Guinée : A la recherche d’une solution de sortie du gouffre et de l’effondrement économique de la Guinée.
28 août 2005
Avec une population estimée à huit millions d'habitants, avec des ressources naturelles jugées scandaleusement abondantes, comment expliquer que notre peuple croupisse dans une des misères les plus noires ?
Le paradoxe actuel trouve son interprétation dans la prédation et le cynisme des politiques. A cette explication, s'ajoutent tant d'attitudes et pratiques assimilables au refus de sortir, voire à une certaine hostilité à sortir de la misère matérielle et anthropologique dans laquelle végètent les Guinéens.
Il faut que les Guinéens comprennent notre pays n’est pas le seul à être en face des problèmes actuels. Les autres pays aussi sont victimes des mêmes problèmes mais contrairement à notre pays, les autres font face à leurs problèmes de façon honnête et intelligente.
Un autre problème majeur des Guinéens, c’est le manque de cohésion autour de la défense des intérêts du pays. Il est entièrement logique qu'il y ait opposition au gouvernement, protestations civiques et autres, mais dès lors qu'il s'agit de défendre l'intérêt de la Guinée, on doit être un. Et dans ce cas il revient au gouvernement d'oeuvrer en cela pour qu'on arrête de se chamailler alors qu’ensemble nous avons un intérêt à défendre.
Nous Guinéens, si nous voulons aspirer à un bien être économique, social et politiques à la mérite de nos ressources, nous devons forger une vision collectives, un répertoire commun ou tout simplement une mentalité qui nous prédisposerait à condamner tout ce qui constituerait une entrave à la réalisation de notre bien être collectif et à encourager des actes susceptibles de le promouvoir.
Cette question de mentalité, de fatalité et de pratiques criminelles constitue une dépendance conduisant inéluctablement à la misère. Le poids du contraste entre, d'un côté, les richesses naturelles, les opportunités d'enrichissement et de création des conditions du mieux être du peuple Guinéen et de l'autre côté, le gouffre de misère a conduit au défaitisme et une certaine « résignation » que l’on pourrait appeler « guinée-pessimisme ».
Cependant, il reste possible de voir l'avenir autrement et de conjurer la fatalité. Pour conjurer cet état de pessimisme et de résignation, des solutions radicales doivent être prises notamment l'engagement des pouvoirs publics à mettre en place un cadre favorable aux initiatives privées, promouvoir un environnement positif pour l’épanouissement de l’être humain, instaurer une atmosphère de libre expression et de débat d’idées orienté vers la recherche des causes et des solutions qui ont fait que cela a mal tourné en Guinée.
Au bout de la chaîne d'actions, le pouvoir public devra retrouver son rôle d'administrateur de justice dans tous ses aspects, dont la justice distributive. Nous nous adressons à ceux qui aiment encore ce pays, nous espérons contribuer par ce texte à la mise en place d'une institution vouée à la recherche du mieux être pour nos compatriotes. La situation socio-économique de la Guinée est très inquiétante.
Il n'y a pas de raison que la Guinée soit dernier même en Afrique de l'Ouest alors qu'il dispose de capacités attrayantes que les autres pays n’ont pas et nous envie. La différence avec les autres, c'est qu'ils n'ont pas la même politique de développement que la Guinée, leurs dirigeants sont volontaires et agressifs dès qu'il s'agit des intérêts de leurs pays, alors qu’en Guinée, nos dirigeants dorment et attendent la providence pour nous développer.
Avec cette mentalité vous conviendrez avec moi que la Guinée restera encore pour longtemps bon dernier. Le problème de leadership en Guinée est à la fois un problème de légitimité mais aussi un problème d'efficacité.
Tant que les dirigeants guinéens ne comprennent pas ce que la population attend d'eux et ne prennent pas leur responsabilité pour une Guinée juste, radieuse et grandissante, il serait illusoire de vouloir se tourner vers d'autres sujets qui, de toute façon sans soutien politique réel, sont voués à l’échec.
La critique, le débat et la contradiction nourrissent la démocratie et c'est de là que naissent la sagesse et le discernement qui font cruellement défaut à nos dirigeants.
Les Tristes réalités de la Guinée :
Soyons d’accord et cela unanimement qu'il existe, dans la classe politique guinéenne, des rares bonnes volontés, qui pensent au développement du peuple. On ne peut cesser de dénoncer leur inefficacité en matière de promouvoir le développement, à mettre en place des structures qui garantissent le bien-être des citoyens.
La réalité est qu’après 47 années d’indépendance, les Guinéens sont tous malheureux rongés par une misère qui n’a pas de limite, des privations qui rabaisse l’essence de notre existence et notre dignité et cela malgré notre exceptionnel potentiel économique.
La Guinée est au fond du gouffre économique et cela devrait inquiéter grandement tous les citoyens qui encore aiment ce pays.
Cet état d’indigence trouve ses causes du fait qu’en Guinée, les gestionnaires, de manière injustifiée et dans l'indifférence à la souffrance humaine, semblent s'activer non pas pour le bien de tous, mais pour spolier.
