jeudi 25 janvier 2007
Il faut aller vite pour ne pas se laisser distancer par l’Histoire qui s’accélère, hélas ! aux pas meurtriers des assassins du peuple. Il faut faire court et nommer un chat un chat.
Je vais marcher sur les pas d’honneur de Monseigneur Robert Sara dans son inoubliable appel dont j’ai oublié la date. Je me rappelle que l’heure était grave, pathétique. Elle est aujourd’hui tragique.
J’appelle Alpha Condé, Bâ Mamadou, Sidya Touré, Bah Ousmane, Jean-Marie Doré, Ahmed Tidiani Cissé, Mansour Kaba, tous les responsables de partis politiques patriotes, à faire le pas ultime et rejoindre Hadja Rabiatou, El-Hadj Ibrahima Fofana, et les autres dirigeants du mouvement syndical et social qui n’attend que la jonction avec l’action politique, pour donner le coup de grâce à l’Etat moribond qui n’en finit pas d’agoniser tout en tuant.
Vous connaissez le serpent dont la tête coupée continue à sauter et même à rebondir, en injectant sournoisement son venin de mort.
TABLE RONDE, TABLE RONDE
TABLE RONDE, INDEPENDANCE !
Vous vous rappelez cette merveille du passé ? Certes, elle avait été suivie de beaucoup d’horreurs au Congo Zaïre. Précisément pour avoir été réduite à un air de bamboula !
Ce merveilleux microsillon devra être une véritable table ronde, non pas seulement pour former un gouvernement de transition ou d’union nationale ou pour épiloguer sur les visas d’une nouvelle constitution.
Non, c’est une table ronde où sera étalée une carte d’Etat-major, pour voir comment organiser la GRANDE MARCHE qui aura lieu le même jour de Yomou aux abords du Potomak ( Washington ),de Kamsar aux berges de la Tamise ( Londres ) de Dinguiraye jusqu’aux cataractes de Sayonara (Tokyo, où il y a sûrement des Guinéens mais peut-être pas de fleuve de ce nom .. ),de Dabompa à l’Ile Saint-Louis ( Paris )
Vous m’avez compris.
Il s’agit d’expliquer en bons stratèges militaires, que les masses qui vont déferler de Démoudoula ( Conakry ) ne sont pas obligées de venir s’étrangler au Pont des Pendus, avant de se faire canarder par les soudards bissalauds-guinéens d’Ouff-man Con..
Il s’agit que partout dans nos préfectures, les masses aillent prendre d’assaut les lieux symboliques de l’Etat félon ; et prendre d’assaut ne veut pas dire forcément tout saccager. Il suffira de déculotter ceux qui là-bas abusent de la culasse de leur kalash..
Bref, étudiez soigneusement les cartes des villes. Une marche n’est pas une bousculade brouillonne à travers défilés, nids de poules, dos d’ânes et carrefours encombrés de chars de combats où des alcolos couvent leur tambanaya qu’ils ont hâte de dégorger sur des foules qu’ils sont chargés de défendre à nos frontières, loin des carrefours et des rues hantés par les filles du même nom.
Chaque chef de Parti sait où ses militants sont le plus nombreux le plus concentrés, sur combien de mètres ils peuvent se mouvoir et vite courir se mettre à l’abri dans les entrées-couchers. Il faut inventorier les Places où ils peuvent se rassembler en évitant les passages étroits gardés par les tueurs à galons.
GUERRIlLA URBAINE ?
Je n’en connais pas vraiment une théorie. Cela s’invente sur le terrain. Mais cela n’exclut pas une préparation, une anticipation. Cette grande marche ne sera pas seulement politique. Elle sera militairement pacifique.
Par exemple, Il y a plus d’une centaine de milliers de citoyens qui en ont ras-le-bol dans la commune de Ratoma ; ils n’ont pas besoin de franchir le carrefour de Taouya pour le hurler ! Il y en a autant ou presque à Matoto, eh bien ! qu’ils le crient jusqu’au rond-point du même nom ou un peu avant, pas besoin qu’ils marchent jusqu’à Gbessia où les attendront les cerbères en bérets rouge-sang.
Et Kaloum, pourquoi sa population irait-elle s’embourber dans les fondrières où pataugent des 4x4 Prados qui valent des milliers de tonnes de riz, ce riz que les masses affamées regardent de loin, dans un cauchemar verdoyant du temps où la Guinée exportait ses céréales, ses bananes vers la Côte d’Ivoire, une des ses voisines de colonies.. C’était il y a un demi-siècle
Bon sang, retrouvez-vous quelques heures, autour d’une table- ronde au-dessus d’une carte d’Etat-major des villes mortes qu’il faut réveiller de ce long sommeil où les a plongées cette dictature molle machinée par des affameurs !
Le reste nous sera octroyé de surcroît.
Deux mots suffisent : Unité d’action.
Le reste : Gouvernement d’union nationale, C.E.N.I, machin-chouettes catégorielles, ne demandez plus rien à personne.
