jeudi 15 février 2007
Union Des Forces Démocratiques (UFD)
B.P : 3050 Conakry Tél : 00224 60 34 50 20
Agrément Arrêté N° 1549/MI/CAD du 03/04/92
E-mail : ufdconakry@yahoo.fr
Déclaration de l’Union des Forces Démocratiques
L’UFD, membre de la Concertation Nationale des Forces Vives de Guinée porte à la connaissance de l’opinion guinéenne et internationale ce qui suit :
1. A la grève générale et aux manifestations populaires exigeant l’amélioration des conditions de vie de la population et un changement immédiat de régime, le Général Lansana Conté et ses agents ont répondu par une répression sanglante.
Les sources les plus modérées font état d’un bilan provisoire de plus de 100 morts et des centaines de blessés depuis le début de la grève générale illimitée le 10 janvier 2007.
Décidé à se cramponner au pouvoir quoiqu’il en coûte au peuple, il n’a pas hésité à lancer contre sa population sans défense, des mercenaires bissau-guinéens et libériens connus pour leur sauvagerie bestiale.
Disqualifié et rejeté par la quasi-totalité du peuple de Guinée pour sa corruption et son incapacité à diriger le pays, le pouvoir ne se maintient que par la force des armes.
2. Rompu dans les manœuvres politiciennes et la duplicité, il a signé avec les syndicats des accords qu’il n’avait nullement l’intention de respecter. Par exemple, au lieu de nommer comme le prévoient les accords, un Premier ministre de consensus, il a plutôt désigné un courtisan, homme de paille inapte à conduire le changement exigé par le peuple.
Bien plus, il a recouru à l’état d’urgence, véritable déclaration de guerre au peuple de Guinée, privé de tous ses droits, même les plus élémentaires. Il a lancé sa soldatesque et ses mercenaires contre les populations innocentes. Désormais, les exactions, les vols, les viols et les massacres se déroulent à huis-clos et sur tout le territoire.
3. En plein état de siège, le chef d’état-major de l’armée, le général Kerfala Camara annonce une nouvelle fois pour le 15 février 2007, une réunion comprenant les « institutions républicaines », les imams, des membres du clergé chrétien, du patronat, de la société civile et des syndicats.
Ce sont ces mêmes acteurs qui, à grand renfort de publicité, avaient signé et annoncé le 27 janvier 2007 un accord définitif de règlement du conflit. Comme par le passé, le pouvoir refuse une concertation sérieuse avec toutes les forces vives du pays et en premier lieu avec les partis politiques, afin de trouver une solution consensuelle à la crise qui déchire le pays. Comme le reconnaissent eux-mêmes les gens du pouvoir, les partis politiques, expression de la volonté du peuple, sont partie prenante du mouvement actuel de protestation et ne peuvent pas être écartés des négociations, pour autant qu’il s’agisse réellement de rechercher une issue acceptable à la crise.
Que peut-on négocier avec un fusil sur la tempe ?
4. Dans sa suffisance et son entêtement à refuser toute remise en cause de ses privilèges, le pouvoir actuel a rejeté toutes les offres de bons offices de la CEDEAO appuyée par l’Union Africaine.
Unanimement condamné par toute la communauté africaine et internationale, le pouvoir est prêt à aller jusqu’aux solutions les plus extrêmes pour se maintenir illégalement à la tête du pays. Dans les conditions actuelles et devant la détermination de notre peuple à ne plus se laisser berner ou soumettre, nous n’excluons aucune possibilité de voir organiser des massacres de masse et des pogroms contre le peuple de Guinée.
Nous appelons donc à une action vigoureuse des institutions africaines et internationales, ainsi que tous ceux qui se considèrent comme des amis de la Guinée, afin qu soit arrêtées immédiatement les crimes contre notre peuple sans défense.
Les mercenaires, les tueurs et les donneurs d’ordres doivent être arrêtés et jugés. Le pouvoir guinéen totalement isolé à l’intérieur et sur toute la scène africaine et internationale, n’est pas plus effrayant que celui de l’apartheid ou de celui de Mobutu Sese Seko de l’ex-Zaïre de triste mémoire. Ceux-ci ont pourtant été tous balayés par les peuples concernés, appuyés par la communauté internationale. Rester les bras croisés serait un soutien objectif et implicite aux bourreaux du peuple de Guinée.
Les condamnations verbales ne suffisent plus à arrêter les massacres en Guinée.
De même, nous appelons toutes les Guinéennes et tous les Guinéens à travers le monde à se mobiliser activement afin de soutenir la lutte héroïque de notre vaillant peuple.
Plus que jamais, le peuple de Guinée est unanime et déterminé à obtenir le départ du Général Lansana Conté du pouvoir et la mise en place d’une transition consensuelle de 18 mois. Toutes les tentatives de substituer au pouvoir actuel un frère jumeau, qu’il soit militaire ou civil sont vouées à l’échec. Le peuple de Guinée ne laissera pas la clique au pouvoir organiser sa propre succession.
Quel qu’en soit le prix, le peuple de Guinée épris de paix et de liberté ne se laissera pas soumettre.
Le 15 février 2007
Le Président de l’UFD
Mamadou BAH Baadikko
Pour www.nlsguinee.com