jeudi 15 février 2007
Après quatre (4) jours d’état de siège en Guinée, rien ne semble susciter un réel espoir quant à une réelle sortie de crise. En effet, depuis le lundi 12 février date à laquelle l’état de siège a été décrété, les populations guinéennes vivent une situation inédite. Une inimaginable situation de souffrance, de peur, d’angoisse et d’inquiétude s’est installée dans nos foyers.
Malgré les mesures radicales prises par le pouvoir, un communiqué a invité ce mercredi tous les acteurs (Syndicat-Gouvernement-Patronat-Chefs religieux-Présidents des Institutions) impliqués dans la résolution de la crise guinéenne à reprendre les négociations sous l’égide du président de l’Assemblée Nationale et des chefs militaires (Etat major).
A l’exception de M Ibrahima Fofana de l’USTG qui a choisi de se faire représenter, tous les leaders syndicaux ont répondu à l’appel. Mais la rencontre n’aura durée que quelques heures eu égard à la situation de l’état de siège qui sévit actuellement et qui traumatise tout le monde.
Selon une source proche de M Fofana : « le Secrétaire Général de l’USTG se dit très touché par cette violation élémentaire des Droits de l’Homme dont les guinéens font l’objet ainsi que par la limitation de leur liberté… »
Pour notre interlocuteur, « il est impossible pour les syndicats de négocier aux noms des populations qui sont contraintes de rester coincées entre les quatre (4) murs de leurs chambres et salons… »
Quant à Mme Rabiatou S. Diallo leader de la CNTG qui a participé à la rencontre, elle s’est dite prête à reprendre les pourparlers à condition que le Gouvernement accepte de lever immédiatement l’état de siège dans tout le pays.
« L’état de siège, le guinéen n’est pas habitué à cela. C’est trop fort. Mieux que cela, c’est la perquisition de nuit. Ça traumatise le peuple parce qu’ils (ndlr militaires) viennent nuitamment perquisitionner chez les gens.
Je suis désolée qu’on viole encore des femmes. Et des enfants sont morts dans ça encore. Donc c’est vraiment pénible.
Je pense qu’on peut trouver autre chose de très léger. Que les guinéens puissent se mouvoir, qu’on puisse dialoguer, puisque c’est à travers le dialogue là qu’on peut trouver une solution alternative pour sortir le pays de la crise. Je pense qu’il faut que l’état de siège soit levé… »
Il reste tout de même à savoir si Lansana Conté compte lever sitôt l’état de siège avant la date du 23 février initialement prévue dans le décret.
D’ici là, il est important de signaler que les corps habillés (militaires et autres) continuent de tirer sur les populations, d’arrêter, de perquisitionner, de voler objets et argent, de violer femmes et jeunes filles dans tous les coins et recoins de Conakry.
Violations et abus en tous genres n’ont jamais été aussi fréquents. Nul n’ignore pourtant quels sont les véritables auteurs de ces actes hautement barbares. Tout leur est permis à condition que nos chers dirigeants puissent se maintenir dans leurs privilèges illégaux quitte à tuer, intimider, violer, voler, bastonner,…
C’est dans ce contexte et de commun accord que les parties en négociations se sont données rendez-vous le samedi 17 février 2007 dans la salle des actes du Palais du Peuple pour une nouvelle rencontre.
A quoi le peuple de Guinée après avoir vécu tout ce traumatisme sciemment entretenu, peut-il s’attendre d’une telle rencontre ?
Lansana A Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (+224)- 64- 30- 74- 06