lundi 29 janvier 2007
Derrière tout tyran il y a un lot de petits tyrans qui, avec habileté et arrogance, gère le tyran, écrase les sujets et pille les ressources.
Je voudrais tout simplement dire à ces petits tyrans, qu’ils soient de la première ou de la deuxième République, qu’ils soient civils ou militaires, que c’est maintenant ou jamais de faire votre mea culpa et quitter définitivement la sphère publique de notre pays. Vous ne pouvez plus nous manipuler. Seriez-vous aveugles ?
Je pense que le message des guinéens est clair. Vos méthodes de gestion sociale toujours basées sur la création et l’entretien de clivages n’ont, heureusement, pas réussi à disloquer la nation.
Messieurs, « est heureux celui qui adapte sa façon de procéder aux caractéristiques de son temps tout comme est malheureux celui dont les procédés ne sont pas en accord avec le temps. (Nicolas Machiavel).
Désormais le peuple vous à l’œil. On ne peut résister à un peuple uni et cultivé. Et malheureusement pour les ennemis de la République, c’est le cas actuellement en Guinée. Un peuple tout entier ne s’est jamais trompé. C’est ce que nous enseigne l’histoire des grandes nations.
Pour tout dirigeant, même tyrannique, quand il est impératif de faire un choix entre le peuple et son lot de petits serviles, il choisira naturellement le peuple, pourvu qu’il soit éclairé, car celui qui a peu d’ennemis s’assure aisément et sans grandes difficultés, mais celui qui a le peuple pour ennemi ne s’assure jamais ; plus il use la cruauté, plus son pouvoir s’affaiblit. De sorte que le meilleur remède qu’il ait est de chercher à se concilier l’amitié du peuple.
Ceci dit, chers compatriotes, que vous avez votre destin en mains. C’est le pouvoir qui a, à cette étape de notre histoire, besoin de nous et non le contraire. La guinée doit se libérer.
Je voudrais également rappeler, très respectueusement, aux présidents des institutions républicaines (si le peuple me permet de les appeler ainsi) qu’un Etat de droit ne se limite pas aux institutions.
Les institutions sans les principes et les pratiques démocratiques ne sont qu’un instrument de légitimation d’un régime totalitaire et antidémocratique d’un Etat.
Étant donné que tous ces présidents, sauf celui de l’exécutif, sont des éminents cadres de notre pays, je me réserve d’analyser le fonctionnement des principes et des pratiques démocratiques dans notre pays et comment en toute objectivité ils devraient fonctionner dans un Etat de droit. Ils sont à même de le faire mieux que moi.
Et j’espère surtout, très patriotiquement, qu’ils auront, au moment venu, le courage de dire au peuple de guinée les raisons qui les ont poussés à une telle passivité. Si tel était le cas. À vous de juger.
Aux vaillants syndicalistes, aux honorables représentants de la Mosquée et de l’Eglise, aux membres de la société civile et, éventuellement, au futur chef du gouvernement qui sortira de vos négociations,
Prenez garde !!!
Combien il est facile de conduire les affaires dans une cité où le peuple n’est pas corrompu ; là où règne l’égalité on ne peut créer de monarchie ; là où elle ne règne pas on ne peut créer de république.
Là où la matière n’est pas corrompue, les troubles et les désordres ne sont pas nocifs. Là où elle est corrompue, les bonnes lois ne servent à rien, si elles ne sont pas appliquées par un homme ou une assemblée capable de les faire observer avec une telle énergie que la matière s’assainisse. (N M)
L’avenir de la guinée est dans vos mains.
Sans aucune appréhension sur les religions et l’idée du destin, je répète l’idée d’un éminent théoricien de la politique du moyen âge :
Pour que notre libre arbitre ne soit pas étouffé, je juge qu’il peut être vrai que le destin est l’arbitre de la moitié des nos actions, mais qu’également qu’elle nous en laisse gouverner l’autre moitié, ou à peu près. Le destin, je le compare à un de ces fleuves impétueux qui, quand ils se mettent en colère, inondent les plaines, abattent les arbres et les édifices, enlèvent la terre ici, la déposent ailleurs : chacun fuit devant eux, tout le monde cède à leur élan, sans pouvoir nulle part y faire obstacle. Bien qu’ils soient ainsi faits, il n’en reste pas moins que les hommes, quand le temps est calme, pourraient y pouvoir et par des levées et par des digues, de sorte que, s’ils venaient ensuite à gonfler, ou bien ils s’en iraient par un canal, ou bien leur élan ne serait pas aussi violent et aussi dommageable…
Mesdames et messieurs, il ne sert à rien de servir un Homme ou un système, sous quelques prétextes qu’ils soient.
On ne retiendra de vous que du seul et unique service que vous auriez rendu à la patrie.
Patriotiquement vôtre
Vive la guinée
Vive l’unité nationale
Vive la République !
Abdoul Ghoudoussy Baldé
Contact : ghoudoussi@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com