mercredi 28 février 2007
Le pouvoir n’est pas seulement un attribut, c’est surtout une relation qui doit se mettre en place sur des bases que l’on souhaiterait le plus clair possible.
Maintenant qu’il est nommé, le Premier Ministre aura charge d’administrer une entente reposant sur des revendications syndicales, certes très audacieuses, mais sans doute limitées.
Sans être au courant de tous les dessous des négociations, on peut faire l’hypothèse que les changements politiques resteront du ressort de l’Assemblée Nationale qui reste néanmoins dominée par le PUP (parti au pouvoir).
Même si ce dernier montre quelques signes d’ouverture suite à son refus de prolonger l’état de siège, il n’en reste pas moins le principal responsable de la situation qui prévaut aujourd’hui en Guinée.
C’est le PUP qui a accepté le changement de constitution, c’est lui qui est l’auteur de Lansana Conté et à ce titre il aurait subi la sanction populaire si on était dans un système politique démocratique.
Le PUP continue laborieusement son œuvre et sachant Conté fini, il profilera un autre individu (peut-être Somparé) pour conserver le pouvoir. Le changement sera alors dans le style, mais pas dans le fond.
Le vrai changement n’adviendra qu’avec l’alternance qui elle-même, ne fera pas l’économie de la participation de tous les partis politiques.
A ce titre, l’opposition guinéenne paye aujourd’hui le prix de son erreur d’avoir opté pour la politique de la « chaise vide » lors des dernières élections législatives. Bref, en fin de compte, personne ne peut se prévaloir de détenir la vérité.
La solution sera construite ensemble dans des négociations, tractations, approximations, fourberies pour certains, intégrité sans faille pour d’autres, rigidité alternant avec souplesse. C’est cela la politique et non le retranchement dans Sa vérité.
Les éléments d’espoir que cette grève ont fortement souligné sont, à mon sens, à trouver, parmi tant d’autres, dans le dépassement de la dimension ethnique au sein des populations et dans l’émergence d’une nouvelle génération de guinéens qui osent et savent dire non au chef.
Etre chef, ce n’est pas seulement un don de Dieu, comme le dit Conté, c’est aussi une marque de confiance. Lorsque l’on n’est plus en mesure de l’assumer, on tire sa révérence avec dignité, ou on attend de se faire chasser dans l’irrespect comme le furent Mubutu, Bokassa et tant d’autres…
Merci pour votre beau site Web.
Oumar Baldet
UNITAR Genève.
Pour www.nlsguinee.com