les Guinéens doivent se rappeler du 3-Avril 1984. Jadis, le Colonel Lansana Conte, jusque là membre du Comité Révolutionnaire du régime sanguinaire de Sékou Touré, jaillissait des profondeurs de l’obscurité politique pour devenir, le numéro un du CMRN.
Il inaugura son règne dans le sang en éliminant physiquement les anciens dignitaires du régime défunt sans aucun jugement. Pourtant, c’est la justice du pays qui devra juger les anciens dignitaires et appliquer la loi qui s’imposait.
En effet, seule la justice du pays devrait avoir le pouvoir de prononcer toute peine y compris la peine de mort, une peine que les Guinéens devrait songer à sortir de façon définitive et irrévocable de leur arsenal juridique national car quelque soit la faute commise, « la vie humaine est un don de Dieu et seul lui est habilitée a le reprendre ». La peine de mort est l’arme barbarian des hommes faibles en perte de croyance et de sainteté.
Une année après, c’est le fameux complot Diarra Traoré qui sera l’ultime phase du nettoyage de l’armée, geste par lequel, Lansana Conte se débarrassera de ses vrais, potentiel et virtuels adversaires pour consolider son pouvoir tyrannique.
Avant son éclipse de la vie des Guinéens ou avant de mourir, Lansana Conte continue à réclamer aussi le sang d’innocents civils guinéens. Au cours de sa descente aux enfers, il veillera à ce que soit versé le sang de jeunes garçons et filles, d’enfants, de femmes, de vieillards, d’innocents guinéens dont la seule faute commise demeure la revendication pour la bonne gestion des ressources du pays.
À plus de 70 ans, aux lèvres de sa tombe, Lansana Conte demeure tellement irresponsable et inconscient, qu’il se voit être le « Dieu » des Guinéens dont il possède le droit de vie et de mort. Il massacre les Guinéens sous une fausse prétendue nécessité d'assurer l'ordre public.
Aujourd’hui, le Général Lansana Conte, avec sa toute puissante milice, cette armée non républicaine au service d’un homme, d’une famille, une armée de pilleurs et tueurs, un groupuscule d'assassins, d'intimidateurs du peuple, est devenu l’ennemi numéro un du pays.
Lansana Conte est devenu maniaque, schizophrénique et sadique, croyant être l’homme au dessus des hommes. En 23 années de règne tyrannique, il a assassiné, il a appauvri la population, épargné et enrichi ceux qui lui obéissaient au doigt et à l'oeil. Lui et ses acolytes ont mené un grand train pendant que le reste peuple de Guinée continue à croupir dans la plus sombre misère de l'histoire de du pays.
Lansana Conte considère et traite la Guinée comme son bien personnel au lieu de reconnaître et agir sur le fait que la Guinée est un don de Dieu à tous les Guinéens et que cette génération ne doit pas considérer le pays comme un héritage de la part des générations précédentes mais plutôt comme un joyau précieux, emprunté aux futures générations.
La question qui se pose demeure la suivante : Quelle Guinée, la génération actuelle va laisser à la génération suivante ?
Le peuple de Guinée a un besoin urgent de démocratie, de justice, de liberté d’expression et de bonne gouvernance. Ce besoin est encore pressant aujourd'hui plus qu'hier. Quiconque méprisera ou va ignorer ce besoin populaire ne dormira pas tranquille. Ce besoin éjectera encore et toujours tout dirigeant politique qui nagerait à contre courant des vents et vagues du processus de changement pour lequel plus de 200 personnes ont perdu leurs précieuses vies et plus de 2000 blessés. Le Général Lansana Conte, au crépuscule de son règne, se croit encore être le sauveur de la Guinée. Il ne voit pas venir son déclin, sa chute qui sera plus dure qu’il ne le pense.
Malgré cette apparence de soutien au Général Lansana Conte ou de souci international sur la stabilité en Guinée et dans la sous région, il ne jouit d’aucune considération. Au crépuscule de sa vie, le Général Lansana Conte est désespérément seul car, un régime soutenu, c'est celui qui bénéficie de l'appui du peuple, et sa mort ne sera qu'un événement individuel et privé plutôt qu'un événement politique.
Quelle que soit la durée de la dictature, la fin finit toujours par venir, tragique et humiliante.
Comme tous les dictateurs, Lansana Conte terminera sa vie le dénuement le plus absurde, abandonné de tous, ignoré de ses pairs, vomi par ses compatriotes. Il s’effacera dans la plus grande indifférence du peuple de Guinée.
Sa déchéance est précédée d'une graduelle mais irréversible dégradation impitoyable de sa santé. C’est « Dieu » le tout-puissant qui lui fait payer une partie des péchés de son pouvoir tyrannique et de son arrogance. Il s’est cru être « l'homme au dessus des hommes ».
Même s’il faut tuer tous les Guinéens, il ne faut plus jamais permettre le système de Conte « Contésté » de tuer le bas peuple à petit feu par les effets corollaires mais néfastes de la corruption, de la mauvaise gouvernance, les mensonges, etc. Il ne faut plus permettre à aucun homme et à aucun groupe de personnes quels qu'ils soient de conduire le peuple de Guinée sur la même voie que celle du régime de Lansana Conte : discours mensongers, non respect des promesses et calendriers politiques, menaces du peuple, assassinat politique, monopartisme, Parti-Etat, pillage des richesses.
