lundi 26 février 2007
A partir du moment où le chef de l'État n'est plus le maître du gouvernement et le leader de la majorité après le rejet du PUP de la prorogation de l'état de siège, plus question de lire la Constitution actuelle, selon la pratique de la Troisième République de Guinée depuis 1990.
Avec la désignation par le peuple d’un Premier ministre consensuel Chef du gouvernement pour une cohabitation forcée avec le Général-Président Lansana Conté. La dissolution de l’Assemblée Nationale s’impose ensuite vient l’organisation de nouvelles élections sous la houlette de la Commission Électorale Nationale Indépendante CENI dont les membres auront tous été rénovés pour engager les guinéens à un référendum pour reformer ou la révision totale de la constitution guinéenne en ce qui concerne le pouvoir du Président. Actuellement indique que le Président est à la fois chef de l'État et chef du gouvernement etc.
Responsable devant le nouveau Parlement, le Gouvernement "déterminera et conduira la politique de la nation". Le Président de la République, quant à lui, va assurer la continuité, mais n'endosse pas la responsabilité des choix politiques. Il a le droit de "siffler la fin de la partie" (si l'on exclut sa démission, il faut entendre par là la dissolution de l'Assemblée nationale, puisqu'il ne peut mettre fin aux fonctions du Premier ministre). Il a le droit encore de dire si tel ou tel présent de l'indicatif de tel ou tel article de la Constitution doit être compris comme un impératif - comme c'est d'ordinaire le cas dans tout texte de droit - ou non (par exemple, refus de signer les ordonnances ou refus de convoquer le Parlement en session extraordinaire) : il signale ainsi qu'il n'est pas tenu de collaborer avec le Gouvernement en toutes circonstances. Il peut aussi, au sein du Conseil des ministres, s'opposer à diverses nominations. Dans le même esprit, il peut s'octroyer une fonction de "tribun du peuple" qui consiste pour l'essentiel à critiquer publiquement l'action du Premier ministre et de son gouvernement.
En définitive, la cohabitation installe à la tête de l'État une dualité de commandement, une "dyarchie" (commandement à deux), ce qui mènerai entre le Président et le Premier ministre, une relation de subordination - le terme est sans doute excessif - à une relation, obligée, de coopération.
Aussi, la division bien commode entre "pouvoirs propres", que le Président de la République exercerait de façon discrétionnaire, et "pouvoirs partagés", c'est-à-dire soumis à contreseing (le Premier ministre et un ou plusieurs ministres endossent la responsabilité de l'acte signé par le Président de la République) doit être fortement nuancée.
Avec cette cohabitation, la guinée expérimente une autre manière de gouverné politiquement en ayant l’œil sur les faits et gestes de son dictateur non adoré.
On n'est pas loin, du changement tant désiré pour ce beau pays.
Boubacar Hella Bah, Canada
Pour www.nlsguinee.com