vendredi 16 février 2007
Des propos entendus à une station de radio, et selon des rumeurs persistantes, vous seriez divisés sur le point de savoir s’il faut retourner à la table de négociations avec les Institutions républicaines ou avec Kerfalla Camara, véritable détenteur du Pouvoir et donc ayant la responsabilité des tueries qui continuent, malgré un couvre-feu et un état de siège dont la sévérité restera inédite dans l’histoire des dictatures.
Ce n’est pas votre supposée division qui inquiète tous les patriotes qui ont apprécié votre patience, votre courage, voire votre ouverture d’esprit, même à l’égard d’un Pouvoir sourd et muet.
C’est l’idée même de reprendre le dialogue avec ceux qui viennent de décider de mettre tous les Guinéens dans un Camp Boiro à la dimension du pays qui est préoccupante. Marcheriez-vous sur les cadavres encore chauds des centaines de victimes, y compris des jeunes femmes violées jusque dans les mosquées, des vieillards assommés, des milliers d’innocents estropiés à vie, pour vous rendre à ce rendez-vous, en empruntant les sentiers de la trahison ?
Les preuves ne sont-elles pas établies qu’il n’y a plus rien à négocier avec ce Pouvoir, d’autant plus qu’il vient de reprendre son masque militaire, maintenant couvert de sang ?
La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens.
Aujourd’hui, nous sommes en guerre, et vous n’êtes pas armés.
Alors avec quoi allez-vous négocier ? D’ailleurs négocier quoi ? La levée de l’état de siège ? Et après ? Un Premier ministre de consensus ou le départ de Lansana Conté ? N’a-t- il pas déjà répondu à cette dernière question ?
Il s’est dérobé en vous laissant avec Kerfalla Camara, avec l’Armée.
Cessons de tourner en rond
Vous aviez allusivement critiqué les Partis politiques qui sont retournés plusieurs fois à des élections systématiquement truquées. Ils ne se sont pas encore entièrement relevés de ces pièges tendus par un pouvoir retors, sans foi ni loi.
Aujourd’hui, tout le peuple de Guinée a compris, après les blessés et les martyrs qui se comptent par milliers, que nul dialogue n’est plus possible avec ce régime.
Vous avez eu l’honneur de porter vos revendications au-delà des intérêts économiques légitimes des travailleurs. Vous avez contribué à transformer la lutte syndicale en lutte politique. Vous étiez alors sur le sentier de la gloire.
Aujourd’hui nous n’avons plus affaire avec une grève, ni même avec une manifestation populaire de colère.
Nous avons affaire avec une insurrection populaire voulue par le Pouvoir qui a tiré et qui continue à piller, à tirer sur de paisibles populations jusque dans les domiciles privés.
Pour conclure, nous en appelons à votre patriotisme et à votre intelligence politique.
IL N’Y A PLUS RIEN A NEGOCIER AVEC CE REGIME QUI NE REPOSE PLUS SUR AUCUNE LEGITIMITE REPUBLICAINE.LE PEUPLE DE GUINEE A DEVANT LUI UNE ARMEE ETRANGERE AVEC LAQUELLE Il N’EST PAS QUESTION DE NEGOCIER SA SOUVERAINETE.
Saïdou Nour Bokoum, écrivain.
GUINEE, ODYSSEE 2010.
Voir aussi www.manifeste-guinee2010.com
Pour www.nlsguinee.com