jeudi 22 février 2007
Type : Communiqué de presse
Emetteur: CICR Comité International de la Croix-Rouge
Thème: Dossiers | Afrique | International | Actions Humanitaires
Mercredi 21 février 2007, 15h33
L'intensité des violences qui ont secoué la Guinée depuis le 9 février semble avoir diminué avec la déclaration de l'état de siège, le 12 février, et l'instauration d'un couvre-feu.
La résolution de la crise politique demeure cependant incertaine. L'impasse persiste : les syndicats réclament la fin de l'état de siège et le limogeage du Premier ministre Eugène Camara, tandis que le pouvoir insiste sur la levée du mot d'ordre de grève.
Dès le 19 février, le couvre-feu a été sensiblement allégé, permettant à la population de se déplacer entre 6h et 18h. Les forces de l'ordre maintiennent toutefois un important dispositif de sécurité. Les rumeurs d'arrestations et d'exactions se font de plus en plus nombreuses à travers le pays.
La crise politique en Guinée, et ses conséquences possibles pour la paix, la sécurité et la stabilité de la sous-région de l'Afrique de l'Ouest suscitent de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale. Le Parlement européen a demandé la création d'une commission d'enquête internationale sur les événements survenus depuis le 10 janvier, l'Union européenne a menacé de bloquer les fonds du 9e FED (Fonds européen de développement), et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a dépêché un émissaire à Conakry pour trouver une solution négociée.
Renforcement des capacités d'action de la Croix-Rouge guinéenne (CRG)
Dès le début des récents affrontements, le CICR a appuyé la Croix-Rouge guinéenne dans ses efforts en lui fournissant du matériel de secours et en mettant à sa disposition des véhicules et du carburant pour le transport des blessés, ainsi que du matériel de communication. Il lui a également fourni des nattes, des couvertures et des jerricans.
La Croix Rouge guinéenne a rapidement réagi aux besoins humanitaires. Plus de 700 secouristes volontaires, déployés dans les 33 préfectures du pays et les 5 communes de la ville de Conakry, ont prodigué les premiers soins et procédé aux évacuations des blessés. Depuis le 10 février 2007, la Société nationale et le CICR ont porté secours à 1 039 blessés et constaté 51 décès sur l'ensemble du pays.
Soutien médical
Le CICR s'est efforcé de répondre aux besoins des hôpitaux et des cliniques, débordés par le nombre de blessés par balle, en distribuant des fournitures chirurgicales et médicales à Conakry, Nzérékoré et en Haute, Moyenne et Basse Guinée. Une déléguée santé a été dépêchée le 15 février pour renforcer le soutien aux structures médicales, et du matériel a été commandé en prévision d'une augmentation des besoins.
Rétablissement des liens familiaux
Il est prévu que la Croix-Rouge guinéenne et le CICR procèdent à une évaluation conjointe des besoins et déterminent les mesures à prendre en ce qui concerne les corps non identifiés et non réclamés dans les morgues. Les secouristes ont utilisé une fiche d'identification des blessés lors des évacuations. Du personnel Croix-Rouge a été posté à l'hôpital de référence Donka pour accueillir et renseigner les familles présentes.
Visites aux détenus
Les délégués ont repris leurs activités de protection des personnes détenues en effectuant des visites dans quatre lieux de détention en Moyenne Guinée (maisons centrales de Labé et Mamou, et commissariats de Lélouma et Tougué).
Par ailleurs, dans le cadre de son programme de soutien nutritionnel à la Maison centrale de Conakry, le CICR a distribué des rations alimentaires à 260 détenus souffrant de malnutrition grave.
Des négociations sont en cours pour obtenir l'accès aux détenus des camps militaires.
Activités de protection
Des évaluations des besoins ont été entreprises sur le terrain.
Comité International de la Croix-Rouge (CICR)
Pour www.nlsguinee.com