La Guinée est un bien de tous les citoyens du pays qui doivent se retrouver ensemble pour discuter de l’avenir du pays notamment la jeunesse, qui, malheureusement a été rejetée par les 23 années de régime sanguinaire de Lansana Conte.
En 23 années de pouvoir dictatorial, la jeunesse guinéenne a été paupérisée à outrance sur le plan culturel et économique, lui (la jeunesse) donnant pas de chance de constituer demain un levain pour le développement. Mais les choses commencent à changer. La jeunesse commence à comprendre que son avenir est entre ses mains et non entre cette racaille d’ordures de « politichiens » à la tête du pays.
Aujourd’hui, aspirant à une véritable renaissance, la jeunesse guinéenne désire tout d'abord que ceux qui la dirigent soient honnêtes, intellectuellement et dans les actes. Les jeunes souhaitent une démocratie vraie, réelle et libérale fondée sur le respect de la personne où les droits de l'homme puissent être plus largement appliqués, ceci afin de favoriser l'épanouissement de chacun selon ses efforts et ses mérites. Désormais, la Guinée peut compter sur l'esprit créatif et le désir de combattre pour un changement positif de sa jeunesse qui veut redonner au pays sa véritable dimension.
On peut comprendre, admettre qu’un gouvernement responsable se tromper une fois mais pas tous les jours.
Beaucoup de Guinéens n’y croient pas a leurs yeux tant les massacres de Conakry et à l’intérieur du pays, les barbaries ont atteint un point qui dépassent l’imagination et se posent la question : Comment en est on arrivée là ?
La réponse est simple : La soif de pouvoir, le tribalisme, les discriminations « justifiées », le refus d’admettre l’alternance, sont autant des facteurs de désillusion et de démoralisation graduelle des jeunesses et des forces vives de ce pays et ont conduit le pays au stade actuel (l’anarchie).
Quand un système de gouvernance anachronique a atteint sa saturation maximale dans le refus de l’alternance, dans la répression et l’intimidation de ses adversaires, les revendications qui peuvent l’emporter viennent des milieux considérés « sous contrôle » et méprisés, la jeunesse.
Cette tempête de turbulence qui a frappé la Guinée n’est que la partie visible de l’iceberg (l’abcès Guinéen). Le pays n’a fait que le début du long chemin dans cette période de turbulences, comme un avion qui traverse un gros vent : chacun devra attacher sa ceinture de sécurité et s'accrocher.
Les Guinéens ne vont plus croiser les bras et accepter la privation des libertés fondamentales, les brimades contre les manifestants non armés, le détournement des deniers publics, la mauvaise gestion des ressources du pays. Vu de l’étranger, le peuple de Guinée est mieux connu pour être un peuple « passif et accommodant »; mais pas jusqu'au point le peuple peut-il continuer à tolérer une telle humiliation nationale !
l faut que la Guinée puisse retrouver un moral qui convient au développement. Il y a eu trop de corruption et il faudra redresser la situation sociale : la population ne mange plus, les Guinéens ont faim, ils manquent de soins de santé de qualité, l’enseignement est saboté par le pouvoir, l’insécurité règne et est généralement perpétrée par ceux là même chargés d’assurer cette sécurité, il faut assurer la sécurité et créer une armée républicaine. En règle générale, il faut mettre de l'ordre dans le pays, rétablir l'équilibre dans le domaine social afin de restaurer la confiance des investisseurs, pour qu'ils reviennent. Pour cela, il faudra mettre fin à la corruption et embrasser la bonne gouvernance.
Sans pour autant préjuger le nouveau Premier Ministre, les Guinéens particulièrement la jeunesse, doivent être vigilants car c’est leur avenir qui est dans la balance. C’est aux jeunes de perdre ou de gagner en Guinée. Le Nouveau Premier Ministre n’a rien a apprendre auprès de ceux qui ont ruinée le pays ne serait ce qu’il veut aussi apprendre a assommer le pays et le retourner aux années de tristes souvenirs. La racaille dirigeante de ces dernières années ne peut pas donner de leçons, à quiconque voudra, au nom de la vraie démocratie, de la bonne gouvernance, vouloir redresser la situation pitoyable et périlleuse du pays.
Le futur gouvernement si le Nouveau Premier Ministre veut incarner le changement, ne devra comprendre aucun ancien et actuel ministre qui a servi le régime de Lansana Conte. Toute tentative de recyclage de ces « Politichiens » représentera une provocation et un jet de poudre de piment dans les yeux des Guinéens et une insulte grave à la mémoire de ces centaines d’innocents qui sont tombés sur le champ de bataille face aux militaires apatrides de Lansana Conte. Le nouveau gouvernement ne doit pas un sanctuaire pour ces éternels « mangeocrates » à la bouche pleine.
