mercredi 14 février 2007
En réaction :
• Aux massacres perpétrés contre le peuple de guinée par l’armée de Lansana conté qui n’est plus au service des guinéens ou pour la défense de la patrie,
• A la tragédie sociale que vivent les populations guinéennes de l’intérieur et de l’extérieur car tous sont concernés,
• A l’irresponsabilité des serviteurs de Conté,
• A l’envie de Conté de mourir au pouvoir à tout prix contre la volonté du peuple de Guinée,
• L’indifférence de la communauté internationale,
Les jeunes étudiants guinéens de Paris ont pris leurs responsabilités face à l’histoire et organisé une manifestation de soutien aux martyrs du pays qui a consisté à l’occupation de leur ambassade à paris afin qu’elle soit fermée.
Leur action visait deux mesures principales :
1. La fermeture de l’ambassade jusqu’au départ de Conté et de son système
2. L’occupation (un sitting) indéterminé du local accueil du bâtiment.
Dans cette optique, ils se sont spontanément mobilisés ce lundi 12 février pour réaliser cette action de solidarité et de révolte. Ils se sont donnés rendez-vous dans les locaux de l’ambassade à 10h. Sur place, ils ont signifié au personnel de l’ambassade la raison de leur présence et ont demandé à rencontrer M. l’ambassadeur Salifou Sylla avec l’ensemble de son personnel diplomatique.
Ils ont tenu à rassurer le personnel de l’ambassade en lui expliquant les modalité de leur action et en l’invitant à prendre sa responsabilité devant le peuple martyr de guinée et l’histoire en démissionnant ou en allant en grève ou mieux encore en se joignant au mouvement de protestation collectif.
Aussi, ils l’ont signifié leur intention (ne pas dégrader le lieu qui est un patrimoine national, ne pas s’attaquer ou violenter le personnel de quelque manière qu’il soit et enfin, ils ont demandé au personnel de fermer tous les bureaux sauf la salle d’accueil qui serait transformée pour l’occasion «en palais du peuple » où se tiendrait le sitting). L’interlocuteur qu’ils ont eu est allé porter ce message à l’ambassadeur qui a promis de les rencontrer.
Au départ il voulait seulement rencontrer leurs représentants mais les étudiants ont exigé de le voir en groupe et avec l’ensemble de son personnel sinon rien et dans ce cas ils allaient vider tout le personnel du lieu. Face à la détermination des étudiants, il a accepté de les rencontrer dans la salle d’accueil qui était la tribune de débat et de concertation.
Avant de descendre pour la réunion, Mr l’ambassadeur a appelé les services de Police qui en quelques minutes ont investi et bouclé la zone. L’ambassadeur a mis une bonne heure avant de venir à leur rencontre.
A son arrivé il a commencé un discours sur « sa responsabilité » qui s’est avérée plus porté sur son attachement au bâtiment qu’à la situation qui prévalait dans son pays. Face à cette intervention pittoresque, démagogique et inhumaine, les étudiants ont exprimé leur ras-le-bol et qu’à sa différence, ils étaient préoccupés par la situation dramatique dans le pays et ils ont exigé la fermeture immédiate de cette officine qui ne pouvait représenter leur pays. Ils lui ont dit devant le personnel que la fermeture et le sitting n’étaient pas négociables et que la violence était proscrite dans leur action.
Après cet échange il est monté signé une autorisation aux CRS (Compagnies Républicaines de Sécurité) pour vider les lieux (l’ambassade et le quartier) par tous les moyens à savoir l’usage de la force tout en désignant au commissaire divisionnaire six (6) étudiants comme étant les meneurs qu’il devait embarqué. Lui et le personnel sont partis sans se soucier de la manière dont l’évacuation serait faite.
Au préalable, il a dit aux étudiants qu’il comprenait leur action et qu’il la trouvait légitime et qu’il acceptait de fermer l’ambassade mais que les étudiants en contre partie devaient accepter de partir chose qu’ils ont refusée. La raison de leur volonté de rester sur le lieu de façon indéterminée consistait à montrer et exprimer aux guinéens de l’intérieur leur solidarité, leur sens du sacrifice, de la destinée commune en bravant le froid et la faim, en refusant d’aller suivre les cours dans leurs universités respectives chose qui compromet leur année universitaire.
Par cette attitude, ils voulaient aussi montrer la voie à tous les guinéens notamment ceux de l’extérieur qui sont des privilégiés par rapport aux atrocités commises par Conté et ses serviteurs. Aussi, par cette action ils voulaient redonner la parole et le pouvoir aux guinéens dans cette salle d’accueil en mettant dehors les représentants de conté et de son système.
Avant de partir l’ambassadeur a demandé aux CRS de « mater » ces « délinquants ».
L’opération d’évacuation s’est passée dans des conditions plus ou moins houleuses mais sans heurts et violences grâce à la retenue des étudiants qui ont signifié aux forces de l’ordre qu’ils n’étaient pas là pour en découdre avec eux et de surcroît ils étaient dans leur droit de manifester dans l’enceinte de leur ambassade, au sein de laquelle s’appliquait une juridiction guinéenne. Les forces de l’ordre ont opposé l’autorisation signée par l’ambassadeur.
