vendredi 26 janvier 2007
Je commencerai ma lettre par cette allocution de Monsieur Alassane Dramane Ouattara, datée du 6 mars 1999, alors Directeur général adjoint du FMI : « Dans certains domaines, nous savons ce que nous voulons, mais nous ne sommes pas certains de la voie à suivre pour parvenir au but. Dans d’autres la voie est toute tracée, mais nous ne sommes pas certains que la volonté soit encore là pour parvenir au but ».
Sans doute le cas de la Guinée se situe plutôt dans la 2ème partie de l’allocution de Monsieur Ouattara parce qu’Allah le tout puissant a été largement clément avec les terres des rivières du sud en leur dotant une multitude de ressources naturelles dont les plus importantes sont la bauxite, le fer, le diamant, l’or et en plus leur a fortifiées par une meilleure fertilité qui permet aux guinéens de faire toute sorte de culture.
Cependant cela n’a pas suffit pour faire de la Guinée un pays prospère ; au contraire c’est un pays qui sombre dans la dictature, la corruption, le despotisme et j’en passe.
Après 26 ans de fermeture par le parti Etat de Sékou Touré vous êtes arrivé comme le sauveur, acclamé par le peuple à un moment où les guinéens avaient vraiment besoin de changement. C’est d’ailleurs pourquoi les guinéens n’ont pas voulu trop parlé de coup d’Etat à l’époque parce qu’ils comptaient profondément sur vous et votre équipe (Comité Militaire de Redressement National CMRN).
Mais hélas le scepticisme s’est installé à peine au lendemain de votre célèbre discours programme du 22 décembre 1985. Tellement il était bien peaufiné, très long, trop de promesses, d’ambitions démesurées, les vieux souvenirs du parti Etat ont commencé çà et là à trotter dans les têtes des guinéens.
Nos compatriotes naturellement optimistes se sont dit que vous êtes l’homme de la situation. C’est ainsi que les choses ont évolué en vous laissant gagner en confiance jusqu’en 1990 année à laquelle vous avez encore berné les guinéens par une démocratie bananière et la mise en place d’une économie libérale synonyme pour vous et les vôtres de liberté de se servir. Cette démocratie bananière a quand même permis la création de partis politiques et un minimum d’ouvertures aux guinéens pour mieux les duper.
Tout ceci ne fut que des effets d’annonce parce que vous le savez plus que n’importe quel guinéen que depuis l’avènement de votre démocratie, toutes les élections ont été contestées ou boycottées par les partis de l’opposition pour cause de manque de transparence. Ce qui, de facto a entraîne la non crédibilité des élections que vous avez organisées le plus souvent sans commission électorale indépendante et sans observateurs internationaux.
C’est cet ensemble de choses sans réelles réactions ou réactions violentes du peuple (parce que celui qui règne par la force pense que le monde est régit par la force) qui vous ont laissé croire que vous êtes le tout puissant et vous ont poussé à tripatouiller la constitution pour vous assurer une présidence à vie et vous débarrasser de toutes les personnes compétentes et tranchées pour accumuler tous les pouvoirs sans le minimum de partage.
C’est pourquoi depuis votre réélection contestée de 1998, date à laquelle vous aviz pris réellement confiance et vous vous êtes dit que le pays vous appartient, vous avez chassez vos quelques collaborateurs loyaux ou du moins qui avaient les compétences pour faire avancer le pays et vous vous êtes accaparez de tous les pouvoirs. Vous avez mis ensuite vos hommes pour vous servir.
Depuis lors la Guinée recule, la dégradation à tous les niveaux, de récession en récession, inflation galopante à cause de la planche à billets, perte de contrôle à tous les niveaux, délestage de l’électricité, pas d’eau, aucun minima social, la population survit, elle ne vit pas, pire qu’un pays comme le Liberia qui a connu environ une décennie de guerre civile.
Ainsi vous ne vous imaginiez pas que vous étiez entrain de fabriquer une bombe qui s’appelle la misère du peuple et qui pouvait éclater d’un moment à l’autre. Alors c’est elle qui a éclaté le 10 janvier 2007, et elle ne vous épargnera pas vous et votre clan, vous allez tous périr dans cette grève parce que les guinéens sont une fois pour toute déterminés à éradiquer la dictature.
La situation actuelle du pays ne s’explique que par votre laxisme et votre incohérence dans le temps qui fait de la Guinée le pays le plus corrompu au monde, c’est une médaille qui vous ait décernée personnellement. C’est pourquoi les bailleurs de fonds- qui étaient autrefois tolérants vis-à-vis de la Guinée grâce à notre position stratégique entre des pays en guerre- et les investisseurs privés ont boudé la Guinée parce que le cadre juridique n’a aucune influence dans le pays.
Vous ignorez certainement que le fonctionnement efficace de l’économie dépend entre autres de la cohérence du système juridique national, de la qualité des institutions légales (Cour Suprême, Assemblée Nationale, Conseil Economique et Social…) et de la volonté de l’exécutif à faire respecter la loi.
Or avec le monopole des pouvoirs dont vous faites objet, vous avez occulté toutes les autres institutions et ainsi vous avez fait de notre cher pays « un pays sans loi ni foi ».
Quant à la Banque Centrale vous en avez fait votre caisse personnelle où vous passez régulièrement vous servir en devises et en monnaie locale.
Comment voulez-vous qu’on s’en sorte avec cette pagaille organisée au plus haut sommet de l’Etat ? Si l’on épuise les réserves en devises à des fins personnelles du président de la République et son entourage, comment pourront nous défendre notre monnaie sachant qu’en plus on ne maîtrise pas nos entrées en devises parce que plus de 50% de nos recettes en devises proviennent des exportations minières dont nous ne maîtrisons pas les prix ?
C’est tout cela qui explique le repli de notre monnaie de plus de 38% à ce jour à cause d’une toute petite minorité de dirigeants.
Alors Monsieur le président au lieu de chercher à gagner du temps en acceptant la nomination d’un premier ministre de consensus et en acceptant un dialogue qui n’aura pas d’impact à long terme, vous feriez mieux de démissionner, je dis démissionner parce que pour une personne intelligente et rationnelle à votre place, elle aurait saisie cette grève comme une aubaine et dire que le peuple ne veut plus de moi je pars pour laisser une trace dans notre l’histoire.
Mais la fierté démesurée des dictateurs leur empêche toujours de partir par la porte ; je crains fort que ce ne soit votre cas, et donc vous risquez de partir comme le général Gueî « balayeur balayé » de la Côte d’Ivoire. C’est réellement votre dernière chance de partir par la porte, au vu de vos incompétences et de votre état de santé car les guinéens n’abdiqueront pas cette fois ci.
Vous n’êtes pas la clé du développement de la Guinée, donc laissez la serrure à quelqu’un qui serait plus compétent et plus patriote que vous. A chaque circonstance ses leçons, vous avez intérêt à tirer la bonne leçon, celle de partir loin du pouvoir car le changement s’impose et le peuple s’impatiente de sortir dans cette crise dont vous êtes le premier comptable.
Par la grâce d’Allah l’omnipotent, l’unique tout puissant la Guinée et les guinéens retrouveront le bonheur qu’ils méritent, n’est-ce pas Monsieur le président Allah c’est le plus sage des juges ?
Justice sera rendue INCHAALLAH!
Mamadou Chérif LY
Orléans France
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