Guinée : JOURNALISTES: INQUIETUDE RAISONNEE DANS LES MEDIAS PUBLICS
26 août 2005
Depuis la publication du décret sur la libéralisation des ondes, il y a comme un malaise dans la presse publique.
Les journalistes de la presse publique (RTG, Horoya, AGP et Radios Rurales) ont peu de vague à l'âme. C'est comme s'ils ressentaient que le temps de leur splendeur va soudain finir et qu'ils devront batailler très dur dans le prochain paysage audiovisuel guinéen.
Ils ont l'impression floue de devoir vivre bientôt un orphelinat forcé, prématuré et inquiétant. Tous ceux que JMJ Newsroom a contactés, tout en se réjouissant de l'initiative, ont dit que les moyens des médias publics devraient être renforcés pour éviter le ridicule au service public.
Tout faire pour éviter le spectacle de caméras en panne, de rédaction sans papier, sans stylos. Ou encore les coupures intempestives de réseaux, le mégotage en bandes vidéo et audio, les publications à l'improviste, etc. etc.
Les Journalistes de Horoya peinent à publier le quotidien, eux encore ont de la chance, car aucun privé guinéen n'a encore pu tenir le rythme infernal du quotidien.
Et ceux de la RTG sont pressés de rejoindre leurs nouveaux locaux high tech, mais les techniciens ne semblent pas encore maîtriser toute la palette des possibilités de leur nouveau bijou.
L'Agence Guinéenne de Presse, parente pauvre des médias nationaux, traîne encore des factures impayées. Enfin, les Radios Rurales qui avaient le monopole de la Guinée profonde, devront désormais se préparer à l'arrivée d'autres FM de proximité, qui vont à coup sur changer la donne.
L'inquiétude des journalistes de la presse publique est raisonnée. Les autorités devraient les écouter. Cependant, le pays est à tous. Chacun y a sa place. Entre les prévisions enthousiastes des uns et les prédictions catastrophistes des autres quant à l'avenir des nouveaux médias, le public saura tirer le bon grain de l'ivraie.
La libéralisation, en tous les cas, sera une bonne affaire pour l'expression plurielle sur la vie d'une société qui a soif de diversité et de liberté.
Maria de Babia
Source : JMJNewsroom-NLSGuinee
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