samedi 10 février 2007
« On ne tue pas un cadavre, on l’enterre »
Bon dieu, comment chers compatriotes pouvez-vous être aussi aveugles ? Comment pouvez-vous faire semblant de ne pas voir que Lansana Conté n’existe plus ?
Oh ! Je ne parle pas de ses maladies. Je parle de l’homme qui, disons depuis l’année de la Conférence de Marcoussis sur la Côte d’Ivoire, l’homme dont le journal le Monde annonçait la mort, « incarnait » la magistrature suprême.
Certes ce pronostic s’est révélé faux s’agissant de la carcasse humaine.
Mais longtemps avant, et nous l’avions écrit dans notre Manifeste, la Guinée est manipulée par un gigantesque Bluff, dont le personnage principal est une grande marionnette dont les tireurs de ficelles sont aujourd’hui eux-mêmes dispersés dams les méandres d’un appareil bureaucratico-militaire.
Il y a belle lurette que le pouvoir volatile de ce fantôme est tiraillé entre des femmes-jeteuses de cauris, une « ex de podium » devenue poule-pondeuse qui ne cherchent qu’à sauver de la vengeance populaire leur nombreuse progéniture, une pauvre et gentille ex « cansinière » qui n’aura rien à craindre des lendemains qui déchantent et qui a fait ce qu’elle a pu pour secouer son époux-marabouté et le sauver de dangereux vautours, qui ont nom Institutions républicaines et qui véritablement ont pris les choses en sous-mains.
Car que l’on ne s’y trompe pas, ces Institutions républicaines, avec les bénédictions des muftis et de ceux qui ne méritent plus de bénéficier de l’aura de Monseigneur Sara, oui, ces institutions sont des hommes qu’il faut mettre hors d’état de nuire.
Des hommes et des femmes dont on connaît les domiciles, qui font croire que « le Président ceci, le Président cela... »
Pourchassons-les, réduisons-les au silence, et tout le monde verra que Lansana Conté n’existe plus depuis qu’il passe son temps comateux sous le Fromager et la route de Wawa.
Mais avant, Hadja Rabyatou, El-Hadj Ibrahima, acceptez le constat aveuglant : Vous ne ferez rien, absolument rien de bon et durable pour ce pays, pour vos militants, si vous refusez la main tendue des responsables politiques, quelles que soient par ailleurs leurs arrières-pensées. C’est cela ou la continuation du massacre de vos enfants, qui va être terrible lundi.
Car ces derniers n’ont qu’une arrière-pensée : chasser non pas encore une fois je ne sais quel Président qui n’existe plus, mais ils veulent en finir avec ceux qui incarnent ces fameuses institutions républicaines qui eux existent et continuent à laisser tuer le Guinéen.
Encore faut-il que vous rencontriez une main tendue.
Oui, MM Alpha Condé, Mamadou Bâ, Ousmane Bah, Jean-Marie Doré etc., continuez à commettre des déclarations, des montagnes de déclarations autour de la souris qui a pour nom Eugène Camara !
Continuez à vous envoyer au visage des œufs pourris, des tomates que la pauvre ménagère n’arrive plus à se procurer ! Poursuivez le dialogue de sourds que vous menez entre vous, contre vous, contre le Peuple qui vous attend à tous les carrefours où les tueurs à casques abattent froidement vos enfants et vos petits-enfants.
Cependant, je ne désespère pas de votre patriotisme.
Pour le reste, les rendez-vous manqués, les petites querelles de leadership etc., l’Histoire vous le pardonnera.
Tendez donc cette main et allez, courez, retrouvez nos frères syndicalistes, organisez cette ultime chasse à l’homme, ces hommes qui se cachent derrière ce rideau de démissions qui a nom INSTITUTIONS REPIUBLICAINES !
Attention vous ne les trouverez plus au Palais du Peuple !
Ils n’ont pas tous fui encore, même si leurs familles hantent beaucoup les agences de voyage ces temps-ci...
Vous voulez des adresses peut-être...
Soyez en tête de l’immense cortège du peuple
Oubliez Lansana Conté, il n’est plus aux commandes !
Sortez ensemble et mettez-vous en tête de l’immense cortège du Peuple de Guinée (vous l’aviez fait en 1993 ), et vous verrez que vous n’aurez même pas besoin de tuer ces mouches du coche tapies derrière ces Institutions républicaines moribondes.
Car on ne tue pas un cadavre, on l’enterre.
Saïdou Nour Bokoum, écrivain
GUINEE 2010,ODYSSEE DE L’IMPASSE
www.manifeste-guinee2010.com
Pour www.nlsguinee.com