mardi 06 mars 2007
« A Bambéto, une veuve a été violée et deux jeunes filles ont été tuées lors de la grève... »
Ce mardi 06 Mars, vers 11 h TU, à Taouyah commune de Ratoma, le siège de l’organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH), a servi de cadre à une conférence de presse. Organisée par le président de la dite organisation en collaboration avec les cadres de son institution, la rencontre visait à faire l’état des lieux sur les derniers événements malheureux survenus en Guinée en janvier et février derniers.
Le thème de la conférence était : La situation des droits de l’homme et la réponse à l’impunité
Pendant plus d'une heure le conférencier Dr Thierno Madjiou Sow, président de l’OGDH, parlera de la situation après les douloureux événements lors de la dernière grève générale des travailleurs en janvier et février.
Ensuite, le président de l’OGDH, fera une longue exposée sur les dispositifs en cours au niveau de son organisation en collaboration avec l’organisation des avocats sans frontière et le barreau dans la perspective de la poursuite en justice des auteurs des crimes atroces lors de la grève : « Eu égard à la situation que nous venons de traverser, nous à l’OGDH nous disons qu’en principe il n’ya pas de république en Guinée. Car en Guinée le peuple n’est pas souverain, les institutions républicaines ne sont pas souveraines, l’intérêt public et l’administration publique n’existent plus. Regardez, aujourd’hui c’est l’impunité totale qui règne en général dans tout le pays. »
Selon Dr Sow président de l’OGDH, les crimes commis pendant la grève générale se passent de tout commentaire. Les forces de l’ordre au lieu d’être au service du peuple se sont dressées contre ce peuple innocent et a tiré à balles réelles sur les jeunes, les femmes, les enfants de tous âges et de tous sexes. « A Bambéto les forces de l’ordre ont tiré sur deux jeunes filles en ma présence et ont violé une veuve et une jeune fille. Partout d’ailleurs c’est pareil.»
Dans sa communication, le président fait état des enquêtes en cours au niveau de l’OGDH. A présent, l’on a recensé 36 personnes tuées, 164 blessés, 80 victimes de pillages dont les adresses sont bien connues et bien identifiées. « Nous menons nos enquêtes sur le terrain et quand les résultats seront prêts nous ferons une publication par voie de presse afin que l’opinion nationale et internationale soit au courant de ce qui s’est réellement passeé en Guinée entre janvier et frvrier 2007 » a souligné le Dr Thierno Madjou Sow de l’OGDH.
Par ailleurs l’organisation a reçu une assistance en produits pharmaceutiques pour les blessés qui sont actuellement dans les urgences et centre de Santé pour traitement. Ce lot de produits pharmaceutiques de 840 kg et dont la remise officielle est prévue dans l’après midi au CHU Donka par les responsables de l’OGDH. En valeur monétaire les médicaments sont estimés à 6.184 euros la première facture et 4.610,50 euros la seconde facture. Et de l’avis des cadres de l’OGDH, cette aide vient à point nommé pour qui sait qu’il existe encore des blessés abandonnés dans des hôpitaux ou cliniques sans aucune assistance en argent ou en soins primaires.
Pour finir sa communication, le président de l’OGDH évoquera les circonstances lamentables dans lesquelles le jeune Mohamed Damas Camara avait été tué lors de la grève par les bérets rouges. « Agé de 18 ans et élève résident à Lambanyi, Commune Urbaine de Ratoma, ce jeune, alors qu’il portait le corps de son ami tué par balle à reçu à son tour une balle et il rendera l’âme vers 1h00 du main à l’hôpital Donka par manque de soins intensifs, ses amis ont même déposé leurs téléphones portables pour qu'on lui soigne mais Hélas... » a déploré Dr Sow.
Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (+224)- 64- 30- 74- 06