mercredi 24 janvier 2007
Un entretien entre les syndicats et le chef de l’État est prévu et aura lieu, sauf surprise, sous peu.
Objectif : trouver une solution à la grave crise que traverse la Guinée. On est en droit de se demander à quoi sert encore de négocier avec un homme aux mains tâchées de sang. Il est clair que vu les réactions internationales et les menaces de poursuite pour crimes contre l’humanité, le régime de Lansana Conté cherche à se disculper. C’est ainsi que lui et son clan cherchent par tous les moyens à mettre la libération des leaders syndicaux à leur actif. On pouvait lire sur divers sites guinéens que cet acte de grâce allait sur le compte du chef de l’État ou de son épouse Mme Henriette Conté.
Le bouc-émissaire sera encore un des exécuteurs des rangs inférieurs. C’est dans cette logique que les noms d’obscurs personnages comme Jacques Touré ou Sékouba Bangoura sont malicieusement propagés. Un exemple de cette mise en scène machiavélique : recevant les leaders syndicaux après leur libération, Lansana Conté « demande » à ses subordonnés qu’est-ce qui s’est passé. Bizarre : pourquoi attendre l’arrivée des syndicalistes pour poser cette question ? Pourquoi ne pas éclaircir cela avant leur arrivée ? N’est-ce pas là une tentative de faire endosser par d’autres la responsabilité des massacres du 22 janvier ?
Les syndicats doivent donc savoir avec qui ils ont à faire : un dictateur qui a fait couler du sang des ses compatriotes et surtout qui cherche par tous les moyens à gagner du temps et qui a montré à plus d’une reprise que le respect de la parole donnée n’est pas son point fort. Les syndicats doivent savoir qu’ils ne peuvent plus prendre des décisions à contre-courant des aspirations du peuple guinéen.
Les évènements ont fait d’eux, comme en Pologne au temps du syndicat « Solidarité », des acteurs politiques au détriment ou à défaut des partis politiques. Ils doivent tenir un langage clair au président guinéen : lui faire comprendre que tous les Guinéens à part son clan le rejettent désormais et qu’il n’a qu’une alternative, laisser former le gouvernement d’union avec une personnalité consensuelle à sa tête et aller en exil.
L’exil semble désormais la seule solution pour le chef de l’État guinéen car qui peut garantir encore sa sécurité et celle de sa famille après tout le sang qui a coulé ?
Dans une Guinée démocratique, il est clair que les « Bérets Rouges » et autres « Rangers » qui ont assuré jusque là la défense du régime n’auront pas de place. Toutes les milices privées au service de la dictature seront dissoutes.
Espérons donc que nos syndicalistes dont le courage et la détermination forcent déjà l’admiration de toute la Nation garderont assez de sang-froid pour dire à Lansana Conté ce qu’il n’aimerait certainement pas entendre : quitter ce fauteuil présidentiel qu’il aime plus que tout au monde et qu’il dit tenir de Dieu.
Omar BAH, Vienne, Autriche
Contact : oumar_gongore@yahoo.fr
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