Guinée : MILIEU HOSPITALIER DE CONAKRY : L'ARGENT D'ABORD, LES SOINS...ENSUITE !
22 août 2005
On ne le dira jamais assez. Après les CHU, qui sont devenus des mouroirs, les cliniques dites privées sont en train de prendre le relais. Tout simplement parce qu’aujourd’hui nos médecins se sont comme assignés pour mission de s’enrichir et, pour ce faire, se sont engagés dans une course effrénée pour l’argent.
Dès lors, il est devenu courant pour ceux qui accompagnent un malade de s’entendre poser la question suivante : ‘’Qui le prend en charge ?’’
Si jamais, le malade et/ou son accompagnateur n’ont pas d’argent liquide sur eux, le médecin affiche aussitôt une indifférence qui confine au mépris. L’on est parfois tenté à se demander si le personnel soignant est rétribué par l’employeur (Etat ou privé). Si cette attitude de nos médecins et autres auxiliaires de santé, qui les apparente plus aux commerçants et autres trafiquants, ne florissait, il n’y a pas longtemps encore, que dans les centres hospitaliers publics, ce n’est plus le cas.
Nombre de nos concitoyens aisés qui s’étaient rabattus sur les cliniques privées pour tous leurs soins ainsi que ceux de leur famille déchantent aujourd’hui, très amèrement même. Car depuis un certains temps, l’on s’est rendu compte que ce sont les mêmes médecins qui font le roulement entre les hôpitaux d’Etat et les cliniques privées.
Ainsi donc, et tout ‘’naturellement’’ le même comportement a fait tâche d’huile au sein de celles-là. Comme l’a fait remarquer un ancien patient déçu, ces dernières ont fini par attraper le virus de l’argent facile.
En effet, le constat qui s’impose c’est que ‘’sans argent pas de traitement’’, c’est avéré et c’est malheureusement le mot d’ordre dans presque toutes nos cliniques. Il serait facile pour les propriétaires de cliniques privées d’arguer que leurs établissements ne font pas dans l’œuvre caritative. Et ils auront certainement raison mais que dire du serment d’Hippocrate ?
Et que dire, tout bilan fait, hors même du rapport qualité /coût de service, du sort réservé à la caisse dite pour indigents (dont tout centre médical, quelle que soit sa taille, dispose pour venir en aide à ceux qui n’ont rien mais ont aussi le droit de vivre en bonne santé) ?
Il y a autre chose, autrement très grave. Il est courant pour nos cliniciens d’évacuer des malades, si ce n’est à Dakar, au Maroc ou le diable ne sait où. Parce que tout simplement nos toubibs n’ont pu diagnostiquer la maladie. Manque de compétence, réseau élargi pour dépouiller le riche patient ou tout simplement négligence… coupable ? Allez savoir…
Dans tous les cas, ce sujet étant fondamental et la question de santé vitale, nous nous sommes penchés dessus et recueillons actuellement différents témoignages pour apporter la preuve que pour nos médecins le serment d’Hippocrate est aux calendes grecques. Nous y reviendrons. Affaire à suivre donc.
Fodisté
Source : Nouvelle Tribune
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