lundi 12 février 2007
La Dictature et la Guinée me rappelle curieusement la thèse de Serge Latouche « D’un mariage raté à un divorce impossible » sur les relations entre l’économie et l’histoire, les malentendus d’une cohabitation conflictuelle.
Seulement que le contexte guinéen fait que ce texte relate la cohabitation de notre cher pays la Guinée et la dictature qui nous ravage depuis plus de 50 ANS.
« Pitié pour la Guinée et les guinéens. Par leur faute, par la faute à pas de Chance » comme dirait Béchir Ben Yahmed de Jeune Afrique, dans son éditorial du 28 janvier 2007, titré 50 ans de dictature.
Un demi siècle de dictature, c’est trop surtout dans le contexte actuel de mondialisation, où plus personne n’a le temps d’attendre l’autre. Tant pis si vous ne tenez plus ou pas le rythme, vous serez écrasé par la roue de la mondialisation. Et ceux qui vous faisaient face, vous feront dos et se tournerons vers les pays qui rapportent plus d’intérêts.
Malheureusement, la Guinée et les guinéens ont épousé la Dictature depuis 1958, bon gré malgré, et depuis, nonobstant tous les maux de la dictature nous n’arrivons pas encore à divorcer avec elle. Défaillance politique, économique et sociale sont les caractéristiques de la Guinée actuelle.
Quoi attendre donc, pour reprendre notre pays ? Chers guinéens attendre supposerait que nous sommes consentants et nous serons tous jugés coupables de la situation actuelle de la Guinée. Le moment est opportun, le dictateur ne se contrôle plus et ne contrôle plus la situation, n’attendons pas son entourage qui se prépare à le succéder.
Anticipons les choses, et réglons définitivement le problème de la dictature. Les syndicats, partis politiques et peuple doivent se retrouver et définir immédiatement une stratégie pour faire partir Conté. Un premier ministre contre environ 59 morts et plus de 150 blessés n’est pas cher payé pour Conté et son clan. Ceux qui sont morts le sont pour le changement et pour leur honorer, il faut acquérir ce changement pour lequel ils se sont sacrifiés.
Conté ne doit pas pouvoir défier tous les guinéens, la Guinée appartient d’abord aux guinéens, au peuple, sans lequel y’a pas de gouvernant. La nomination de Mr Eugène Camara au poste de premier n’aura aucun impact à long terme, ce dernier qui a fait environ une décennie dans ce gouvernement dans la plus grande discrétion, ne sera que le 6ème premier des ministres ou dernier des piégés de Conté. Les menaces et promesses du dictateur sont inappropriées, ce ne sont que des effets d’annonce ou de diversions.
Vingt trois (23) ans de règne sans partage, 5 premiers ministres et environ 200 ministres que Conté a utilisé comme des mouchoirs Kleenex, après s’être mouché dedans ils le jettent dans la poubelle, ça suffit ! STOP ! Les pertes sont innombrables, la Guinée et les guinéens en ont marre. Conté et son clan sont plus prédateurs que développeurs, ils ne peuvent créer aucune dynamique économique.
C’est pourquoi la défiance des bailleurs de fonds et autres institutions internationales est nette, ils sont de moins en moins présents chez nous et financent difficilement nos projets à ce jour parce qu’ils savent que les fonds n’arriveront pas à leur destination. L’absence d’une bonne gouvernance démocratique et d’un « leadership crédible » incitent au pessimisme et détournent les partenaires vers d’autres horizons. Malgré les importantes ressources minières (deuxième producteur et importateur mondial de bauxite, fer, or, diamant…) et un potentiel hydroélectrique, agricole et touristique ; les investissements étrangers sont très limités voir inexistants. Les quelques investisseurs sérieux sont pessimistes à cause du contexte politique et économique très tendu, pas de sécurité des investissements ; il vaut mieux aller voir chez les voisins.
C’est vraiment malheureux, comment faire une croissance sans investissement. C’est ce qui fait que l’économie guinéenne reste et restera très dépendante de ses exportations en bauxite tant que la situation ne change pas et par conséquent la solvabilité du pays dépendra du maintien ou de l’accroissement de ses investissements dans ce secteur et de l’éventuelle annulation de sa dette extérieur dans le cadre de l’initiative réservée aux PPTE (Pays pauvres très endettés).
Donc nous comprenons pourquoi nous ne sommes pas solvables, ni l’une, ni l’autre des conditions ne sont remplies et ne sauront être remplies par le pouvoir en place même avec la nomination de deux premiers ministres simultanément. Face à cette situation, il n’y a pas de solutions miracles, il faut et il suffit qu’un changement s’effectue pour tirer notre économie vers une croissance durable et une dette soutenable.
De plus, la Guinée est le seul pays qui finance à plus de 30% ses déficits fiscaux (détournements d’impôts) par la Banque Centrale, pendant que les autres pays y compris nos voisins et partenaires pour la création de la seconde zone monétaire ouest africaine cherchent à rendre indépendante leurs Banques Centrales, notamment en réduisant les financements des déficits par cette institution, en ne faisant plus recours à la planche à billets et en gérant bien le peu de devises qu’ils ont.
Alors que chez nous, selon toute vraisemblance, Conté rend visite à nos banquiers centraux tous les vendredis pour repartir avec une importante cagnotte en devise. Ceci est un manque de considération cruelle pour les responsables de cette institution. C’est dans cette ambiance mafieuse, de mauvaise gestion ou simplement d’anarchie totale que Conté fait semblant de tendre la main à Mr Eugène Camara, pour dire que j’ai fait ce que le peuple m’a demandé.
Monsieur le président vous avez beau jouer la mafia mais cette fois ci c’est la mafia qui va vous jouer parce que les syndicats et politiciens sont unanimes avec le peuple pour vous dire bye bye à cause de votre méconnaissance des problèmes guinéens ou de votre refus de comprendre les problèmes guinéens. Le peuple de Guinée ne se laissera pas duper cette fois ci, par votre semblant de gérer la situation alors que vous ne gérez rien.
En tous les cas, nous peuple de Guinée propriétaire légitime de la Guinée, déclarons en lieu et place des inconstitutionnels qui nous ont usurpés nos constitutions et nos droits ; l’incapacité physique et professionnelle de Conté à gérer le pays. Nous nous souviendrons du passage désastreux de Conté aux affaires. Tous les motifs et éléments de droit sont réunis, pour divorcer avec Conté et sa dictature. Sa présidence se résume à la corruption, gestion calamiteuse, laxisme exacerbé, insouciance, irresponsabilité et la promotion de l’obscurantisme.
La nomination d’un premier des ministres issus du non système responsable de ce que clame haut et fort les guinées est un non événement qui s’il peut guérir le diabète, leucémie ou encore le manque de contrôle de soit même du président, guérira le mal guinéen. C’est un refus de coopérer synonyme de continuation de la grève ou des mouvements populaires!!!
Vive la Guinée divorcé de la dictature.
A bientôt chers lecteurs sur « Neoleaderchip » …
Mamadou Chérif LY
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