samedi 27 janvier 2007
Durant les 17 jours de grève générale et illimitée qui ont paralysé le pays, s’il y a un secteur qui a le plus ressenti les effets de cette grève c’est bien la presse écrite privée.
En effet, depuis le 10 janvier jour du déclenchement de ladite grève aucun journal n’a pu paraitre dans les kiosques. Et pour cause les imprimeries sont restées fermées ainsi que tous les lieux de fabrique des journaux.
C’est dire que la presse écrite a manqué l’occasion de relater les faits concernant l’évolution de cette grève.
Eu égard à la paralysie générale de tous les secteurs dont celui des transports, les journalistes ne pouvaient pas se déplacer pour la collecte et le traitement de l’information destinée à être publiée dans les journaux.
Ainsi trois semaines durant le lecteur n'a pu trouver des numéros dans les kiosques à journaux. Ils se sont tournés donc vers le service des medias électroniques auxquels il faut rendre un vibrant hommage.
Les sites Internet Guinéens ont fait durant cette période difficile un grand travail de traitement de l’information. Ils ont été très utiles durant cette période de trouble pour la diffusion de l’information sur ce qui se passe dans le pays…
Les guinéens, malgré la fermeture de certains Cybercafé, ont pu se connecter en se renseignant sur l’évolution de la grève. Les téléphones portables, les SMS échangés entre manifestants ont joué un rôle jusque-là insoupçonné dans la mobilisation de la foule…
De même les radios étrangères comme la RFI, BBC, Africa No.1 et les radios privées à peine ouverte et qui émettent seulement sur la Capitale Conakry, ont pu elles aussi couvrir les événements.
Par ailleurs il faut dire que même avant cette grève la presse écrite traversait un véritable calvaire, car les journaux ne parvenaient plus à se prendre en charge.
Pour preuve, le coût de fabrication d’un journal est de 2.400 fg alors qu’il est vendu au lecteur à 2.000fg seulement ce qui déjà entraine une perte de 400 fg par numéro.
Toute fois c’est grâce à la publicité et aux publi-reportages que les propriétaires de journaux tentent de combler le reste.
Parmi les 300 numéros recensés par le Conseil Nationale de la Communication (CNC), moins d’une dizaine sortent régulièrement en respectant la périodicité.
Ce qui d’ailleurs a favorisé une floraison du journalisme alimentaire qui consiste à demander des sommes d’argent avant la publication de tel ou tel article. De même lors des ateliers, séminaires et autres rencontres, les organisateurs sont obligés de mettre la main à la poche pour voir leur événement relater dans les pages des journaux.
Ce qui dénote la pauvreté qui sévit dans le milieu de la presse privée guinéenne qui ne compte que sur ses propres moyens. Une profonde restructuration du secteur de l’information est souhaitable pour le grand bonheur des professionnels et des lecteurs…
Par Lansana A Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (+224)- 64- 30- 74- 06