jeudi 25 janvier 2007
Cher(e)s frères et sœurs, tout d’abord, au nom de la jeunesse guinéenne, je m’indigne profondément pour les centaines de victime de la répression militaire contre le peuple de Guinée. Nous partageons les douleurs des nombreuses familles guinéennes et adressons nos plus sincères condoléances au peuple de Guinée et à la démocratie.
• Peuple de Guinée, tu viens de connaître de tristes jours de répression intense, essuie tes larmes tu n’as pas démérité ;
• Peuple de Guinée, tu comptes des millions et des millions de voix, et eux ne sont que quelques centaines ;
• Peuple de Guinée, tu viens de t’exprimer à haute et très haute voix, tout le monde t’a entendu ;
• Peuple de Guinée, ton combat pour la démocratie est juste, justice te sera rendue ;
• Peuple de Guinée, pendant que eux ne croient plus qu’en l’arme à feux et à la force du mal, crois en l’Unique et endure ;
• Peuple de Guinée, ceci n’était que le départ pour la marche du salut, reste uni et tu y arriveras;
• Peuple de Guinée, tu connaîtras ta liberté promise et eux, pour avoir ôté une vie, connaîtrons la colère du Créateur et du Véritable Détenteur ;
Très cher(e)s compatriotes, s’il y a une leçon à tirer de ces premiers jours de grève c’est surtout que, désormais, pour obtenir une quelconque concession de la part de la deuxième république il faut d’abord des centaines de morts, des milliers de blessés et tout un pays en deuil.
Ainsi, nous honorons les syndicalistes guinéens pour le sacrifice et l’entêtement dont ils font preuve. Nous partageons leur douleurs et les encourageons, vivement, de toutes nos forces à ne pas baisser les bras et à continuer le combat pour le rétablissement de l’ordre républicain, jusqu’à la victoire finale.
Guinéennes et guinéens, depuis l’annonce de la nomination de ce premier ministre chef du gouvernement, les mouvements syndicaux peuvent crier victoire et espérer enfin au respect des clauses pour l’amélioration des conditions de travail et de vie des travailleurs guinéens. A priori, ce premier ministre pourra constituer un cabinet suffisamment crédible et compétent pour tenir et honorer les engagements nécessaires pour le rétablissement de l’ordre républicain.
Cher(e)s compatriotes, cependant, c’est dans les détails que le démon ce meut, et personnellement je suis convaincu que, en acceptant la nomination d’un premier ministre chef du gouvernement, nous sommes serons entrain de commettre une erreur qui risque de coûter chère au peuple de Guinée, car dites moi sincèrement :
• Quel est ce premier ministre qui pourra empêcher le Général Lansana Conté et sa famille de se servir comme ils veulent dans les caisses de l’Etat ?
• Quel est ce premier ministre qui pourra lutter contre la corruption et les malversations en Guinée ?
• Quel est ce premier ministre qui pourra garantir une séparation des pouvoirs en Guinée ?
• Quel est ce premier ministre qui pourra lutter contre les abus de pouvoir en Guinée ?
• Quel est ce premier ministre qui pourra garantir au peuple de Guinée le respect de ses droits individuels et fondamentaux ?
• Quel est ce premier ministre qui est prêt à servir et travailler avec les assassins du peuple de Guinée ?
• Quel est ce premier ministre qui est capable de rendre justice à toutes ces victimes de la répression militaire ?
• Quel est ce premier ministre qui peut relancer l’économie guinéenne, maîtriser l’inflation et réduire le chômage dans une situation d’insécurité et d’instabilité politique ?
Cher(e)s compatriotes, J.M.Keyns, Milton Friedman et Margaret Thatcher tous réunis ne pourrons en aucun cas relever ce défi, car ils n’auront aucunement le pouvoir et les mains libres pour aller au bout de leurs idées et programmes.
Ainsi, au nom de la jeunesse de Guinée et de la société civile guinéenne, nous demandons à tous les hauts cadres qui aiment leur patrie, qui veulent un avenir radieux pour la Guinée et qui sont susceptible d’être désigner pour occuper ce poste anticonstitutionnel de Premier Ministre, nous leur demandons de se priver pour une seule fois de leur vie de servir la patrie sous le toit de cette armée sanguinaire.
• Accepter, aujourd’hui, la nomination à ce poste équivaut à accepter les abus de pouvoirs, la corruption, les malversations, les violations des droits fondamentaux du peuple, l’injustice, la répression et le mal sur les terres de Guinée.
• Accepter, aujourd’hui, la nomination à ce poste anticonstitutionnel de premier ministre, c’est accepter la cohabitation avec les bourreaux de la deuxième république.
• Accepter, aujourd’hui, la nomination à ce poste c’est refuser la volonté du peuple de Guinée et prolonger la deuxième république ainsi que le calvaire qu’elle incarne pour la Guinée et son peuple.
Au risque d’être considérer au même titre que tout ceux qui, de prêt ou de loin, ont servi cette médiocratie de deuxième république et qui, dans ci peu paraîtrons devant la justice guinéenne, nous prions et demandons à tous les hauts cadres susceptibles d’être appelé par le Général Lansana Conté, de s’abstenir afin que la deuxième république coule.
Très cher(e)s compatriotes, nous soutenons les syndicalistes dans le mouvement de grève générale et les appuyons de toutes nos forces.
De même, nous sommes convaincus que négocier en étant sur le terrain et en étant hors du terrain s’avère très différents. Il est évident que le peuple de Guinée est épuisé et maltraité par ces grèves générales et ces répressions à balles réelles, cependant ne perdons pas de vue la haute détresse que le peuple de Guinée vient d’exprimer au monde entier : « Trop c’est trop, nous voulons le changement ».