Celui qui n’est plus que l’ombre de lui-même vous demande d’aller chercher un Premier ministre et vous vous laissez contaminer et devenez des fantômes pour aller tenir compagnie à d’autres fantômes :
Assemblée « nationale », Cour « suprême », Conseil économique et « social », Conseil « national » de.. la radio-télévision de Gbantama !
Vous allez décevoir Lansana Conté lui-même, ma parole ! Tous ces zombis sont par terre !
Tout est à nous.
Tout est à ramasser.
Donc il suffit de MARCHER pour tout ramasser, en dansant
TABLE RONDE, TABLE RONDE,
TABLE RONDE, INDEPENDANCE !
P.S: En annexe, je vous invite à piocher dans le Mémorandum ci-après qui date des journées de la concertation nationale, quitte à l’actualiser.
===============MEMORANDUM GUINEE 2010, ODYSSEE DE L’IMPASSE=========================
FEUILLE DE ROUTE POUR DES ASSISES NATIONALES
PREAMBULE
La multiplication des Appels venant de la Société civile, la publication du document de synthèse élaboré par 15 Partis politiques appelant la tenue d’une concertation nationale, ont rendu urgente pour les signataires du Manifeste GUINEE 2010, ODYSSEE DE L’IMPASSE, l’élaboration de ce mémorandum. Il pourrait servir de FEUILLE DE ROUTE acceptée par tous les patriotes guinéens, soucieux avant tout, de briser la quadrature du cercle où le débat public semble être confiné, et surtout, pour donner des perspectives de sortie de crise. A défaut de quoi, cette crise risquerait de déboucher sur ce que nous voulons tous éviter. A savoir la collision entre des apprentis sorciers et les démons de la « Grande Muette ».
Ce Mémorandum se voulant un guide pour l’action, nous renvoyons au Manifeste, ceux qui voudraient se replonger dans l’examen du tableau sombre qui y est largement brossé. D’autant plus que la connaissance et l’expérience de la misère noire qui y est décrite, constituent la trame et l’enfer quotidiens vécus par l’ouvrier, le petit artisan, l’honnête fonctionnaire, le petit vendeur, le paysan, l’étudiant de parents modestes, etc.. Ils n’ont nul besoin de descriptif à ajouter aux symptômes du mal qui les ravage, qui ont nom pauvreté et fatalité face à l’impuissance actuelle à combattre cette misère.
Sauf à la lumière des derniers évènements, ajouter une épaisse couche de noir pour assombrir encore plus ce tableau. Le passage du prix de l’essence de 3800fg à 4200fg, celui du gas-oil et du pétrole lampant de 3500fg à 4000fg, ont comme il va de soi, fait grimper ceux des transports publics et des misères alimentaires glanées ça et là par la ménagère.
Bref, il faudrait tous les matins, noircir le tableau. Or les syndicats viennent de donner un préavis de grève qui s’achèvera le 27 février.
C’est dire qu’il nous semble plus qu’urgent d’annoncer nos propositions, pour contribuer au désamorçage d’une bombe annoncée, machinée depuis un demi-siècle.
Est-il nécessaire d’ajouter, pour ceux qui manient trop facilement l’argument « séparatiste » de GUINEENS DE L’INTERIEUR/GUINEENS DE L’EXTERIEUR, que nous défions quiconque de pouvoir dire la proportion de ceux-ci par rapport à ceux-là parmi les nombreux signataires du Manifeste Odyssée 2010,et que ce rapport réfute toute idée de parachutage d’idées de quelques intellectuels de la Diaspora. L’argument n’a que trop servi la cause du mal qui sévit jusque dans l’intimité des familles guinéennes.
I- POUR SORTIR DE L’ENFER DU QUOTIDIEN
Il faut mettre en place un gouvernement d’union nationale de transition, dont la mission de salut public n’excédera pas 18 mois, qui sera mis en place sur le principe du consensus.
A- Composition.
- un Premier ministre ou un Président intérimaire qui ne sera pas éligible avant la fin de mandature qui suivra la période de transition et dont les pouvoirs seront consensuellement définis par l’organe délibérant visé ci-dessous pour diriger et coordonner l’action d’un gouvernement constitué consensuellement comme suit :
- Un quart comprenant des personnalités indépendantes de tous horizons issues de la société civile
- Un quart comprenant des commis de l’Etat dont l’intégrité morale et la compétence sont avérées
- Un quart de membres des centrales syndicales
- Un quart de personnalités désignées par les partis politiques
B- Mission
Ce groupe aura pour mission de mettre au point un programme d’urgence de 12 à 18 mois :
- lutte et ou de prévention contre 3 pandémies qui menacent :
- la crise de la jeunesse et de la formation, qui se traduit par une dangereuse diaspora vers l’Extérieur, l’entassement depuis le milieu des années 80, d’une vingtaine de promotions de diplômés dans la nébuleuse des chômeurs chroniques, et par suite une fuite dans la délinquance et la drogue.