Les étudiants ont résisté dans la limite de leurs moyens et dans la légalité mais ils étaient impuissants et pas proportionnels en nombre aux forces de l’ordre. La police a usé de la force sans violences pour sortir tous les étudiants qui ont formé un bouclier humain en entonnant l’hymne national. Dans l’évacuation les six étudiants désignés par l’ambassadeur ont été embarqués pour une garde à vue au poste pour acte de rébellion et les autres conduits et encadrés par les forces de l’ordre jusqu’au métro.
Au poste de police, les étudiants ont été, fouillés avec contrôle d’identité et de régularité, fichés par la police avec prise d’empreintes digitales et de photographies. Ensuite, ils ont été entendus pour les faits comme s’ils étaient des criminels ou des délinquants. Ils ont demandés à bénéficier de l’aide des avocats que la police a satisfait.
On les a gardé toute la journée et ils ont été libérés le soir (vers 20h) avec des rappels à la loi du magistrat. La mobilisation du reste du groupe et le concours des membres de la coordination pour la libération des gardés à vue sont à souligner et à saluer.
A l’issue de cette journée d’action mouvementée, les étudiants sont plus que jamais déterminés et useront de tous les moyens légaux pour maintenir cette ambassade fermée (elle est restée fermée lundi après l’évacuation et toute la journée du mardi et ils veillent) et parallèlement invitent tous les guinéens et surtout les étudiants à agir avec responsabilité et dans la légalité pour mener des actions afin de plaider la cause du pays. Ils invitent les étudiants de l’extérieur à manifester et surtout à faire en sorte qu’on ferme toutes les représentations diplomatiques et consulaires de la Guinée à l’étranger car ils ne les représentent plus mais plutôt Conté et son système.
Les étudiants guinéens de Paris en nombre limité ont réussi à fermer l’ambassade pour le moment et elle restera fermée. Vous aussi vous pouvez le faire où que vous soyez et ils vous font confiance et comptent sur vous car vous êtes l’avenir de la guinée. Si vous ne prenez pas vos responsabilités maintenant, vous serrez condamnés à jamais.
Les jeunes de l’intérieur et de l’extérieur constituent l’avenir du pays et Conté les a déclaré la guerre. Récemment, Lansana Conté a déclaré aux syndicats qu’il était capable, de tuer, de les tuer : de tuer tout simplement les guinéens comme si les guinéens l’ignoraient. Le peuple de guinée n’est pas dépourvu de mémoire il sait que tu es capable de voler, mentir et tuer. Le peuple le sait et il s’en souviendra et tâchera de te le faire payer cette fois. Tu ne resteras pas impuni ; la jeunesse guinéenne te le garantie.
Lansana Conté, tu n’aurais jamais dû verser le sang des guinéens et tu n’aurais jamais dû t’en prendre à la jeunesse guinéenne. Tu t’es vanté aussi de n’avoir jamais perdu une bataille, une guerre ; tu n’en as jamais gagné non plus. Sinon qu’est-ce que tu en as fait de la pauvreté, du développement économique, des réseaux et des infrastructures, de la planification, du patriotisme, de l’intérêt général des guinéens, de l’unité du pays, de l’éducation, de la santé, de la responsabilité de l’intégrité entre autre...
Il est vrai que tu t’es distingué par la médiocrité, l’amateurisme, l’évasion fiscale, l’incompétence, le mensonge, la division ethnique et régionale, l’affairisme, la démagogie, le complot, la mal gouvernance, le manque de perspective et de vision pour le peuple et le pays.
Si la Guinée est dans l’état dans lequel elle se trouve c’est uniquement par ta faute et ton incompétence. Tu es indigne de représenter les guinéens. La Guinée d’aujourd’hui est à ton image dans toutes les acceptions du terme.49 ans de souillure, de pillage, de démagogie, d’incompétence et d’irresponsabilité suffisent. 23 ans de Conté et de système conté suffisent et la jeunesse de Guinée te dit « A KHADAN ».
Si tu te considères comme guinéen ce qui n’est plus l’avis du peuple de guinée, sache que t’es qu’un parmi 10 000 000 environ et 23 ans à la tête du pays suffisent. La Guinée ne t’appartient pas mais aux guinéens. Dégage maintenant ! Et comme tu règnes par les armes, tu périras par les armes : la logique est implacable et le mouvement irréversible. Tu as déclaré la guerre au peuple et en l’occurrence à la jeunesse, ce sera ta dernière défaite.
Jeunesse guinéenne tu es la principale concernée par ce combat et tu ne peux pas la perdre car c’est de ton avenir, de l’avenir de ton peuple et de ton pays dont il est question.
Jeunesse de guinée où que tu te trouves, ne te demande plus ce que ton pays ou les autres peuvent faire pour toi mais ce que tu peux et dois faire pour ton pays et tes compatriotes. L’avenir est en toi et dans tes mains à toi de prendre ta responsabilité.
A conté, son armée et ses serviteurs, sachez que vous pourrez mentir à tout le peuple une partie du temps, à une partie du peuple tout le temps mais jamais à tout le peuple tout le temps.
Votre heure a sonné !
Aux familles des victimes toutes nos condoléances et sachez que cela ne restera pas impuni, aux syndicats, avocats, à la société civile, aux partis politiques, au peuple de guinée toute notre reconnaissance.
Au peuple de Guinée, c’est nous qui avons fait Conté et son système nous pouvons le défaire.
Nos chers (ères) compatriotes nous vaincrons !
Les étudiants guinéens de Paris !
Pour www.nlsguinee.com