dimanche 25 février 2007
CONAKRY (AFP) - 25/02/2007 13h59 Le président guinéen Lansana Conté a accepté de remplacer son Premier ministre Eugène Camara pour mettre fin à la crise qui secoue la Guinée, en choisissant son successeur parmi cinq candidats proposés par les syndicats et la société civile, a annoncé dimanche un responsable syndical.
"Eugène Camara n'est plus Premier ministre", a déclaré Ibrahima Fofana, le secrétaire général de l'Union nationale des travailleurs de Guinée (USTG), l'une des deux centrales syndicales à l'origine de la grève générale illimitée déclenchée le 10 janvier.
"Le président Conté a accepté un scénario de sortie de crise prévoyant la nomination d'ici le 2 mars d'un Premier ministre de consensus qui sera choisi parmi des candidats, dont trois ont été choisis par les syndicats et deux par la société civile", a-t-il ajouté.
A l'issue d'une réunion de "conciliation" convoquée par des médiateurs régionaux, Ibrahima Fofana a précisé que ce "scénario" prévoyait la "suspension immédiate" de la grève, qui doit toutefois être entérinée par un vote.
Les responsables des syndicats se sont réunis à huis clos au Palais du peuple, siège de l'Assemblée nationale, avec des représentants des partis politiques, de la société civile et des institutions républicaines ainsi que des dignitaires religieux.
Les syndicats ont lancé le 10 janvier une grève générale illimitée qui a été accompagnée par une vague de contestation contre le pouvoir durement réprimée, qui a fait au moins 113 morts.
L'ex-président nigérian Ibrahima Babangida, à la tête depuis jeudi d'une médiation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao), participait à la rencontre avec le président de la Commission de l'organisation régionale Mohamed Ibn Chambas.
Ils ont appelé à la réunion de dimanche après une rencontre samedi avec le président Conté. Le chef de l'Etat a, selon M. Chambas, "encouragé la Cédéao à poursuivre la négociation" et à créer "les conditions d'un bon dialogue".
Selon plusieurs participants, la question du remplacement du Premier ministre devait être au centre des discussions.
La grève générale avait été suspendue fin janvier, les syndicats ayant obtenu la promesse de la nomination d'un Premier ministre de "consensus". Mais le choix le 9 février d'Eugène Camara, jugé trop proche du président Conté, a été suivi d'une nouvelle vague de violences et de la reprise de la grève.
L'état de siège, instauré le 12 février, a été levé vendredi soir, les députés, pourtant majoritairement acquis à M. Conté qui en avait demandé l'extension, ayant refusé de le proroger.
Les syndicats réclament la nomination d'un nouveau Premier ministre avant de mettre fin à leur mouvement.
SOURCE : AFP