dimanche 28 janvier 2007
En juin 2006 les syndicalistes guinéens étaient en grève. Puis, en bon enfant, ils ont négocié avec le gouvernement sans la permission des blessés graves et des morts. Ils ont fini par obtenir une « vache » maigre dans un sac pour leurs compatriotes affamés. Le 10 janvier 2007, en nombre illimité, ils sont repartis en grève. On ne peut que les souhaiter nos meilleurs « bœufs » pour l’année de négociation de 2007 en compagnie de leur « vache » négociée en 2006.
Après plus d’une soixantaine de morts et de blessés grave, on ne peut que féliciter nos négociateurs de carrière d’avoir en échange arraché à Lansana Conté et son armée (assistée de mercenaires Bissau guinéens) le principe de formation d’un gouvernement de large « con sans sus » avec un Premier ministre qui sera plus pantin que ses prédécesseurs. Puisqu’il ne se limitera pas seulement à dire à Ousmane Conté « ton pied mon pied » mais « ton pied jusque dans la maison que ton père a construite à Sékhoutouréyah ».
Point final ! C’est ça en fait la « démocratie apaisée » à l’image de la « transition apaisée » à la togolaise -que M. Chirac me passe gentiment l’expression.
Le général Lansana Conté peut renvoyer ses troupes dans les casernes et ranger tranquillement leurs canons fumants. Puisque la société civile va se casser la gueule et se démolir toute seule. Lansana Conté ne négocie que quand il est sûr d’en tirer le maximum de profit et de gagner. Si non il tue ou emprisonne. Il a négocié le coup de force de 1984 et gagné sur tous ses complices et ses adversaires.
Pour une fois au lieu de « tuer », il a choisi de « négocier » avec les syndicalistes. Parce qu’il est tout simplement certain de faire gagner son rejeton, Ousmane, l’ultime guerre des clans pour sa propre succession.
Nos syndicalistes sont sur le point de perdre l’estime et le respect des populations et éventuellement rejoindre les partis politiques dans leur misère. Combien de militants de nos partis politique ont subi des tortures par nos forces de l’ordre ? Combien sont tombés sous les balles de notre Armée tous corps confondus ? Nos leaders de partis au lieu de se battre résolument avec l’arme de bord qui est la désobéissance civile, ils ont négocié et perdu. Nos syndicalistes sont sur la même voie.
Au-delà d’un honnête gouvernement de transition de large consensus menant à une véritable démocratie, proposer à la nation un quelconque Premier ministre c’est de nous imposer la peste ou le charbon.
Ceci me rappelle les paroles d’un vieux chimpanzé : « Seul le travail inachevé est plus laid que moi ».
Certes, la Guinée a besoin d’une douche tiède réparatrice. Mais une bonne douche commence toujours par la tête. Lorsque la tête sent la merde c’est tout le corps qui pue.
Amadou Sadio Diallo
Directeur de publication « Les Ondes de Guinée »
Contact direct: Diallo.amadousadio@gmail.com
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