- le VIH SIDA
- et maintenant la grippe aviaire.
- lutte contre la crise de l’eau et de l’énergie
- lutte contre la crise des voies et des moyens de communication
- réfection des routes de la capitale et des voies d’évacuations de l’eau
- entretien de l’axe Conakry-Kankan
- résolution de la crise des transports collectifs de la capitale
– résolution de la crise du téléphone
- révision à la hausse des salaires
- création d’un fonds spécial de soutien au secteur informel, particulièrement éprouvé par la crise de l’énergie et de l’eau
- résolution de la crise de la Banque centrale et des contentieux récurrents des finances publiques
- contrôle (provisoire) des prix et maîtrise de l’inflation.
II- POUR SORTIR DE LA CRISE INSTITUTIONNELLE
A- Mesures immédiates devant être prises par L’Etat:
- 1 Abrogation de la Loi anti-casseurs
- 2 Libération effective des ondes publiques et libéralisation des médias audiovisuels,
- 3 libres mouvements des Partis politiques
B- Mise en place d’un Groupe consultatif consensuel provisoire, qui a pour mission de :
- 1 Réexaminer la Loi fondamentale, d’élaborer une charte ( sous forme d’amendement par exemple ), en vue notamment de créer un nouvel organe délibérant et de contrôle, à côté de l’Assemblée nationale
- 2 Cet organe sera le reflet de l’équilibre politique, économique et culturel de nos 4 régions naturelles.
- 3 Cet organe et l’Assemblée nationale, (celle qui sera issue de nouvelles élections ), seront chargés d’élaborer les lois pour combattre toutes manifestation, expression, et tous comportements et actes privés ou publics, collectifs ou individuels d’ethnocentrisme et ou de régionalisme.
- 4 Cet organe et l’Assemblée nationale élaboreront une loi de refondation de l’unité et de la réconciliation nationales, à partir des acquis et d’un nécessaire Devoir de Mémoire.
-5 Cet organe et l’Assemblée élaboreront une loi pour faciliter, pour ceux qui le voudront, le retour et la réinsertion des Guinéens expatriés, personnes et biens dans le flux de la dynamique sociale et économique.
C- Mise en place d’un groupe consensuel dont la mission unique est de créer l’organe indépendant et les conditions d’organisation d’élections libres et transparentes.
III- MISE EN PLACE D’UN OBSERVATOIRE INTERNATIONAL DE LA TRANSITION
A- Composition
Il sera composé de personnalités désignées par des organismes régionaux de la sous-région et nos partenaires étrangers de développement.
B- Mission
Comme son nom l’indique, sa mission sera essentiellement d’observer et d’accompagner en expertise et en moyens logistiques, l’ensemble de la période de transition. Au frontispice de cet observatoire, sera inscrite cette interrogation :
« Les partenaires de la Guinée, ceux qui veulent sincèrement l’accompagner et l’assister dans un véritable développement économique et humain, sont-ils prêts à avoir le geste qu’ils ont eu avec le Bénin en 1990, et à ne pas faire comme ils l’ont fait avec le Togo ?
Le drame de la Côte d’Ivoire est d’une terrible et aveuglante démonstration pour ne laisser planer aucun doute à ce propos.»
- CONCLUSION
La concertation prochaine voulue par les Partis politiques, dont le souhait est exprimé dans plusieurs Appels venant de la Société civile, et toutes les forces vives de la Nation, doit être entendue et organisée comme une rencontre préparatoire, en vue des ASSISES NATIONALES DES FORCES VIVES DE LA NATION, DES PARTIS POLITIQUES, DANS LE CADRE DES INSTITUTIONS DE L’ETAT.
Elle doit permettre le retour à une vie économique et sociale susceptible de soulager immédiatement nos populations les plus démunies.
Elle devrait surtout pouvoir créer les conditions optimales d’un retour à l’Etat de droit, tel qu’il était en gestation en 1992-1993. Elle permettra aux Partis politiques notamment, de remplir leur vocation légale dans l’expression des idées, des opinions, qu’elles soient critiques ou positives, dans leur diversité, et dans les formes qu’ils choisissent librement, ce, dans les seules limites définies par la loi.
NOTA BENE
Nous avons plusieurs fois employé le terme « groupe », au lieu de désignations plus précises, mais qui risquaient par leur connotation technique ou politique, de préjuger malencontreusement d’une fonction idéologique qui serait aujourd’hui prématurée et hors de propos.
Pour les mêmes raisons, nous avons choisi de ne pas parler de la « GRANDE MUETTE », justement pour éviter de la faire parler : l’objectif de ce mémorandum n’est-il pas précisément la paix sociale, ce qui justement devrait dispenser la Grande Muette d’avoir inutilement son mot à dire ?
CONTACT : www.manifeste-guinee2010.com
Saïdou Nour Bokoum
MANIFESTE GUINEE ODYSSEE 2010
Pour www.nlsguinee.com