Guinée: Le retour de Alpha Condé ou le premier test de Kiridi Bangoura
16 avril 2005

Il n'est désormais un secret pour personne que le Pr Alpha Condé doit, à la demande de la direction nationale du RPG, se rendre en Guinée dans les prochains jours pour prendre part aux assises nationales des structures du parti.
La date de ce retour n'est pas encore fixée en tout cas jusqu'au moment où nous allions sous presse. L'on sait aussi pertinemment que les différents retours du Pr Alpha Condé en Guinée ont toujours été marqués par de graves incidents entre les militants du RPG décidés accueillir leur président et les forces de l'ordre déterminés à tout mettre en oeuvre pour empêcher une grandiose réception.
Les derniers échauffourées entre les Rpégistes et les forces de l'ordre remontent au 8 juin 2003 à l'occasion de l'arrivée des invités de marques du parti d'Alpha Condé qui a voulu organisé en Guinée un colloque sur la démocratie. Malgré que les autorités avaient données leur avale pour la tenue du colloque, les consignes furent donner aux militaires, policiers et gendarmes d'empêcher la rentrée des invités d'Alpha sur le territoire national.
Le colloque n'a finalement pu avoir lieu et tous ceux qui étaient venus avec le leader du RPG ont été contraints par la force des baillonnetes de se retourner dans le même vol.
Après ces évènement beaucoup d'eau a coulé sous le pont entre les partis politiques en général , le RPG en particulier et le ministère de l'administration du territoire, qui est leur département de tutelle. L'attitude des autorités de conakry ce 8 juin 2003, a prouvé ce que les partis politiques guinéens ont toujours dénoncés, c'est-à-dire la restriction de leur liberté de mouvement dans la capitale tout comme à l'intérieur du pays.
Aujourd'hui,le ministère de tutelle des partis a un nouveau chef,en la personne de Naby Youssouf Kiridi BANGOURA , qui était chef de cabinet du même département au moment des incidents malheureux du 8 juin 2003.
Celui qui est considéré comme le plus jeune ministre de l'actuel gouvernement du Général Lansana Conté a commencé à décevoir l'opinion nationale le jour où il a pris service, lorsqu'il a affirmé qu'il mettra en place dans son ministère une commission chargée de dépister les cadres qui critiqueront le président de la république en vue de les sanctionnés.Se rendant compte qu' il a un peu trop parler, il saisira les dictaphones des journalistes qu' il finira par rendre après l'intervention des directeurs de la publication.
Quelque temps après , le jeune ministre tentera de se racheter à l'occasion du conseil des gouverneurs et de la conférence nationale des élus locaux, il sortira une note circulaire invitant les gouverneurs et les préfets au respect de la liberté de circulation, de la tenue des meetings, des manifestations, et l'accès des partis politiques aux médias d'Etat.
nous vous invitons à lire l'intégralité de ladite note circulaire de KIRIDI:
-A Tous Gouverneurs et Préfets
L’aval donné par son Excellence Monsieur le Président de la République aux conclusions des travaux du Conseil des Gouverneurs et de la Conférence Nationale des Elus Locaux est un inestimable crédit résultant de l’excellente qualité de vos contributions respectives à la bonne tenue de ces instances. Soyez-en félicités.
Aussi, je vous invite à vous investir avec une égale détermination dans l’application des recommandations et résolutions de ces instances. Dans le même ordre d’idées, l’impartialité dans l’exercice de la fonction d’autorité et dans la fourniture des services publics est un devoir et une obligation auxquels vous êtes astreints, tout comme le respect de toutes les lois et règlements en vigueur.
Les libertés, droits et devoirs garantis par la loi fondamentale, libertés individuelles et collectives, ne doivent souffrir d’aucune entrave. Votre souci est de veiller au maintien de l’ordre public et de la quiétude sociale qui, seuls permettent l’accès et l’usage durable aux libertés.
Ceci s’applique aux organisations sociales, socio-professionnelles, associations, aux partis politiques notamment, par rapport à :
- la liberté de circulation,
- la liberté de réunion, de meeting et manifestations,
- l’accès équitable aux médias d’Etat,
- la liberté d’opinion et d’expression.
Toutes choses fondamentales au maintien de l’état de droit.
Spécifiquement, le processus électoral requiert une très stricte observance des prescriptions légales et réglementaires. Ici, autant que dans les autres domaines l’impartialité des agents de l’Administration publique est requise ; elle doit être constante et rigoureuse.
En tout état de cause, la Loi fondamentale et les lois organiques doivent constituer le bréviaire de tout agent d’autorité. Enfin, je vous demande de prendre toutes les initiatives à même de qualifier les conditions objectives et subjectives de promotion de la démocratie et du renforcement de l’autorité de l’Etat.
Les indications de la présente circulaire inspirées des directives de son Excellence Monsieur le Président de la République ont valeur d’instructions et doivent être appliquées en tant que telles. Veuillez agréer Messieurs, l’expression de ma considération distinguée. Conakry, le 03 Janvier 2005 Kiridi Bangoura
Trois mois après la publication de cette note ministérielle, le chef de département de l'administration du territoire est entre le marteau et l'enclume avec le retour annoncé du président du RPG le Pr Alpha Condé, car cet évènement appel forcément des manifestations ( Accueil à l'aéroport-meetings à l'intérieur du pays ) dont Kiridi fait allusion dans sa lettre adressée à ses administrés.Qui de Naby Youssouf Kiridi BANGOURA ou de Alpha Condé aura raison ? Attendons le retour du leader du RPG pour trancher.
Aboubacar SAKHO
Depuis les Pays-Bas , une correspondance spéciale du directeur de la publication du site de '' L'observateur''
Copyright © le site de '' l'observateur''
|