Le peuple de Guinée ne peut plus se soumettre à cette milice militaire, car il aspire à une véritable démocratie. Une démocratie :
• Où le peuple est législateur et arbitre des règles du jeu pour éviter tout abus de pouvoir ;
• Où le poste de Président de la République n’est plus occupé par hégémonie militaire ou ethnique, mais plutôt par vocation et mérite ;
• Où le président de la république, chef du gouvernement est directement responsable devant le peuple et est soumis ponctuellement à des contrôles par rapport à l’avancement du projet politique ;
• Où le président de la république chef du gouvernement est obligé de mettre la main à la patte ;
• Où la justice est souveraine et infaillible ;
• Où la sécurité est assurée par des forces de l’ordre digne de ce nom ;
• Où l’armée est politiquement neutre et selon sa vocation est toujours prête à servir l’intérêt public ;
• Où des valeurs telles que : l’égalité, la justice, la transparence, la liberté, la solidarité et le travail sont des réalités ;
Croyons-nous vraiment que le premier ministre qui sera appelé par la deuxième république pourra apporter cette démocratie au peuple de Guinée ?
Très cher(e)s compatriotes, la position des syndicalistes est la position du peuple de Guinée et elle est la mienne ; cependant, je suis persuadé que la nomination d’un premier ministre me semble plutôt être un point d’appuis pour le peuple de Guinée et les mouvements syndicaux,afin d’atteindre cette démocratie à laquelle toute une nation aspire.
Guinéennes et guinéens, cette démocratie à laquelle nous aspirons ne verra le jour que lorsque le peuple de Guinée s’affranchira entièrement de toute position politico-politque et s’affirmera véritablement face à cette milice militaire.
• Tant que le soldat guinéen n’est pas convaincu que l’arme qu’il porte lui a été remis par le peuple pour veiller à la sécurité du peuple ;
• Tant que le soldat guinéen n’est pas convaincu que l’arme qu’il porte lui a été remise par le peuple pour sauvegarder l’intégrité territoriale de la nation ;
• Tant que le soldat guinéen n’est pas convaincu que l’arme qu’il porte lui a été remise par le peuple pour défendre la nation contre toute agression militaire ;
• Tant que le soldat guinéen n’est pas convaincu que c’est le peuple qui détient et qui délègue le pouvoir et non les armes ;
• Tant que le soldat guinéen n’aura pas compris qu’une armée républicaine est l’une des professions les plus nobles de par l’intensité du patriotisme qu’elle requiert ;
Très cher(e)s compatriotes, tant que le soldat guinéens n’a pas compris et n’est pas convaincu de tout cela nous ne connaîtrons jamais une véritable démocratie sur les terres de Guinée.
C’est ainsi que nous félicitons les mouvements syndicaux d’avoir donné le rythme et nous les encourageons à maintenir le mouvement de grève générale.
Par ailleurs, si jamais un haut cadre civil arrive à répondre à l’appel du Général Lansana Conté, nous qualifierons cela de complicité de crime contre l’humanité et nous prendrons les mesures nécessaires, le moment venu, afin que tous, sans exception, répondent de leurs actes devant le peuple de Guinée.
Aujourd’hui, nous jugeons plus responsable et moral pour un haut cadre de répondre à l’appel du peuple de Guinée qui réclame purement et simplement le départ du Général Lansana Conté et la fin de la deuxième république ;
Si malgré tout un haut cadre arrive à trahir la nation et l’avenir de la nation, nous nous engageons, nous jeunesse guinéenne à commencer à préparer dès aujourd’hui cette marche qui fera abdiquer dans les jours, semaines, mois et années avenir la deuxième république et tous ceux qui l’incarne.
• Les mains nues, nous quitterons de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud ; Nous marcherons en forêt, nous marcherons en haute Guinée, nous marcherons en moyenne Guinée, nous marcherons en basse Guinée ;
• Ce sera là, ce sera le jour du grand soulèvement ;
• Ce jour là, tous ceux qui portent une arme ce presseront de la jeter ;
• Ce jour là, tous ceux qui portent une tenue militaire se presseront de la déchirer ;
• Ce jour là, les camps militaires seront transformés en centre de soins d’urgences tellement la détermination du peuple de Guinée sera invincible ;
• Ce jour là, avec la volonté du Grand Guide, le peuple de Guinée fêtera l’abdication de la deuxième république dans le Camp Alpha Yaya, dans le Camp Samory, … et dans le Palais Sékjoutouréyah.
Guinéennes et guinéens, la marche du salut est encore très longue et périlleuse, mais elle a débutée.
Abandonnons toute considération politique car nous avons vu où sont les politiques pendant que le peuple était dans la rue.
Mettons nous et serrons nous dans les rangs, avançons ensemble car plus nous serrons nombreux plus nous sentirons moins les périls.
Que ceux qui se réclament guinéens aujourd’hui, répondent à l’appel de détresse que toute la nation à exprimée : « Trop c’est trop, nous voulons le changement ».
« Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution». Article16 de la Déclaration des droits de l'homme
« La raison et la politique suivent rarement le même chemin » Stefan Zweig
« Une baguette est facile à casser, dix baguettes sont dures comme fer » Proverbe chinois
« On trouve toujours de l’argent pour faire la guerre, jamais assez pour vivre en paix » Albert Brie
« Chacun sait que les armes de dissuasion ne sont efficaces que si l'on ne s'en sert pas, mais le général s’en ait déjà servi » André FROSSARD
« Vive la voix de la jeunesse guinéenne, vive la résistance civile pour que vive la république de Guinée !»
Mamadou Oury Diallo
Contact: chiccodiallo@yahoo.fr
Représentant de www.nlsguinee.com au Maroc