dimanche 11 février 2007
Les guinéens se sont réveillés ce matin avec les mêmes incertitudes et les mêmes angoisses. Malgré un déploiement des forces de l’ordre sur tous les coins de rue de la Capitale Conakry, la détermination de nos compatriotes est réelle. L’on ne parle lus de premier ministre, tout le monde exige désormais le départ de Lansana Conté et de son gouvernement.
Le régime montre quelques signes de nervosité et font tout pour endiguer le mouvement qui ne faiblit pas. C’est dans ce contexte que Boubacar Yacine Diallo, ex- no.1 du CNC et actuel Ministre de l’Information a ordonné la fermeture de la fréquence FM de la radio France Internationale (RFI). Peine perdue car les guinéens continuent de s’informer via d’autre canaux de communications.
La population guinéenne est prête à en découdre avec les autorités illégitimes du pays. La seule inconnue est désormais de savoir si syndicats et politiques feront front commun pour imposer les exigences du peuple meurtri de Guinée.
Conakry est sous effervescence, les jeunes manifestants s'attaquent tour à tour aux domiciles des barons du régime et leurs proches considérés comme les principaux responsables de la crise actuelle.
Les manifestants ont détruit à Yimbaya (Tannerie) le somptueux domicile de M. Harouna Conté, petit frère de Lansana Conté.
De leur côté, les organisations de la Société civile ont appelé la population à s'opposer un peu partout.
Les rues notamment en Banlieue sont toutes barrées par des jeunes manifestants. Elles sont jonchées de pneus et d’arbres rendant hasardeux tout déplacement.
Des blessés arrivent dans les hôpitaux débordés et qui manquent cruellement de moyens pour soigner les victimes.
A l’intérieur du pays, la ville de Kankan a connu ce dimanche une mobilisation monstre contre le régime de Lansana Conté. Plusieurs milliers de personnes se sont réunies pour manifester leur hostilité contre ce qui est convenu d’appeler une provocation du président de la République. En effet, la nomination de M. Eugène Camara est restée au travers de la gorge des guinéens en général. Et Kankan ne fait pas exception à cette logique devenue la règle aujourd’hui...
Les slogans n’ont pas variés : « Mort à Lansana Conté ! Démission du Premier ministre ! Victoire au peuple... »
Aucun accrochage violent entre forces de l’ordre et manifestants n’a été signalé pour l’instant malgré la tension qui règne dans la capitale de la Haute Guinée.
Rappelons qu’hier samedi un militaire avait ouvert le feu sur un jeune élève. Ce qui a suscité la colère des manifestants qui ont réagi en lapidant et brulant vif le malheureux soldat.
Des (16) morts dans la journée du samedi, l’on est passé à (18) tués ce matin. Deux autres manifestants ont été abattus par les forces de l'ordre en Guinée Forestière, dans la préfecture de Lola.
La ville de Kindia a payé un lourd tribut dans la journée de mobilisation du samedi. Sept (7) manifestants ont été tués par les forces de l’ordre qui protégeait le Gouvernorat de la ville. La résidence du gouverneur a été saccagée malgré les tirs nourris des forces de l’ordre… Une trentaine de personnes ont été blessées et deux restaient hospitalisées dimanche, dont un homme ayant reçu une balle dans le cou.
Depuis l’annonce de la nomination de M. Eugène Camara à la primature, la tension est à son comble. Les guinéens n’approuvent pas cette décision vécue comme une provocation qui risque d’entrainer une radicalisation des foules qui veulent désormais se débarrasser du régime de Conakry…
La journée du lundi 12 février est attendue à la fois avec angoisse et détermination par les populations. Tous les regards sont fixés sur les organisations syndicales qui maintiennent toujours leur mot d’ordre de grève.
La Rédaction de "Neoleadership"
Depuis Zurich, Suisse