samedi 24 février 2007
L'armée guinéenne a "décidé" de la reprise du travail le lundi 26 février prochain, en dépit d'un mot d'ordre de grève générale maintenu par les syndicats du pays depuis janvier, a annoncé vendredi le chef d'état-major de l'armée, le général Kerfalla Camara.
"Les autorités militaires compétentes décident de la reprise du travail dans tous les secteurs public, privé et mixte sur toute l'étendue du territoire national le lundi 26 février", a déclaré le général Camara sur la Radio-télévision publique.
Le général Camara considère qu'"il n'y a plus de motif qui justifie une grève générale illimitée" car la "reprise de la grève générale du 27 février était subordonnée à la nomination d'un Premier ministre chef du gouvernement".
Selon le chef d'état-major, le Premier ministre Eugène Camara, nommé à ce poste par Lansana Conté le 9 février, "répond aux critères" de l'accord autorités-syndicats du 27 janvier.
En conséquence, il "invite les commerçants et les opérateurs économiques à reprendre leurs activités normales", précisant qu'il s'agit d'une "réquisition".
Cette annonce du chef d'état-major a lieu au terme d'un état de siège accordant de larges pouvoirs à l'armée décrété le 12 février par le président Conté et doit prendre fin vendredi soir à minuit.
L'Assemblée nationale, pourtant acquise au président Conté, a refusé vendredi de prolonger cette mesure exceptionnelle comme il l'avait demandé.
"L'état de siège est fini, l'armée n'a plus aucun rôle à jouer dans le pays", a réagi Ibrahima Fofana, secrétaire général de l'Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), une des deux centrales à l'initiative du mouvement.
"Le mot d'ordre des syndicats est évidemment maintenu tant que le Premier ministre ne sera pas remplacé", a-t-il ajouté à l'AFP.
Les syndicats guinéens, qui ont lancé le 10 janvier une grève générale illimitée réactivée le 12 février, demandent le remplacement de M. Camara qu'ils jugent trop proche du chef de l'Etat et pas suffisamment consensuel.
La grève générale a été marquée par des violences qui ont fait au moins 113 morts depuis le début, en janvier, de la contestation contre le président Conté, âgé de 72 ans et au pouvoir depuis 1984.
SOURCE : AFP