Le résultat, on se retrouve en face d'un système contre-productif, d'actions régressives, anti-développement.
Aujourd’hui on assiste à la destruction systématisée des infrastructures et du patrimoine, le manque d'entretien et de maintenance, le manque de suivi ou de rationalisation de projets et autres programmes, les harcèlements et rançonnements qui découragent des initiatives de développement, le collapse de l’administration devenue chaotique, minée par des dissensions claniques et ethnique, et par le manque d ‘initiative.
La Guinée qui, est en plein effondrement économique, est en pilotage automatique ou plutôt, le pays ressemble à un cerf-volant dans l’œil d’un cyclone. Personne ne connaît où va la Guinée. Les Guinéens sont devenus otages de Général Lansana Conte et la Mafia qui gravite autour de lui et qui font saigner le pays à blanc. Aujourd’hui, le pays est plus qu’agenoux, il est à plat ventre.
Alors que les Guinéens endurent la plus période de misère économique de l’histoire du pays, le gouvernement de Général Lansana Conte s’accroche à ses privilèges et tourne le dos, ferme les yeux et bouchent les oreille alors que ce même gouvernement appelle les Guinéens à serrer la ceinture.
Quelle honte nationale !
Général Lansana Conte est-il conscient, a-t-il conscience du mal qu'il fait à la Guinée pendant ces 20 dernières années en détruisant les fondements mêmes d’une Guinée prospère dans les années à venir ?
Naturellement, l'état de la problématique du développement en Guinée soulève de nombreuses questions relatives à l'objet même du développement envisagé, aux méthodes, aux ressources et autres facteurs susceptibles de garantir des avancées positives.
Un pays ne peut se développer dans le tâtonnement, les hésitations, les polémiques et les jeux du hasard.
Concrètement, un développement convenable n'est envisageable que si l'on commence par établir un plan national de développement. Mais avant cela, la priorité consistera à créer un environnement propice et attractif au développement. Cela passe nécessairement par le départ de Général Lansana Conte, la formation d’un gouvernement de transition, l’organisation d’élections libres et transparentes, facteurs primordiaux pour l’instauration d’un climat de confiance entre la Guinée et ses potentiels économiques partenaires.
C’est seulement alors qu’une tentative d’élaboration de ce qui pourra être le chemin de developpment résurrectionel sera envisageable. On ne peut pas se développer sans cadre de conception.
Parmi les nombreuses questions relatives au futur développement en Guinée certaines définitions méritent des discussions franches et des analyses profondes.
Celui-ci consisterait à
• Définir le type de développement que l'on veut ;
• Définir des objectifs à court, à moyen et à long termes;
• Déterminer les actions correspondantes ;
• Définir les acteurs qui en amont et en aval participent au processus de développement ;
• Reconnaître les moyens et / ou ressources matérielles disponibles ou à chercher pour la réalisation des objectifs ;
• Définir les méthodes de travail ;
• Assurer l'équilibre entre le plan de développement et d'autres enjeux humains, nationaux, écologiques, régionaux, privés et publics, …
• Décrire le processus d'implémentation d'actions envisagées ;
• Etablir les méthodes d'évaluation, de correction et d'avancement en sorte d'allier réalisation (réalisme) et « proactivité ».
La situation socio-économique de la Guinée est très inquiétante. L'immensité de l'enjeu et l'urgence nous fait penser qu'il serait plus pertinent de convoquer dans un avenir proche une conférence nationale portant sur la question du développement.
Celle-ci reposerait sur l'idée que le développement est un enjeu ou un défi aussi urgent que la défense nationale ou la légitimité du pouvoir. Il s'agit de lui conférer un statut constitutionnel.
Cette idée repose sur le fait que les politiques garantissant à tout citoyen la dignité et le respect des droits fondamentaux doivent être moulées dans un programme de recherche et développement.
Pour être efficace, une telle conférence nationale doit réunir tous les acteurs du monde du développement et les scientifiques en vue de satisfaire à l'urgence d'une action réaliste, harmonisée et efficiente pour le pays. Un regard historique fondé sur des analyses objectives et discussions sincères et impartiales, combiné à une étude prospective des atouts et des facteurs conjoncturels présents et futurs, tiendrait ainsi acte du retard et de l'échec actuel en matière de développement en Guinée. Une telle conférence nationale pourrait échanger et converger les positions et s'atteler à l'élaboration d'un plan national de développement.
Cette conférence nationale sur le developpment poserait les jalons pour satisfaire en priorité les besoins FONDAMENTAUX des Guinéens à savoir :
1)- Le manger : ceci se passe de tout commentaire;
2)- L'accès à l'eau et à un environnement sain; il s'agit non seulement de l'eau en tous ses usages, mais aussi de la préservation de la qualité de l'air et de l'écosystème;
3)- L'accès à l'instruction fondamentale : il s'agirait non seulement de la gratuité de l'enseignement primaire et, mais aussi (ou progressivement) secondaire;
4)- La promotion des libertés et le respect des droits humains.
