jeudi 25 janvier 2007
Vaut-il la peine d’écrire encore sur la situation de la Guinée? J’ai fait d’énormes pressions morales sur moi pour répondre Oui!
Voyant le gouffre dans lequel pourraient sombrer les responsables des syndicats, de la société civile, des partis politiques et surtout le peuple de Guinée, je me dois de les alerter.
Vous les responsables derniers espoirs d’un peuple révolté, n’acceptez de tomber dans le piège d’un président désespéré. Pendant 15 jours de grève sans précédent et une quarantaine de morts, vous avez essoufflé et agenouillé le président sous vos pieds. Il ne vous reste que quelques jours pour qu’il se renverse à plat ventre pour toujours.
Si vous le laissez se relever par la désignation d’un premier ministre et la formation d’un gouvernement d’union nationale, il reprendra la force nécessaire pour les destituer et vous pourchasser.
Avez-vous déjà oublié les dramatiques conséquences de la mutinerie de février 1996 et de la connerie des responsables militaires qui, après avoir neutralisé le même président Conté, lui ont redonné le pouvoir moyennant la signature d’un document?
Du moment où il a laissé ses militaires assassiner plus de quarante grévistes, vous devez légitimement négocier les modalités de sa démission pour la constitution d’un gouvernement de transition.
C’est pour vous la seule manière de couronner votre historique œuvre de libération du peuple guinéen. Un peuple qui s’accroche à vous comme une personne en noyade s’agrippe à son sauveteur.
La fin de la dictature est très proche. C’est maintenant ou jamais.
Lancine Diawara
Écrivain, Montréal, Canada.
Pour www.nlsguinee.com