Accueillir les anciens et actuels ministres dans le nouveau gouvernement, ce serait aussi avaliser l'idée que l'on peut assassiner les femmes, fusiller les enfants, les élèves, les civils innocents non armés qui manifestent pour la démocratie, que l'on peut bâillonner la presse et l'opposition, que l'on peut piller les ressources et deniers publics du pays en toute impunité.
Doit-on continuer à tolérer l'intolérable dans un Etat qui aspire être un État de droit et de démocratie ?
Mr. Lansana Kouyaté doit savoir que la route qui a conduit à sa nomination est inondée par le sang de ces centaines de civils, des milliers de blessés, les larmes de milliers de familles en détresse et en douleur. Mr. Lansana Kouyaté n’a pas été choisi par amour personnel. En 23 années Lansana Conte a changé plus de 300 ministres, plus 6 Premiers Ministres, jamais il n’avait appelé Lansana Kouyaté.
Par ailleurs quand Mr. Lansana Kouyaté était Secrétaire Général de la CEDEAO, c’est le gouvernement de Lansana Conte qui s’était opposé à la candidature de Kouyaté pour son second mandat et aussi a refusé de le présenter au poste de Secrétaire Général de l’Unité Africaine. Le nouveau Premier Ministre doit son poste à la rue. Si Mr. Lansana Kouyaté doit remercier, c’est bien la rue, les personnes mortes, les blessés et les familles qui ont tout perdu.
La longévité du nouveau Premier Ministre à son poste et son suces dépendront des leçons qu’il tirera des circonstances qui l’ont propulsée sur la scène nationale Guinéenne et internationale et non à son allégeance royale au Premier criminel du pays.
Mr. Lansana Kouyaté est venu par la rue, il partira ou restera par la rue. Les Guinéens attendent de lui un nouveau leadership, pour donner du sang nouveau à la démocratie en panne et sortir le pays de sa crise actuelle. Il devra éviter d’être un homme de paille ou un mendiant fatigué qui veut protéger les intérêts égoïstes d’un homme, d’une famille ou de quelques clans.
Mr. Lansana Kouyaté, doit faire preuve d’une grande lucidité politique, d’une large ouverture d’esprit, renoncer à l’égoïsme et abdiquer à cette allégeance aveugle au Général Lansana Conte pour, au contraire servir l’intérêt supérieur du peuple. Il ne doit pas louper cette chance historique qui est confiée sur le sang, la vie et les larmes de ceux qui sont morts ou blessés pour redonner confiance et espoir à tout un peuple, pour être ce Guinéen visionnaire qui sait montrer la voie et qui peut effectivement conduire notre pays vers des lendemains meilleurs. Cela commence par la composition du nouveau gouvernement qui devra être formé sur la base de critères de compétence, de démocratie et du respect de la moralité publique.
C’est une lourde mais noble responsabilité à prendre, et l’histoire et le peuple vous observent et jugeront, Mr. Lansana Kouyaté. Vous représentez aux yeux de millions de Guinéens, la victoire des idéaux démocratiques, pour lesquels tant de sang a été versé par le peuple de Guinée. Repêcher ou recycler ces mêmes « de- personnalités » qui saigner le pays et le mis a plat ventre, cela mêmes qui asphyxiée le pays signifierait « tolérer l’impunité ».
Une telle action de la part du nouveau Premier Ministre équivaudrait, à tuer une seconde fois tous ceux qui ont offert leurs poitrines et leurs têtes aux balles des escadrons de la mort de Lansana Conte, ceux qui ont sacrifié leurs vies pour un peu de liberté, un peu de changement et un peu de démocratie en Guinée.
Il serait immoral de votre part de piétiner ces mêmes idéaux à cause des fins politiciennes. Le courage politique vous demande d’être un homme de principe et gouverner aussi par principe : Le respect de la démocratie et de la justice constitue l’un des principes clés que vous vous devez d’avoir pour la simple raison que votre légitimité ne tiendra seulement qu’à cela. Voilà enfin une occasion unique de votre part et dans l’histoire de la Guinée, de pouvoir redonner de l’espoir à tout le peuple traumatisé par le totalitarisme d’un régime barbare et animal.
« Nous vous invitons à prendre le courage et la conviction de ne prendre comme guide la loi rien que la loi ».
« De l’obscurité où sont plongés les Guinéens depuis plus de quatre décennies, main dans la main, unis les Guinéens vaincront tous les obstacles et atteindront dans un futur proche le monde des lumières qui sera le seul réflecteur de leurs joies, de leur bonheur, de leurs exploits. Les différences entre les Guinéens doivent représenter la force de la nation ».
L’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (ANDD) en Guinée, lance un appel patriotique et solennel aux Guinéens et Guinéennes de serrer les rangs, à tirer les conséquences de ces actes ignobles dont a été victime le peuple et prie tous les compatriotes et amis du pays de demeurer prudents, solidaires et de maintenir comme règle d’or le sens aigu du respect de la dignité humaine.
L’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (ANDD) en Guinée demande aux Guinéens d’être plus vigilants car l’ennemi de la paix et de la démocratie, qui cherche à tirer la ficelle, lui, ne dort ni ne sommeille !
Mamadou Diallo, MD
Membre Fondateur de l’ANDD et Guinea-Forum
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