Cette conférence nationale sur le developpment s’attellera à intégrer la problématique de la recherche théorique et fondamentale, d'un côté, et la recherche appliquée, de l'autre côté.
Rappelons que la crise pluridimensionnelle qui frappe la Guinée tire ses racines, entre autre, de la démission et de l’incapacité des pouvoirs publics et par son hostilité aux initiatives privées dans ce domaine. Comme résultat, le pays est devenu incapable de se positionner sur l'échelle mondiale, de subvenir aux besoins de ses citoyens et à assumer ses responsabilités souveraines.
L'incapacité ou le défaut de volonté d'organiser ou promouvoir la « Recherche sur le Développement » condamne tout pouvoir à faillir, expose le citoyen à l'insécurité et met l'intégrité et la souveraineté nationale en danger.
En conséquence, la « Conférence Nationale sur la Recherche et le Développement » constitue, moins un luxe, mais une condition sine qua none d'existence de l'état, du pouvoir politique et d'épanouissement des libertés individuelles.
En outre, nous devons reconnaître que le monde a fondamentalement changé et nous sommes dans l’ère de la globalisation donc la compétitivité exige davantage d'inventivité et d'innovation, de performance et de professionnalisme dans les processus qui doivent construire au développement.
Malheureusement il n’existe aucun centre de recherche sur le développement en Guinée. Donc, il incombera à la « Conférence Nationale sur la Recherche et le Développement » de travailler sur une double perspective, à la fois locale et globale.
En un premier temps, on organiserait d'une part, un travail à la base, qui aidera de faire la lumière sur les besoins et les atouts spécifiques à chaque région ou aire de vie en Guinée.
De l'autre part, un travail identique doit être fait dans une perspective purement nationale et internationale.
Ensuite, la confrontation des atouts et des besoins identifiés aux deux niveaux permettra à la « Conférence Nationale sur la Recherche et le Développement » permettra d'opérer une harmonisation en sorte que la spécificité locale et l'intérêt national se trouvent servi en même temps.
En cas de conflit, il me semble pertinent que l'intérêt national prime, dans la mesure où il est le seul à pouvoir garantir plus de solidarité et d'unité à l'échelle nationale.
Etant donné que les enjeux de la « Conférence Nationale sur la Recherche et le Développement » sont existentiels et évoluent de manière permanente, celle-ci établirait un plan pluriannuel de recherche et de développement avec des réalisations concrètes situées dans le temps et dans l'espace.
Elle pourrait par exemple établir et définir les moyens de garantir :
• Trois repas quotidiens à chaque citoyen guinéen,
• L'obligation et la gratuité de l'enseignement dans un environnement qui autorise le plein épanouissement scientifique des élèves,
• L'accès à l'eau potable,
• L’’accès à des soins sanitaires gratuits et compétitifs,
• L’accès à une infrastructure décente.
Suite à cette « Conférence Nationale sur la Recherche et le Développement », un « Bureau National d’Accomplissement (BNA) » ou « Indépendant Observatoire National de Développement (IOND)» sera créé et s'articulerait autour de ces axes suivants :
• Observation et collecte des données;
• Analyse et traitement des données;
• Propositions et conseils pour élaboration des directives de développement;
• Evaluation de l'implémentation des directives;
• Recherche des fonds et au financement des projets de « Conférence Nationale sur la Recherche et le Développement » présentés par des concitoyens et par les PME.
Ce bureau aurait le statut de mission sensible de l'état, garanti d’une indépendance totale par le gouvernement, de la même manière qu'il garantit la souveraineté nationale.
Nous mettons en garde le gouvernement et les citoyens combien il est foncièrement périlleux et suicidaire d’en visionner un plan de développement unipolaire, de reposer la croissance économique sur l'extraction et la vente des ressources minières ou des essences naturelles.
Le Bureau national d'accompagnement devrait se donner aussi la mission de réduire la sollicitation des ressources minières pour le budget de l'état et indiquer aux politiques d'autres voies de création des richesses. Il y en a en abondance en Guinée. Il suffit d'un minimum d'intelligence. Il y a là un domaine de recherche et de politique publique non négligeable.
Le Bureau national d'accompagnement devra avoir pour mission de se comporter comme un organe de collecte et de traitement des informations, organe d'observation et de traitement de facteurs de développement, un organe d’audit chargé de vérifier et de garantir l’exécution des projets et susceptible de proposer régulièrement des ajustements, et cela dans le but d'assurer la cohérence des projets à l'échelle nationale et locale ;
A travers cette analyse, nous avons voulu ici attirer l'attention sur l'urgence d'actions efficaces et réalistes à entreprendre pour qui veut sortir notre pays de l'amateurisme ou qui veut aider notre peuple à se développer et pour qui désire sortir notre de ce calvaire dont il ne mérite point.
Analyse réalisée par : Dr Mamadou Diallo, MD
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